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Des soirées qui tombent sur la toile illuminées par les teintes jaunes d'un crépuscule de campagne, la place du marché à Greifswald, une jeune fille avec un chandelier, éclairée par une maigre lueur, blafarde, des paysages d'arbres morts survolés par des corbeaux, des navires à l'ancre, d'autres sur la Baltique... Les oeuvres à l'huile de Caspar David Friedrich (1774-1840) ont toujours une part d'irréel, qui porte, transporte le spectateur. Cette monographie, sublime, riche en reproductions, rédigée par Werner Hofmann, historien de l'art et coordonnée par Stéphanie Grégoire, éditrice, donne la pleine mesure de cet artiste allemand, aux allures de Chateaubriand, qui pourrait bien se confondre avec ce Voyageur contemplant une mer de nuages, avec cette même atmosphère d'incertitude et d'étrangeté. Une véritable tragédie du paysage, rehaussée d'une impression de désolation. Tel est le sentiment éprouvé devant la peinture de Freidrich, romantique parmi les romantiques, qui attire cette part commune à tous qui cherche à se noyer. Peintre de l'abîme, et peintre du rêve, des possibles... --Céline Darner
Présentation de l'éditeur
Depuis la grande rétrospective de la Tate Gallery à Londres en 1972, la réputation de Caspar David Friedrich (1774-1840) n'a cessé de grandir. Pour Werner Hofmann la contribution essentielle de Friedrich est l'invention du paysage-icône. C'est chez lui une des conséquences de la crise de la peinture religieuse et en même temps une solution profondément protestante. Werner Hofmann tache d'élucider aussi d'autres aspects moins frappants : l'intimisme des ses aquarelles et dessins qui respire souvent le bonheur d'être ; les rapports entre hommes et femmes ; la femme comme un être autonome dans la société. L'auteur situe surtout le peintre dans le contexte intellectuels et historique de son époque, les réflexions esthétiques les plus importantes de Friedrich sont analysées en détails et traduites en annexe.