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5.0 étoiles sur 5
MELODRAME REALISTE D'UNE JUSTESSE INCROYABLE, 8 février 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Champ [Import USA Zone 1] (DVD)
King Vidor est sans doute plus célèbre pour ses dernières réalisations, comme DUEL AU SOLEIL (Gregory Peck), LE REBELLE (Gary Cooper), L'HOMME QUI N'A PAS D'ETOILE (Kirk Douglas), mais il a du réaliser une bonne cinquantaine de films avant guerre, dont ce fleuron du mélodrame réaliste, THE CHAMP (1931).
L'histoire est édifiante : Champ, un ex champion de boxe, alcoolique, élève seul son fils Dink, et après avoir gagné aux dés, lui achète un cheval. Grisé, Champ persiste à jouer, perd tout ce qu'il a, et doit mettre le cheval au clou. Le seul moyen de s'en sortir, et de confier le gamin à sa mère, remariée à un homme riche...
Tous les éléments du mélodrame sont réunis, l'amour du père pour son fils, le dévouement, l'abnégation, le désir de briller, de se surpasser pour l'être aimé. Gnan Gnan ? Pas du tout, au contraire, totalement poignant, car King Vidor signe une mise en scène loin des effets larmoyants, mais empreint de réalisme social. Les pérégrinations des deux héros dans les bars, les salle de jeux, leur vie commune dans leur petite piaule sont exemplaires. Pas un plan de trop, un cadre large pour que les acteurs vivent dans le décor. Voir le gamin aider son père cuité à se mettre au lit, sans cesse le soutenir à bout de bras. C'est le gamin qui tient la maisonnée ! Lorsqu'on découvre que la mère de Dink est vivante, et souhaite lui donner un foyer plus digne, le gamin devra choisir entre deux styles de vie. Pas de caricature ici, même si le beau-père monnaye d'abord l'enfant, il s'apercevra vite que rien ne peut l'empêcher de se faire la belle pour retrouver son père. La scène au cercle de jeu où l'enfant exténué s'endort sur une table, comprenant que son père ne daignera rentrer se coucher qu'une fois à sec, est magnifique, comme celle de la première visite à la mère. Les seconds rôles sont bien présents, il y a une grande solidarité entre les personnages, Champ est un peu le héros local dont le dévouement pour son fils est connu.
Si le film tient si bien le coup, c'est grâce à Wallace Beery, acteur prodigieux, bourru et plein d'humanité. Et aussi grâce à Jacky Cooper. Si le jeune acteur n'est pas toujours à son aise lorsque les dialogues sont longs (le ton est parfois forcé), il est incroyablement juste dans les scènes dramatiques. La séquence de la prison, où Champ, endetté, finit par croupir, est hallucinante de vérité, de violence, d'une grande force émotionnelle. Et ça ne tient que par le jeu des acteurs. L'ultime match de boxe (l'image est sans doute un peu trop accélérée !) nous montre un Wallace Beery qui cogne comme un fou, avec des inserts en contre-plongée d'une grande modernité. Je ne raconterai pas la fin, mais King Vidor fait culminer son mélo dans un déluge de cris et de larmes, qui n'épargne pas le spectateur. Un film d'une grande simplicité psychologique, mais d'une dimension tragique qui rappelle LE VOLEUR DE BICYCLETTE, et bien sûr THE KID.
NB : pas d'édition française en DVD ? Dommage...
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