Chantal Goya


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Biographie

La future Marie-Rose, bonne fée rose bonbon et amie des petits, est née paradoxalement sous un patronyme belliqueux : c'est le 10 juin 1942 que Chantal de Guerre voit le jour à Shole, près de Saïgon, en Indochine française, au sein d'une famille installée en Asie depuis les années 1920. La future chanteuse connaît une petite enfance heureuse, au sein d'une nature magnifique. Mais la vie de sa famille est perturbée, tout d'abord par l'invasion japonaise durant la Seconde Guerre mondiale, puis par le début de la guerre d'Indochine. En 1946, la famille de Chantal est évacuée comme d'autres ... Lire la suite

La future Marie-Rose, bonne fée rose bonbon et amie des petits, est née paradoxalement sous un patronyme belliqueux : c'est le 10 juin 1942 que Chantal de Guerre voit le jour à Shole, près de Saïgon, en Indochine française, au sein d'une famille installée en Asie depuis les années 1920. La future chanteuse connaît une petite enfance heureuse, au sein d'une nature magnifique. Mais la vie de sa famille est perturbée, tout d'abord par l'invasion japonaise durant la Seconde Guerre mondiale, puis par le début de la guerre d'Indochine. En 1946, la famille de Chantal est évacuée comme d'autres colons français, et traverse les mers d'Asie en bateau avant de débarquer à Marseille : c'est ce qui amènera plus tard la chanteuse à considérer 1946 comme sa « seconde naissance » et causera quelque confusion sur son âge véritable. La famille s'installe à Paris, où Chantal grandit. A douze ans, sa mère étant tombée malade, elle doit s'occuper de son frère et de ses trois sœurs : la future Chantal Goya prend déjà goût à amuser les enfants. En 1962, elle est jeune fille au pair en Angleterre, chez le duc et la duchesse de Bedford, et assiste à des réceptions fastueuses, où sont notamment reçues des vedettes comme les Beatles. Projetant de devenir journaliste, Chantal est finalement détournée de sa vocation initiale par la rencontre de son futur mari-manager-Pygmalion : Jean-Jacques Debout.

Debout, Chantal !

Jean-Jacques Debout, compositeur pour Johnny Hallyday et Sylvie Vartan, mais également chanteur lui-même (il a remporté un joli succès avec le titre « Les Boutons dorés »), fait partie des étoiles montantes de la scène française. Rencontrant Chantal Goya à une fête chez Eddie Barclay, il la demande aussitôt en mariage et lui prédit un avenir dans la chanson. Ne prenant pas très au sérieux ce garçon un peu fantasque et n'imaginant pas devenir chanteuse, Chantal lui laisse quand même son numéro de téléphone. Elle passe à nouveau quelques mois en Angleterre, avant de tomber à nouveau sur Jean-Jacques Debout, qui a composé en pensant à elle la chanson « Nos doigts se sont croisés » : le titre vaut à Debout de remporter le premier prix au festival de la Rose d'or à Antibes.

Une idylle naît entre les deux jeunes gens ; grâce aux relations de Jean-Jacques dans le show-biz, Chantal entre en contact avec l'éditeur de presse Daniel Filipacchi, qui fait d'elle une sorte d' « égérie » de son nouveau magazine, Mademoiselle Âge Tendre. Chantal, qui désire toujours devenir journaliste, intègre bien la rédaction, mais essentiellement en qualité de mannequin, apparaissant régulièrement en photo, voire en couverture. Lui trouvant un air de famille avec un petite fille représentée sur un tableau de Goya, Jean-Jacques baptise sa fiancée du nom de scène de Chantal Goya. Lancée comme un visage sur papier glacé, Chantal Goya ne tarde pas à s'animer, sous la férule de Jean-Jacques Debout et du guitariste américain Mickey Baker : en décembre 1964, sort son premier disque, « C'est bien Bernard ». Chantal Goya devient l'une de ces multiples chanteurs et chanteuses yé-yé qui font alors trois petits tours sous les feux de la rampe : sans bouleverser les chiffres de vente, ses disques marchent bien et s'exportent même au Japon, où la jolie brunette fait figure d'archétype de la petite française.

