Carpe diem (quam minimum credula postero) est une locution latine extraite d'un poème de Horace qui est habituellement traduite par "Cueille le jour présent, en te fiant le moins possible au lendemain".
C'est le moto du professeur de lettres qui prend en charge l'éveil intellectuel de ses étudiants de la prestigieuse académie américaine de Welton, réputée dit-on pour être l'une des plus fermées et austères des États-Unis.
Ce professeur va révolutionner son monde. Celui des professeurs, celui des étudiants. Son mode de pensée est fondé sur l'éveil. Le théâtre, l'expression de soi, ou comment se sortir de ses limites de l'adolescence. Très grand idéal. Le drame est pourtant inscrit dans ce film brillant. En effet, diriger des étudiants, les libérer, dans un contexte d'étude rigide, c'est prendre l'éminent risque de les manipuler. Le professeur de lettres, très bien interprété par Robin Williams, en prend conscience après.
Quel bonheur personnel ! Par rapport au tunnel qu'il est obligatoire - fortement recommandé - de prendre en prépa HEC pour réussir les brillants concours, un tel discours avait toutes les chances de marquer les points hauts. Les limites de la manipulation mentale sont connues dans une classe prépa. Mais celles d'une libération, sous contrainte, ne sont-elles pas plus destructrices ? Le risque est grand. Ce film défend une thèse honnête. J'ai apprécié sa rigueur, parfois, pour les raisons du spectacle, sublimée dans l'émotion.
"Carpe Diem"; qui ne signifie pas "Profite du temps présent". Le site wikipedia donne une version érudite de cette citation.
"C'est un hédonisme d'ascèse, une recherche de plaisir ordonnée, raisonnée, qui doit éviter tout déplaisir et toute suprématie du plaisir."
Les étudiants, dans ce film, étaient-ils tous aptes à le comprendre ? La question est non seulement posée, mais traitée.