Groupe emblématique du disco américain, l'aura de Chic a survécu bien après la déliquescence du genre précité. On doit cette notoriété indestructible à une série d'énormes succès et au travail de production musicale réalisé à l'extérieur par le noyau du groupe, le bassiste Bernard Edwards et surtout le guitariste Nile Rodgers (Mick Jagger, David Bowie, Madonna, Duran Duran). Deuxième album du groupe,
C'est Chic atteint une furieuse perfection en ne contenant aucun titre mitigé mais huit classiques du disco virant sur le funk ou vice-versa. Le plus gros succès du groupe, "Le Freak" (dont Sugarhill Gang se servit pour son titre culte "Rapper's Delight" et que Queen plagia dans "Another One Bites The Dust") figure ici entouré par "I WantYour Love" (autre référence superbement reprise par Paul Rutherford en 89), l'instrumental "Savoir Faire" ou encore "Chic Cheer". Probablement le plus réussi des 9 albums du groupe new-yorkais.
--Yann Cherruault
Le premier des deux vrais classiques absolus de Chic, l'autre étant bien sûr
Risqué. A l'époque, même ceux qui étaient a priori peu sensibles à ce genre de musique (mais de quel genre s'agit-il, au juste ?) ne purent que s'emballer, Rodgers et Edwards resplendissant d'intelligence et d'inventivité sur ce disque terriblement dansant où on ne trouve que peu de morceaux, mais que du bon.
« Chic Cheer », apparemment inspiré par le célèbre
« Fish Cheer » de Country Joe McDonald, précède le tonitruant
« Le Freak », chouchou absolu des radios et des dancefloors dès la seconde de sa sortie, avec ses paroles nonsensiques à souhait. Le bien nommé «
Savoir-Faire » (face B du 45-tours d’époque) montre qu'il n'y a pas qu'un bassiste doué dans ce groupe, il y a aussi un guitariste nommé Nile Rodgers qui fait des merveilles en solo quand il s'y autorise, la concision et l'économie étant d'ordinaire ses règles de conduite. Sur
« Happy Man », nouveau récital Bernard Edwards, on remarque la voix chaude de Luther Vandross en invité de luxe, les délicieuses Alfa Anderson, Diva Gray et Luci Martin se lâchant à leur tour sur
« I Want Your Love », qui fera au début des années 90 le bonheur de Paul Rutherford (de Frankie Goes To Hollywood) en solo : ici, tout le monde est touché par la grâce, que ce soit Nile Rodgers avec ses rythmiques chatouilleuses et toutes ses idées de production (avec les cloches tubulaires de Jose Rossy et des cuivres) et cette basse!
On pourrait n'entendre qu'elle sur tout le disque et y prendre un plaisir indescriptible. Ensuite, une ballade d'une moiteur et d'une sensualité affolantes permet de ressortir les violons de
« Le Freak », c'est
« At Last I Am Free », qui sera repris quelques années plus tard par l'improbable Robert Wyatt en personne. Et puisqu'il est dit que tout le monde aura droit à son morceau de bravoure, c'est Tony Thompson qui porte sur ses seules épaules l'irrésistible
« Sometimes You Win » avec son jeu de batterie digne d'une boîte à rythme humaine. Après cela, le quasi-instrumental
« (Funny) Bone » termine la marche dans les rires et la bonne humeur (du moins en apparence), avec ce message qui ne se discute pas : « Le monde entier est un cirque, n'en soyez pas le clown ! »
Surtout si c'est un cirque à la Tod Browning, tel que montré dans son film-chef-d'oeuvre, nommé...
Freaks.
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