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5 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Règlement de compte,
Par
Achat authentifié par Amazon(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Caught (Version Pocket) (DVD)
C' est le dernier film produit par Enterprise Studios, maison de production indépendante d' une durée de vie de trois ans (1946-1949), d' où sortie "Body and Soul" (1947) de Robert Rossen ou "Force Of Evil" (1948) d' Abraham Polonsky. Des bornes du "Film noir américain".Mais ici, on n'est pas dans le genre "Film noir", il s' agit ouvertement d' un mélodrame, il n' y a d' ailleurs aucune violence physique. Une jeune femme naïve qui rêve d' être mannequin, car elle le sera bien peu dans ce magasin de luxe où elle travaillera par la suite - jouée par Barbara Bel Geddes avant qu' elle ne se fasse refaire le nez -, pense aussi à un riche mariage. Elle ne sera pas mannequin, mais aura son riche mariage, ne sera pas heureuse, partira de sa magnifique demeure, deviendra secrétaire de deux dévoués docteurs, tombera amoureuse de l' un, voudra divorcer... tout cela est cousu de fil blanc. On se demande même ce que les dirigeants de Enterprise Studios ont trouvé d' intéressant dans cette histoire pour presse du c½ur. Barbara Bel Geddes, dont on peut railler le fait qu' elle soit une beauté passe-partout pour un mannequin - après tout cela fait cinq ans qu' elle essaie de l' être et n' y arrive pas, donc... -, est vraiment excellente surtout pendant l' affrontement avec Curt Bois alors que celui-ci ne veut pas arrêter de jouer du piano et la scène où Robert Ryan lui dit les conditions du divorce. James Mason crée un homme affable, compréhensif comme dans tout mélodrame qui se respecte, avec la voix suave qu' on lui connaît. Mais, c' est Robert Ryan qui "bouffe" tout, même la caméra a du mal à cadrer sa haute stature d' un mètre quatre-vingt-treize. Il veut tout posséder surtout ce qui lui résiste. Les mouvements d' appareil qui sont la marque de fabrique d' Ophuls, la photo de Lee Garmes, l' un des maîtres du noir et blanc, une certaine acuité portée sur les quartiers pauvres, ce n' est pas une spécialité de ce réalisateur peu porté sur le social, complètent la grande qualité d' interprétation. Un lieu commun sur ce film est de dire que le personnage interprété par Robert Ryan est inspiré de Howard Hughes... ce n' est pas exactement ce que révèle le fils de Max Ophuls dans la préface de l' autobiographie de son père : Souvenirs. En 1946, Ophuls commence le tournage de "Vendetta" coproduit par Hughes mais aussi par le génial producteur/scénariste/réalisateur Preston Sturges, d' où il se fait virer au bout de quatre jours par... Sturges (ami d' Ophuls !) sur ordre de Hughes. Sturges était aussi un nabab, l' homme le plus payé d' Hollywood à l' époque, avec une cour qu' il entretenait dans son célèbre restaurant "The Players". Il organisait chez lui des projections privées de ses propres ½uvres. Il y a une séquence fascinante dans le film à ce sujet. Marcel Ophuls va même jusqu' à dire que le rôle du serviteur-amuseur tenu par Curt Bois est une incarnation de son père. Les problèmes cardiaques du personnage de Robert Ryan ont-ils aussi une correspondance avec Preston Sturges ? Sturges avait-il déjà eu des alertes ? Il est mort d' une crise cardiaque le six août 1959 à l' Algonquin Hotel à New-York... BONUS : Le bonus le plus important de ce DVD est l' émission "Cinéaste de notre temps", consacrée à Max Ophuls bien sûr, d' une durée de cinquante et une minutes, "mise en scène" dans un cirque par Michel Mitrani. L' espiègle Simone Simon, la douce Danielle Darrieux, Daniel Gélin, Martine Carol un peu trop maquillée déjà, le facétieux Peter Ustinov, Vittorio De Sica, le directeur de photo Christian Matras, les assistants réalisateurs Alain Jessua et Jean Valère, le monteur Boris Lewin, Marcel Ophuls... nous parlent du réalisateur de "Lola Montès" (1955). John Houseman, producteur américain notamment de "Lettres d' une inconnue" (1948), est aussi dans cette émission. Les autres bonus sont la bande-annonce et une galerie photos. DVD en noir et blanc d' une durée de 89 mn de 1949. Format : 4/3. Langue audio française et anglaise. Sous-titres français. Bonne copie. N.B. Le générique du film ne mentionne pas Max Ophuls mais Max Opuls ?! Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile
