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Postulat de base, pourrait-on croire, et droit imprescriptible figurant dans notre Déclaration universelle des droits de l'homme et du citoyen depuis la Révolution française, la liberté de pensée, de parole et d'opinion reste et doit rester un droit fondamental et sacré. Emmanuelle Duverger, juriste, et Robert Mesnard, fondateur de Reporters sans frontières, ont associé leur plume et leur pensée dans cet essai pour montrer que, de façon insidieuse, c'est de la démocratie même que vient maintenant la privation des libertés. "Il n'est pas acceptable dans une démocratie de criminaliser certaines opinions quelles qu'elles soient" soulignent les auteurs. En France, les propos d'un général Aussaresses sur la guerre d'Algérie, l'antisémitisme affiché d'un Renaud Camus dans
La Campagne de France ou les propos sur l'Islam tenus par un certain Michel Houellebecq ont été passibles de poursuites pénales. Des mots mais pas des faits, martèlent cette fois-ci les auteurs qui observent que la libre expression et le débat sont en recul dans notre démocratie. Selon eux, la démocratie protectionniste dans laquelle nous évoluons marche trop bien, tant elle est prompte à "criminaliser, stigmatiser, interdire" tous discours supposés déviants.
Le débat critique sur "les nouveaux réactionnaires" (mais l'expression est-elle si heureuse que cela ?) se poursuit (à lire : Le Rappel à l'ordre de Lindenberg). Les auteurs de la La Censure des bien-pensants y entrent volontiers de plain-pied car, pour eux, chérir ardemment la liberté d'expression, c'est pouvoir renchérir en son nom et affirmer que la liberté, la vraie, c'est le droit de tout dire. "Toutes les opinions, fussent-elles monstrueuses, doivent pouvoir se faire entendre." --Denis Gombert
Quatrième de couverture
Au nom de la morale, des droits de l'homme ou des bons sentiments, les bien-pensants ont inscrit dans la loi l'interdiction des propos racistes, antisémites ou négationnistes. Invoquant le respect de la vie privée, la défense des bonnes moeurs ou la protection des secrets d'État, ils ne tolèrent pas davantage que certaines informations soient dévoilées. Au point qu'il devient légitime de s'interroger : est-il encore permis, en France, de penser et de débattre librement ?
Criminaliser certaines opinions, fussent-elles abjectes ou aberrantes, n'est pas acceptable dans une démocratie. Tout doit pouvoir être discuté. Les Français sont adultes. Il faut en finir avec cette caporalisation de la pensée, cette « exception française », l'autre nom de la censure, dans le domaine de la liberté d'expression pour qu'en France nous n'ayons plus seulement le droit de nous taire.