Pour son concerto pour piano Century Rolls (1996), John Adams nous dit être parti du pianola et de ses rouleaux, et avoir voulu rendre hommage à des pianistes de jazz comme Fats Waller. A l''arrivée, on pense surtout au Ravel du Concerto en sol. Et si la musique est bien fabriquée, et parfaitement exécutée par Emanuel Ax, le Cleveland Orchestra et Christoph von Dohnanyi (quel luxe), la comparaison ne risque guère de tourner à l''avantage du compositeur américain. Cette musique qui devrait swinguer semble surtout s''appliquer sagement à swinguer, ce qui n''est pas pareil. En somme, pas mal, sinon excellent.
Lollapalooza (1995) écrit pour célébrer un anniversaire du chef Simon Rattle, ici dirigé par Kent Nagano, était déjà connu de moi par une exécution plus explosive dirigée par Michael Tilson-Thomas (
New World Symphony). L''œuvre est courte, bruyante, mal élevée et réjouissante.
Slonimsky''s Earbox (1996) rend hommage à un musicologue, Nicholas Slonimsky. Evoquant un personnage à la curiosité toujours en éveil, la pièce est mobile et colorée, sorte de scherzo symphonique. Elle dure un peu plus de treize minutes, et intrigue, sans plus.
En gros, je n'ai pas de problème avec la musique que John Adams écrit. Mais j'en ai un avec ceux qui, pour des raisons purement idéologiques, surestiment systématiquement sa production et essaient de nous faire croire que toute musique qui ne serait pas aussi vite assimilable par l'auditeur est ennuyeuse, intellectualiste, datée et coupée du public.
Jolie présentation, notice en anglais.