Un passage télévisé lui vaut même l'attention du cinéaste Jean-Luc Godard, alors l'une des gloires de la Nouvelle Vague : Chantal Goya se voit engagée pour tenir l'un des rôles principaux du film Masculin Féminin, où elle donne la réplique à Jean-Pierre Léaud et Marlène Jobert. Si le film, navet sinistre, n'est guère destiné à surmonter l'outrage des ans, Chantal Goya se tire bien de son emploi. Elle interprète en outre les chansons du film et connaît un surcroît de publicité grâce aux soucis du film avec la censure. S'intéressant désormais davantage au métier de comédienne qu'à sa carrière de chanteuse, elle tente les castings, mais ne décroche pas de rôles majeurs. Chantal Goya met alors ses ambitions artistiques sous le boisseau pour se consacrer à ses deux enfants, nés respectivement en 1966 et 1968.

Come-back féérique

La vie de famille des époux Debout est perturbée en 1970 par les déboires de Jean-Jacques : piètre homme d'affaires, le chanteur-compositeur a perdu des sommes faramineuses en montant une comédie musicale, Double V. Chantal Goya tient quelques rôles au cinéma, notamment dans L'amour c'est gai, l'amour c'est triste de Jean-Daniel Pollet, mais le temps de la gloire et de la fortune semble déjà loin pour le couple de jeunes trentenaires, désormais retirés à la campagne. Jean-Jacques Debout rebondit néanmoins en composant des musiques et des numéros musicaux pour les émissions de télévision de Maritie et Gilbert Carpentier. De son côté, Chantal se remet à la chanson, en enregistrant le disque « Les Boules de neige ».

En 1974, Chantal Goya fait un retour impromptu sur le devant de la scène à l'occasion d'une émission de variétés dont Sylvie Vartan est la vedette : Brigitte Bardot, qui devait chanter « Les Petites filles modèles » en duo avec Vartan, s'étant décommandée, Chantal la remplace au pied levé. L'année suivante, elle participe à une émission consacrée à Carlos et interprète le titre « Adieu les jolis foulards », accompagnée par les enfants de son village. La prestation de Chantal Goya charme les spectateurs, dont beaucoup écrivent à la télévision pour demander son retour : Jean-Jacques Debout et son épouse décident alors d'enregistrer la chanson sur disque. Après plusieurs refus, c'est RCA qui se lance dans l'aventure, pour écouler à l'arrivée un million de disques. La carrière de Chantal Goya est relancée, et son registre d' « amie des enfants » définitivement trouvé.

Si elle enregistre encore quelques titres non destinés au jeune public (« Prends une rose », en duo avec Guy Mardel, « Notre chagrin d'amour »...), Chantal est désormais essentiellement une chanteuse pour jeune public. C'est le temps de « Le Lapin » (et son célèbre refrain « Ce matin un lapin a tué un chasseur »), de « Allons Chanter avec Mickey », qui la voit poser en photo avec le personnage de Disney et de « Voulez-vous danser, Grand-mère ? » : Chantal Goya est partout sur les ondes et ses disques se vendent comme des petits pains, en France et dans plusieurs pays européens.

A partir de 1976, Jean-Jacques Debout et son complice Roger Dumas conçoivent des saynètes télévisées, puis des spectacles, où Chantal Goya incarne le personnage de Marie-Rose, mélange de gentille grande sœur et de Mary Poppins, qui emporte les enfants dans des voyages et des aventures tendres et féeriques. Les titres de Chantal Goya mettent régulièrement en scène des personnages populaires de récits pour enfants : ont droit à ces honneurs Guignol, Tintin, Babar, le Chat Botté, Snoopy et surtout Bécassine, que la chanteuse remet à la mode avec son fameux refrain « Bécassine, c'est ma cousine ».

