C'est bien le photographe des années SLC (salut les copains) qui reprend ici cette formule explicitée en sous-titre : "Crève mon fils, je ne veux pas de pédé dans ma vie".
Loin des stars et des paillettes, loin du Marais et des gaytos où l'orientation sexuelle est secondaire, voire anecdotique, Jean-Marie Périer ouvre aux lecteurs le monde d'une France d'en bas. Un univers où les parents ne supportent pas que leur progéniture ne consacre pas son énergie vitale aux fonctions reproductrices. Rêver de Maxime quand on s'appelle Kévin, de Léa quand on s'appelle Sophie est un malheur pour des géniteurs à l'esprit sévèrement borné. Du haut de ses soixante-dix ans, aidé par une journaliste d'un âge plus proche de celui des victimes de cet ostracisme familial, Monsieur Périer dresse le portrait d'une dizaine de victimes de l'homophobie ordinaire. Ordinaire ? Quand on a partagé le vécu de ces jeunes adultes (entre 18 et 25 ans) expulsés de chez leurs parents avec quelques vêtements dans un sac poubelle, on reste effondré devant tant d'incompréhension et de bêtise. Assumant sans aucun complexe un rôle de "dame patronesse", Périer fixe son objectif sur la seule association française qui vient en aide à ces jeunes : Le Refuge. A Montpellier, cette structure gérée par des bénévoles expérimentés apporte aide et soutien psychologique, social, médical et tout simplement humain. Le Refuge écoute, nourrit, réconforte et héberge une douzaine de garçons et de filles dont le photographe nous fait un portrait profond et discret, sensible et contrasté. Un livre qui ne pourra laisser insensible aucun lecteur, parents, grands -parents ou futurs parents : une opération de SaLut publiC !!!
En plus du témoignage d'un homme au parcours familial singulier, le livre contient une série de contacts qui pourront être utiles à ceux qui estiment qu'il ne suffit pas de dénoncer. Comprendre ces jeunes, aider Le Refuge directement et indirectement sont des objectifs ici brillamment atteints par Jean-Marie Périer