Avec peu de moyens Ivory a provoqué il y a près de 25 ans un tonnerre d'applaudissements, d'abord aux US puis partout en Europe. L'auteur du roman E. Forster n'est évidemment pas étranger à ce succès, mais Ivory nous fait vivre cette merveilleuses histoire en la découvrant chapitres par chapitres et nous fait même tourner les pages de ce livre sur fond d'une musique italienne (Puccini, avec la voix merveilleuse de Maria Callas).
La première partie de ce roman se situe à Florence et dans sa campagne environnante. La ville, les italiens, la toscane, la fraternité de certains et les commérages des autres tout cela nous plante le décor lumineux, violent, provocant, rigide et pourtant naturel où vont évoluer les deux jeunes héros qui s'attirent et que la société stricte de l'époque (fin XIXème) va séparer. Une héroïne Lucy (Helena Bonham Carter) inconsciente de ses désirs et un héro (Julian Sands) obéissant vivement à ses pulsions vont laisser percevoir leur complicité aux seuls gens simples et seront séparés par une duègne au coeur jaloux...
Une seconde partie va nous faire retrouver les personnages dans la campagne anglaise proche de Londres. Tout un monde régit par des règles de bonne société auxquelles cependant toute cette famille Honeychurch n'adhère pas vraiment. Le hasard, le destin ou tout simplement leurs liens avec l'Italie (comme dit le brave pasteur Monsieur Beebe) va recréer les liens défaits...Lucy entre temps s'était "engagée" avec Monsieur Vyse (Daniel D.Lewis) un personnage dont on n'imagine pas aujourd'hui qu'il puisse être le moins du monde attirant (remarquablement interprété). Un engagement qui progressivement pèsera à Lucy, au fur et à mesure la découverte de la vanité du "fiancé", mais aussi, à cause de la confrontation avec son premier "émoi"...
Ce que Forster montre ici c'est le côté frustrant et faussement correct d'une société où les règles de bonnes conduites mettent à l'écart les personnes sincères, loyales et généreuses. Les Emerson père et fils sont des hommes cultivés appartenant à une société dont ils refusent les barrières. Forster parle toujours de la conscience, de l'esprit, du coeur, il énonce un "credo" de libre penseur, de progressiste, d'anticonformiste...
Ce que dit Forster aussi c'est qu'il est parfois difficile de trouver son credo et Lucy y sera contrainte malgré elle par l'analyse intelligente de Monsieur Emerson qui lui parlera ouvertement et sans ménagements.
Le scénario ne suit pas exactement, le livre mais l'esprit y est tout à fait sauvegardé (par exemple Forster présente le pasteur Beebe plus aigri ...) Anticléricalisme ? probablement, à voir comment est dépeint le pasteur anglais qui suit les touristes à Florence...
Un second DVD offre des Bonus concernant la filmographie de IVORY, Une interview de D.D.Lewis, Une interview de Forster et de son entourage en 1970.
merveilleux film,
un peu dommage que MK2 qui soigne la présentation du dvd et offre des suppléments parfaits ne nous donne pas de sous-titres anglais (peut-être à l'époque de la sortie du film ne pensait-on pas aux mal entendants)....