On ne présente plus Casino, oeuvre hautement culte de son auteur. Un pur chef d'oeuvre d'inventions devenu en quelques années mon film de chevet. Tous les cinéastes vous le diront, Casino c'est le film a voir si on ne veut pas mourir idiot, c'est le seul film capable de rivaliser avec le 1er Scarface paru en 1933 de Howard Hawk, c'est le seul film à pouvoir mettre une claque monstrueuse dans la gueule après l'avoir vu, même après une centaine de fois, la vision du film est toujours apocalyptique, souffrante et même mortelle.
Martin Scorsese en 1995 a réussi le pari de clore sa trilogie mafieuse commencait en 1973 avec "Mean Street" poursuivi en 1991 avec "Les affranchis" et enfin terminé avec ce monument du 7eme art. Porté par le couple vedette DeNiro/Pesci, le film présente en 3 heures toute l'essence de la gloire mafieuse et la chute, hallucinante, de l'empire. Aéré par une B.O fabuleuse, "Casino" est devenu en une poignée d'années une référence ultime pour les jeunes cinéastes en herbe (j'en prend moi-même exemple). Noir, déprimant, sans le moindre humour et aussi attachant qu'un sketch de Coluche (je ne parle pas d'humour) l'oeuvre eclectique de Scorsese est un film finalement touchant et qui ponctue l'envie de le revoir encore et encore.
L'excellent Joe Pesci qui gratte légèrement la vedette à un DeNiro ici un peu trop classe à mes yeux monte en adrénaline tel un lion excité de s'abbatre sur sa proie et fini par le regretter tôt ou tard. Sharon Stone qui rempli bien son contrat de p*** a peut être trouvé son meilleur rôle (enfin un de ses 3 meilleurs, l'autre est « Basic Instinct ») et Robert DeNiro, fidèle à lui-même s'amuse à jouer avec ses apparences et parfois à se parodier, c'est un géant.
Je ne trouverais aucun défaut à ce film dôté d'une précision totale des acteurs, d'une psychologie intense, d'un cadrage parfait, de couleurs chaudes et electrisantes...
Et une fois de plus, comme toute oeuvre épique qui se respecte, le final, monument de beauté et de violence ('House of the rising sun' des Animals) est un véritable pavé qui s'écrase laissant derrière lui toute la puissance d'une décénnie à la gloire d'un homme. De l'art, un joyaux faisant partit de la culture et surtout une leçon de cinéma qui montre une fois de plus que Marty Scoreses a les doigts en or.
COTE IMAGE : On est gâté, le film est présenté en 2 versions sur 2 disques. Je m'attarderais plus sur la version française qui interresse plus de monde. L'image est superbe, la pellicule a été hautement nettoyé effacant toutes les petites taches présentes sur la précédente version sortit en 1999. Regardez les détails sur les visages (Sharon Stone) et ces arrières plans sublimes.
COTE SON : Je reste en VF. Le 5.1 DD et l'apport d'une piste DTS vient grandement amplifié les moindres effets. Les dialogues sont bien cadrés sur le canal central (le doublage est excellent, bien que parfois la post synchronisation des doublures soit en décalée : Joe Pesci et Robert DeNiro dans le désert) et quand vient la musique (omniprésente) on est entouré par cette vague de fraicheur très bien répartie sur les surround et la stereo frontale. Quelques scènes prouvent l'efficacité de cette piste supplémentaire (l'envolée de fusillades, le final) et le caisson de basses se manifeste tout le long de la projection.
A NOTER : Le packaging digipack est superbe, du bon boulot au niveau design.