3.0 étoiles sur 5
Bien mal acquis...,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Caught (DVD)
Intrigué par cette affiche alléchante (Max Ophuls, Robert Ryan, James Mason et Barbara Bel Geddes), j'ai fait l'acquisition de ce DVD en pensant avoir affaire à un film noir de la grande époque. Les commentaires sur le DVD laissaient penser à un film du genre. Malheureusement, CAUGHT ressemble plus à une histoire d'amour qui tourne mal qu'à un réel film noir. C'est plutôt un mélo enveloppé dans un bel écrin, Max Ophuls étant quand même derrière la caméra.Barbara Bel Geddes, une jeune fille qui a du mal à joindre les deux bouts, fait la rencontre d'un homme puissant et riche. Celui-ci la demande en mariage sur un de ses coups de folie habituels et celle-ci accepte réalisant ainsi son rêve de devenir riche. C'est par la suite que cela se gâte lorsque cet homme, joué par Robert Ryan, la délaisse et qu'elle se retrouve seule dans leur grande maison à s'ennuyer. Elle se rend compte alors que l'argent fait bien le bonheur mais à condition d'avoir d'autres choses à côté. Elle essaye de trouver un job, se retrouve embauchée par un pédiatre, joué par James Mason, qui finira par devenir son amant. Elle souhaite néanmoins rester auprès de son mari riche dont elle se révèle en plus être enceinte. La suite sera tragique. Un film aux ambiances parfaitement maitrisés et avec un casting de choix mais ne vous laissez pas tromper, c'est plus un mélo qu'un film noir. Pas de meurtre ici ni de coup tordu. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile
4.0 étoiles sur 5
MAX OPHULS / JAMES MASON : PREMIERE RENCONTRE,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Caught (DVD)
CAUGHT (« PRIS AU PIEGE » en VF) est l'avant dernière réalisation de Max Ophüls en exil aux Etats-Unis. Il réalisera la même année, 1949, A RECKLESS MOMENT, de nouveau avec James Mason.L'histoire est celle de Leonora Eames, jeune fille qui dans sa petite chambre, feuillette des magazines de mode, et rêve d'être mannequin. Elle prend des cours dans une école de maintien, trouve un travail dans un grand magasin, où un homme la repère et l'invite à une somptueuse fête sur le yacht d'un milliardaire. Elle s'y rend à contre coeur, et croise un homme frustre, qui lui propose plutôt de l'accompagner chez lui. Cet homme est Smith Olhrig, le milliardaire en question, que Léonora épousera rapidement, ravie de sa nouvelle condition sociale. Elle déchantera tout aussi rapidement... Disons le tout net, ce film n'est pas une réalisation majeure d'Ophüls, faute à un scénario et des ressorts dramatiques quelques peu manichéens. L'argent ne fait pas le bonheur, voire pire... Petites gens de coeur / riches pervertis. D'ailleurs, les amis d'Ophüls aux Etats-Unis se plaignaient souvent qu'on ne lui confît pas de projet à la mesure de son talent. Et pourtant, le film se suit avec un intérêt constant. Il rappelle des oeuvres comme REBECCA, ou NOTORIOUS de Hitchcock, avec ces personnages féminins prisonniers d'une demeure devenue source de cauchemars. Il rappelle aussi CITIZEN KANE, en mettant en scène un milliardaire qui se paye une femme, et contrôle tous ses faits et gestes, la couvre davantage de richesse que d'affection. Olhrig est joué par Robert Ryan, grand échalas dont la silhouette rugueuse rappelle celle d'Howard Hugues (Orson Welles s'attaquait, lui, à Hearst). Ophüls s'obstine à faire de Olhrig