Il ne s'agit pas d'une séance d'opéra filmée, mais bien d'un film tourné en studio en 1981: à aucun moment on ne voit donc l'orchestre ni le chef.
D'un onirisme un peu naïf, mais très bien assumé, la mise en scène emporte finalement l'adhésion: chaque porte s'ouvre sur un monde certes un peu kitsch, mais qui fascine tout de même et angoisse vraiment.
Seules réserves: le prologue est omis et, tandis que Sylvia Sass est une Judith vivante et brûlante, Kolos Kovats est un Barbe-Bleue vocalement très beau mais un peu trop impassible et hiératique.
La direction d'orchestre assurée par Solti, précise et poétique, rend pleinement justice au génie de Bartok et à la grandeur de cet opéra, qui est sans aucun doute l'un des plus beaux de tout le répertoire.