Deux professeurs d'université -- un Américain brillant mais plutôt chaud lapin et un Anglais sans envergure et fidèle jusque là à sa femme -- s'échangent leur poste respectif. Par un concours de circonstances, les deux professeurs vont se retrouver locataires chez la femme de l'autre. Comme l'un est volage, et l'autre court après une jeunesse perdue, on peut deviner ce qui va se passer.
« Changement de décor » met en scène les deux thèmes chers à Lodge : la vie des professeurs d'université et les relations extraconjugales, mais sans l'originalité habituelle et avec l'utilisation de nombreux raccourcis. Ceux-ci allègent certes le récit, mais le rendent en même temps peu vraisemblable tout en témoignant d'une certains suffisance de la part de l'auteur.
La structure en miroirs utilisée dans ce roman est peut-être trop rigoureusement tenue par un Lodge qui s'illustre habituellement par sa capacité à surprendre le lecteur en le menant hors des schémas classiques de l'écriture.
David Lodge a su parsemer son récit de quelques pistes de réflexion intéressantes, et arrive comme à chaque fois à nous interroger sur notre propre situation. Par contre, ce roman n'atteint jamais les sommets des trois autres romans que j'ai déjà lus de lui (« Nouvelles du Paradis », « Thérapie » et « Pensées secrètes »), qui m'avaient tout à la fois diverti, ému et nourri intellectuellement.
Ce sentiment d'incomplétude est encore accentué par la situation des deux couples : une fois l'adultère consommé, aucun avenir serein ne s'ouvre à eux. Ce n'était pas le cas dans les autres romans de Lodge.