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Thelonious Monk Vocal Jazz Competiton First Place Winner 2010, 13 novembre 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Cecile (Téléchargement MP3)
Ben Rattlif - New York Times - October 5, 2010 "She zeroed in on notes, sang at crawling tempos more than once, made her voice into a creaking door, a fog (a bit of Sarah Vaughan there), then a laser. She stayed on pitch and grew unnervingly quiet in the end verses of the Bessie Smith, turning the song, about refusing a rough man's advances, into an extravagant story. She put the house band's players at ease, keeping close watch over solos rather than scatting through them. She seemed fresh, but also as if she had decided long ago that she was an artist."
Vendredi 29 Octobre 2010 12:00 Cecile McLorin Salvant © Alex Dutilh - Open Jazz Radio France
"Cécile McLorin Salvant : une perle est née... L'impatience récompensée ! Ce jeudi 28 octobre, Cécile McLorin Salvant effectuait son retour au pays après son triomphe lors de la Thelonious Monk Vocal Competition. Le 5 octobre dernier la franco-américaine, encore étudiante au Conservatoire d'Aix-en Provence, remportait le plus relevé des concours internationaux. Surprise dans l'Hexagone, où seul un cercle d'amis du jazz classique l'avaient déjà aperçue dans ce même Petit Journal Saint-Michel, à Paris. À ses côtés, un quintette "pur jus" : Jean-François Bonnel (as, ts), Jacques Schneck (p), Enzo Mucci (g), Pierre Maingourd (b) et Sylvain Glevarec (dms). Ils connaissent leurs références sur le bout des doigts (Teddy Wilson pour l'un, Benny Carter et Lester Young pour l'autre, Ray Brown pour le troisième...) et installent la jeune fille sur un nuage de swing au naturel.
Justement, côté naturel, la belle est désarmante. Le genre de technique vocale tellement éblouissante qu'elle annihile tout sentiment d'effort, donc de présence d'une technique. Précision des attaques, justesse, sautes de registre, chaleur du timbre, mise en place instinctive... On comprend que le jury ait craqué.
Surtout que la chanteuse s'investit totalement dans le texte. Les histoires d'amour de ses chansons, elle les fait siennes, sans la moindre affectation, mais en y plongeant corps et âme. Pour la diction, l'investissement dans les mots, on pense à Shirley Horn ; pour le timbre avec des graves emplis d'harmoniques, à la jeune Billie Holiday ; pour la puissance, lorsqu'elle lâche la voix de poitrine, à Bessie Smith. Mais pour pareille évidence du swing, gageons que très bientôt, elle ne fera penser qu'à Cécile McLorin Salvant. En prime, dans sa manière de se jouer des pièges de Detour Ahead ou du pont de When The Lights Are Low, la jeune fille déploie une musicalité à renvoyer beaucoup de vieux briscards à leurs doctes études. Choix du répertoire d'un goût parfait : Anything Goes ; I Cover The Waterfront ; Laugh, Clown, Laugh - une rareté ellingtonienne reprise par Abbey Lincoln -; I Got It Bad ; If It Isn't Love ; He's Funny That Way ; Easy To Love... On sent là un amour du jazz, rien que du jazz, qui tranche dans le paysage "popisant" et "folkisant" des vocalistes actuels estampillés "marketing correct". Au printemps, elle enregistrera pour Concord/Universal, ça fait partie du panier garni de la Thelonious Monk Competition. À ce moment-là, les feux des projecteurs seront sur elle. D'ici-là ne la ratez-pas si elle passe à portée de club ou de festival, une perle est née..."
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