En Algérie en 1962, peu de temps avant l'indépendance, Ali et Nico et leurs copains vivent à hauteur d'enfant les dernières heures de la colonisation.
Ils sont jeunes, vont à l'école, font de petits boulots pour se faire un peu d'argent de poche et jouent ensemble, mais surtout vivent aux côtés d'adultes (leurs parents, voisins, instituteurs(trices) et autres fonctionnaires coloniaux, etc.) qui eux, lentement mais sûrement, commencent d'être sérieusement affectés à l'idée de devoir quitter le pays pour ce qui est des non-Algériens, comme au contraire d'être tout aussi sérieusement emballés à l'idée de le récupérer enfin pour ce qui est des Algériens.
Le doute et la haine s'installent insidieusement et les amis d'hier deviennent ennemis...
Les ravages de la guerre vus à hauteur des enfants font bien sûr encore bien plus mal à l'âme que vus à hauteur d'adulte et bien que le film baigne souvent (même si la guerre, les massacres et la torture n'en sont pas absents) dans une belle ambiance méditerranéenne douce et chaude, on ne peut que regretter que l'ambition et l'arrogance, mais aussi plus simplement l'économie et la politique, tout ce qui nous nuit en tant qu'êtres humains, aient une fois de plus en Algérie à ce moment-là, comme à d'autres endroits ailleurs avant comme depuis, détruit un îlot de cohabitation paisible et plutôt heureux.
Ne manquez surtout pas ce touchant film d'adulte sur les enfants qu'ils furent, les blessures qui jamais ne cicatrisent complètement, les regrets qui ne changent rien et surtout le doute qui dans ces cas-là s'installe en nous pour toujours: Medhi Charef est un grand cinéaste qui n'en est pas à son coup d'essai et dont ce film, curieusement(?) passé inaperçu, compte parmi ses oeuvres les plus riches et touchantes.