Venu à Rome en pleine saison chaude, soi-disant pour enquêter sur un vol possible d’esquisses de Michel Ange dans la bibliothèque du Vatican, Henri Valhubert est empoisonné à la Ciguë (tout comme Socrate), alors qu’il tentait de retrouver son fils Claude étudiant là-bas avec deux de ses camarades de toujours, Thibaud Lescale et David Larmier, au milieu d’une grande fête « décadente » organisé en face du palais Farnèse.
Le frère du mort, ministre d’Etat français, plus embêté des éventuelles retombées du scandale quant à sa carrière politique, que vraiment peiné du décès familial, fait appelle à un enquêteur indépendant Richard Valence, à qui il demande de remettre les conclusions de son travail qui doivent rester « officieuses ».
Refusant tout d’abord l’affaire, ce dernier termine par accepter de se rendre la capitale italienne et de faire face à Laura Valhubert, la veuve de l’homme d’affaire décédé, avec qui il a eu une liaison amoureuse par le passé, et dont le charisme suscite chez tous les acteurs de cette histoire, y compris les forces de police romaines, représentées par l’inspecteur Ruggieri, la passion.
Voilà quelques temps que j’entendais parler de Fred Vargas, bien souvent associée à d’autres auteurs policiers féminins qui comme elle rencontre de nos jours un franc succès (Brigitte Aubert (« La mort des bois », « Terreur sur Jacksonville »), Andrea H.Japp (« La femelle de l’espèce ») ou bien encore Maud Tabachnick (la seule dont je n’ai encore lu aucun ouvrage (ça va venir ;) ))), et je peux désormais dire que les louanges entendues sont amplement méritées.
Beaucoup plus « classique » dans son approche (il n’est pas question ici de tueurs en série, ou autres fléaux inspiré de l’« actualité américaine », ou bien encore d’« aspirants enquêteurs » tout frais sortis de l’université de Quantico en rapport avec le FBI, mais de meurtres (il s’en est fallut d’un cheveu qu’il n’y en est qu’un), tout « simples »), Vargas, archéologue de profession (spécialiste du Moyen-âge) met en scène dans « Ceux qui vont mourir te saluent », un récit dont les personnages s’avèrent très « inspirés » (le trio Claude, Néron, Tibère, l’évêque Vitteli, très « Richelieu » ), au sein d’une Rome, qui si elle n’est pas celle des empereurs, recèle tout autant de complots et de secrets susceptibles de servir de mobile à des crimes (principe fondamental laissé de coté finalement depuis quelques décennies et l’émergence du « thriller », au profit du développement de personnages à la mesure par exemple d’Hannibal Lecter, de nouveau sur nos écran avec ce remake de « Dragon rouge » (rappelons qu’il existait déjà un film inspiré du roman éponyme de Thomas Harris (« Le sixième sens » de Michaël Mann)).
N’allez pas croire pour autant qu’il s’agisse là d’un roman à la « Agatha Christie », « parfaitement rodé », au style poussif et vieillot.
Le livre réserve son lot de surprises et les situations rapportées sont assurément contemporaines et pleine de demi-mesures.
On pourra regretter que cela termine trop vite (juste 185 pages…), et que cela manque un peu de développements, à moins que justement là façon de faire ravisse par son originalité : tout comme Valence, on est « floué », car Vargas privilégie un style concis, cultivant le « non-dit », évitant le genre d’écueil sur lequel s’échoue désormais d’autres de façon systématique : la scène d’autopsie à la Cornwell (« Postmortem ») par exemple, les « circonvolutions cérébrales » d’une Gloria Parker-Simmons. ( héroïne« La parabole du tueur »)
Une sorte de retour au source.
Une agréable découverte.