un être froid, désagréable, et tyrannique. Rappelons que le réalisateur avait été viré de la RKO, dont le propriétaire était Howard Hugues ! Mais les comparaisons s'arrêtent là, car Charles Foster Kane développait pour sa femme des projets de grandeur, dans l'opéra, pour atteindre une reconnaissance sociale. Smith Olhrig, lui, épouse par défi, par jeu, et contraint sa femme de rester à demeure. La scène dans la salle de projection est odieuse. Léonora est traitée comme une salariée. Olhrig déclare à ce propos : « dans mes entreprises, chacun reste à sa place, et personne ne se plaint, car je paie bien ». Léonora se supporte plus cette vie, et avec l'accord de son mari, part s'installer seule, dans une petite ville, où elle trouve une place de secrétaire médicale. Elle travaille avec le docteur Quinada (James Mason), et retrouve les joies d'une vie simple. Ophüls se plait à opposer ces deux mondes. Petite chambre, petit bureau, gens simples, dancing de banlieue, face à la démesure des résidences de Smith Olhrig, magnifiées par le grand angle et la profondeur de champs. Opposition entre imperméable miteux et vison rutilant. Quinada et Olhrig ne tarderont pas à se rencontrer, le second voyant évidemment le danger se profiler. Léonora est intelligente, et choisira une petite vie modeste et libre, plutôt que les fastes d'un industriel dérangé. Olhrig aura recours à un chantage particulièrement odieux et sadique pour garder l'avantage... Car Olhrig semble être malade. Il soigne une dépression, voit un psy, qui décèle en lui le besoin de diriger, contrôler son entourage. Il désapprouve la relation avec Léonora. Olhrig, par contraction perverse, s'empresse donc de l'épouser. Dans ses temps libres, Olhrig joue au flipper. Heureuse idée pour décrire la psyché de cet homme, qui se joue de son entourage, lance ses billes, les fait rebondir, jusqu'au tilt final ! Le ton du film pourrait tenir du Film Noir, du drame psychologique. Pourtant, Ophüls, ne fait pas preuve de la même flamboyance que dans ses réalisations françaises. Bridé par le budget, ses producteurs ? La caméra semble plus sage, point de fulgurance, à part quelques travellings latéraux qui traversent les murs (on ne se refait pas !) et de longs plans séquences, comme celui du début, dans la chambre de Léonora, avec sa colocataire, dotés d'une profondeur de champs admirable, qui accentue l'exiguïté (paradoxalement) des lieux. Mais les cadres sont toujours riches, striés, inquiétants. James Mason est évidemment superbe, je tiens cet homme-là comme un des plus grands comédiens qui soit, Robert Ryan fait aussi une très belle composition, méprisable à souhait. Par contre, on peut s'interroger sur le choix de Barbara Bel Gebbes dans le rôle de Léonora. Censée être mannequin, l'actrice n'a pas la grâce d'une Joan Fontaine (LETTRE A UNE INCONNUE). On la reverra dans FENETRE SUR COUR, et elle finira sa carrière en interprétant la maman de Jr Ewing dans la série DALLAS ! CAUGHT, sur l'échelle d'Ophüls, n'est donc pas une oeuvre de référence, mais reste un grand et beau film dramatique, rythmé, prenant. Léonora rappelle les grandes figures féminines d'Ophüls, femmes indépendantes, conduites par besoin d'être aimée, et qui savent aussi utiliser les hommes pour atteindre leur liberté. Pour finir, j'ai dégotté ces quelques vers écrits par James Mason, et dédiés à son metteur en scène (« crane » et « dolly » étant des grues de cinéma dont on se sert pour les travellings ascendants, "shot" est un plan de cinéma, et "tracks" étant du matériel) : A shot that does not call for tracks Is agony for poor old Max, Who, separated from his dolly, Is wrapped in deepest melancholy. Once, when they took away his crane, I thought he'd never smile again. Cet homme-là avait décidément tous les talents. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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