Détails sur le produit
Souhaitez-vous compléter ou améliorer les informations sur ce produit ? Ou faire modifier les images?
|
Mots-clés associés par les clients à ce produit(De quoi s'agit-il ?)Cliquez sur un mot-clé pour trouver les produits, discussions et clients qui y sont associés.
|
|
Partagez votre opinion avec les autres clients:
|
||||||||||||||||||||||
|
Commentaires client les plus utiles
13 internautes sur 13 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
philosophie de l'artisanat (cr Marc Foglia),
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Ce que sait la main : La culture de l'artisanat (Broché)
Notre civilisation se trouve confrontée aux problèmes engendrés par la séparation de la tête et de la main, des tâches de conception et des travaux d'exécution. « La tête et la main sont séparées intellectuellement, mais aussi socialement ». On a sur-valorisé la virtuosité de l'intelligence abstraite, ou bien de l'inspiration du génie artistique, à laquelle seul un tout petit nombre d'individus peut parvenir. Pourtant, la culture de l'atelier de Stradivarius n'a pas disparu : l'auteur en retrouve des traits caractéristiques chez les chefs d'orchestre, les grands cuisiniers ou les développeurs de Linux.Hannah Arendt fut le professeur de Richard Sennett, alors étudiant, qui se propose ici, cinquante ans après la parution de la Condition de l'homme moderne (1958), d'en faire la critique. L'homme n'accède pas à l'esprit une fois le travail fini, en discutant sur l'agora pendant que des esclaves s'affairent pour exécuter les tâches matérielles. C'est dans le jeu, tout d'abord, puis dans le travail, que l'homme se réalise lui-même. Sennett se rattache avant tout au courant du pragmatisme américain, parce que celui-ci a toujours cherché à confronter la pensée à la vie concrète. « On pourrait dire que le pragmatisme moderne prend pour argent comptant la conviction de Jefferson : le fondement de la citoyenneté est d'apprendre à bien travailler ». Sans le travail, qu'il soit scolaire ou professionnel, la démocratie serait incapable de former ses citoyens. L'auteur ne fait pas mystère de sa fascination pour l'atelier médiéval, une structure plus autoritaire que démocratique. Le savoir du maître, qui fonde son autorité, commence à être remis en question à la Renaissance. L'âge moderne s'oriente à la fois vers l'industrialisation des procédés et l'exaltation de l'originalité créatrice. L'auteur reprend et défend la thèse des Lumières, selon laquelle sommeille en tout homme un bon artisan. Le savoir implicite de l'artisan n'est pas réservé aux apprentis qui servent un maître, mais à tout homme qui fait usage de son intelligence pratique, et a le souci de l'excellence. Diderot n"hésite pas à montrer, par des dessins, un savoir implicite, difficilement explicable par le langage. Les planches de l'Encyclopédie montrent des visages sereins malgré la pénibilité de certains travaux. Pour les philosophes des Lumières, c'est le travail utile qui transforme la réalité et gouverne l'avenir, bien plus que les théories échafaudées par une raison libre, ou la politique. Alors que pour la génération d'Arendt et de Sartre, l'engagement consistait à abandonner l'atelier pour participer à la grève, Sennett pense que l'homme engagé, c'est d'abord l'homme cherche la perfection dans son travail. La génération d'Arendt avait pour tâche de comprendre la catastrophe de la civilisation en temps de guerre, et son cortège effrayant de dizaines de millions de morts. Nous avons pour tâche de comprendre la destruction de l'environnement, « catastrophe de la civilisation matérielle en temps de paix ». Rejetant la notion vague d'harmonie avec la nature, que le grand métaphysicien du 20ième siècle, Martin Heidegger, a illustrée en se retirant dans sa Hütte de la Forêt noire, l'auteur veut comprendre les nouvelles « techniques d'un art environnemental ». C'est dans le travail artisanal que se forgent le respect et la responsabilité. À l'heure de la multiplication des dangers technologiques, Sennett pense que la philosophie pragmatique offre une solution privilégiée. Sans nostalgie pour un monde qui n'est plus le nôtre, il pense « peu probable que le refuge dans les valeurs spirituelles nous aide beaucoup ». La sanction du réel, caractéristique de l'artisanat, nous protègera des idées fausses et des risques de totalitarisme technologique. Le salut écologique doit emprunter la voie du progrès, qui ne peut se passer des cheminements de l'homme artisan. Si nous pouvons devenir meilleurs, c'est à travers ce que nous faisons. Même si la société ne rémunère pas ce travail à sa juste valeur, chacun pourra y gagner de meilleures conditions de vie, et l'estime de soi. Notre conscience du concret sera démultipliée, notre pensée enrichie par le monde matériel qui nous entoure. Sans être forcément enthousiasmé par le projet de développement personnel, de messianisme pragmatique et de matérialisme éclairé que propose Sennett, on a le droit de prendre plaisir à découvrir ce projet d'étude bien mené, nourri par une vie entière d'artisanat intellectuel, qui semble se jouer des frontières entre disciplines, et de certains préjugés de l'âge moderne. L'ouvrage promet à ses lecteurs une riche boîte à outils pour aborder les problèmes de nos sociétés contemporaines. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile
4.0 étoiles sur 5
Faire c'est penser,
Par Jean-paul Lacharme (Marseille, France) - Voir tous mes commentaires (TESTEURS) (TOP 500 COMMENTATEURS) (VRAI NOM)
Achat authentifié par Amazon(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Ce que sait la main : La culture de l'artisanat (Broché)
J'ai eu un peu de peine à « entrer » dans cet ouvrage philosophique et son commentaire me pose problème. Il s'agit indéniablement d'un éloge brillant du travail artisanal opposé au travail industriel rationalisé par l'optique tayloriste. Il démonte la fausse opposition entre tâches de conception et tâches d'exécution. Il pose le problème du machinisme : danger ou progrès humain véritable ?C'est bien écrit et érudit. Peut-être trop érudit. Le style n'est pas particulièrement difficile et les exemples concrets sont nombreux. Le fil conducteur serait axé sur la maxime « faire c'est penser ». La réflexion de l'auteur va bien au-delà de la conception traditionnelle du travail artisanal proprement dit : il inclut aussi bien l'art du chirurgien que le développement informatique dans le cadre d'un logiciel libre comme linux. L'analyse fine du geste artisanal est bien posée. Je n'ai pas toujours très bien vu toutes les conclusions générales qu'il faut tirer de l'ensemble, mais à coup sûr, l'auteur alimente ici une réflexion féconde sur le sujet. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
Partagez votre opinion avec les autres clients: Créer votre propre commentaire
|
|
|
|
|