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Avec ce premier album, Mylène Farmer nous invite plus avant dans son univers coquin et inquiétant. Elle a fait une entrée remarquée en chanson avec "Maman a tort", un titre qui se voit vite censuré parce que la demoiselle y avoue aimer certains plaisirs impolis... Le public, lui, a choisi de relever la provocation et en a fait un tube. Dans "Cendres de lune", Mylène Farmer raconte, entre Dieu et Diable, ses blessures, ses peurs, ses fantasmes. Cette ingénue tourmentée et mature y oscille entre les titres dansants et mélancoliques, entre l'érotique (le tube "Libertine" magnifiquement mis en images par le long clip de Laurent Boutonnat) et le bizarre ("Plus grandir"), voire le morbide. "Chloé" est une comptine pervertie, "Greta" un très bel hommage à la divine Garbo, "We'll Never Die" touche à la soul, "Vieux bouc" frôle le satanique. L'album nous offre, par ailleurs, une nouvelle version de "Maman a tort" et un remix spécial club de "Libertine". Les arrangements sont soignés et inventifs. Le tout est volontiers ensorcelant.
--Sylvie Devilette
Critique
Après trois singles au succès relatif depuis 1984, Mylène Farmer sort son 1er album en avril 1986. D’abord sorti avec 9 titres, une nouvelle édition parait en 1987 avec le hit
« Tristana » et 2 remixes, tous produits, arrangés et réalisés par Laurent Boutonnat qui a en écrit et composé la plupart.
L’enjeu est de taille pour Mylène Farmer qui doit transformer l’essai des précédents 45 tours si elle veut poursuivre sa carrière. C’est chose faite avec le titre
« Libertine » qui ouvre le disque, probablement la chanson la plus importante de la chanteuse car c’est grâce à ce morceau qu’elle accède non seulement à la notoriété, mais qu’elle peut imposer son univers particulier, le clip tourné à cet effet en est la preuve : tourné au château de Ferrières, long de 11 mn, il s’inspire de Stanley Kubrick (
Barry Lyndon) et Ridley Scott (
Les Duellistes). Avec un scénario soutenu par la musique et non l’inverse, il reste un beau film et un joli coup médiatique puisque sa projection dans un cinéma des Champs Elysées, suscitera l’intérêt de toute la presse pour la jeune chanteuse, devenue rousse.
La suite de l’opus est de qualité : hommage à Greta Garbo, Shakespeare (
« Chloé »), Sartre (
« Vieux Bouc ») ou encore Luis Buñuel (
« Tristana »), il est aussi une vitrine « farmérienne » puisque tous les thèmes de prédilection de l’artiste sont présents : l’amour, la mort, le sexe, l’enfance, la vieillesse, le cinéma, le religion apparaissent pêle-mêle au travers des différents titres.
Musicalement, l’album n’est pas révolutionnaire, mais est de bonne facture, dans la mouvance électro-pop des années 80. Les synthétiseurs dominent, avec parfois quelques cordes, cuivres et instruments à vent pour souligner les phrases musicales. Avec des mélodies entêtantes, Laurent Boutonnat est efficace, mais pas forcément très innovateur.Indéniablement, une artiste et son Pygmalion sont nés.
Emeline Blanquart - Copyright 2012 Music Story