Le monde des merveilles

Omniprésente à la radio et à la télévision, Chantal Goya s'exporte désormais sur scène avec des shows à grand spectacle destinés aux enfants. En décembre 1979, la comédie musicale La Forêt magique est jouée à l'Olympia à guichets fermés avant de partir en tournée. Deux ans plus tard, Le Soulier qui vole casse la baraque au Palais des Congrès. S'inspirant des recettes des shows américains, Jean-Jacques Debout s'emploie à créer un monde féerique dont son épouse est la vedette et l'ornement.

Nouveau triomphe en 1982 avec La Planète merveilleuse, qui attire plus d'un million de spectateurs. Dans la première moitié des années 1980, Chantal Goya enchaîne les tubes (en 1984, « Snoopy » est Disque de diamant et de platine), anime des émissions de télévision (le spectacle La Poupée en Sucre, sur TF1) et se voit très régulièrement invitée sur le plateau des émissions pour enfants (Récré A2, Vitamine, etc.). Fin 1984, le couple Debout/Goya lance son nouveau spectacle, Le Mystérieux voyage de Marie-Rose, énorme show avec six décors gigantesques, des dizaines de danseurs, et un budget pharaonique. Du fait de son budget enflé, l'œuvre est tout juste rentable, mais n'en attire pas moins un public extrêmement nombreux. Le spectacle débute au Palais des Congrès tourne partout en France - ainsi qu'en Belgique où il est vu par 50 000 spectateurs en une semaine - durant toute l'année 1985. Ce gigantesque show est l'apogée de la carrière de Chantal Goya, mais il va indirectement lui porter une estocade quasi-fatale.

Le 13 décembre 1985, la chanteuse est l'invitée de l'émission de télévision Le Jeu de la vérité, présentée par Patrick Sabatier, où une vedette est censée répondre en direct aux questions des spectateurs. Recevant les caméras dans son costume de Marie-Rose, au milieu des décors du spectacle, Chantal Goya est surprise, puis déboussolée par l'agressivité des questions, le standard passant essentiellement à l'antenne des appels d'adultes excédés par des chansons qu'ils jugent abêtissantes. La chanteuse tente de donner le change en amusant les enfants présents dans le studio - et invisibles à l'image, ce qui donne l'impression que Chantal Goya fait des singeries dans le vide - avant de perdre définitivement son sang-froid face aux questions d'une institutrice. Le lendemain, les médias se font largement l'écho du « pétage de plombs » de Chantal Goya, dont la « stupidité » lui vaut de se faire brocarder par des humoristes comme un symbole de stupidité et de niaiserie. La tournée continue, mais les ventes de billets baissent (bien qu'il n'y ait pas eu de vague d'annulations), entraînant une fin prématurée pour le spectacle.

Chantal Goya dira plus tard avoir été victime d'un traquenard de la part de l'émission, qui ne lui aurait délibérément passé que des appels hostiles : quoi qu'il en soit, la chanteuse se fait pour un temps rare à la télévision, préférant s'occuper d'un Jean-Jacques Debout sérieusement déprimé par l'affaire. En 1986, elle reprend Le Mystérieux Voyage de Marie-Rose. Le public est toujours là bien que le nombre de représentations ait diminué, mais les ventes de disques baissent sérieusement. L'album Bravo Popeye (1986) ne marche guère. A la même époque, les goûts du jeune public évoluent peu à peu, Chantal Goya subissant la concurrence de Dorothée, chanteuse pour enfants plus « moderne » et plus pop : les féeries du couple Debout/Goya, dont l'image est plombée, apparaissent quelque peu désuètes.

Traversée du désert

Chantal Goya remonte la pente, revient sur les ondes avec de nouvelles chansons et, en 1988, anime les mercredis après-midi d'Antenne 2, avec l'émission Le Monde magique, où elle reprend les personnages de ses spectacles. Chantal ne fait hélas ! plus le poids face au bulldozer Dorothée, qui règne désormais sans partage sur TF1, et Le Monde magique ne dure pas. L'année suivante, Chantal Goya revient sur scène avec un nouveau spectacle au Palais des Congrès, L'étrange histoire du château hanté, qui rencontre son public malgré un budget sans rapport avec celui des années fastes. Mais la chanteuse commet en 1990 l'erreur de sortir un album plus moderne, débarrassé de ses fanfreluches habituelles : Rythme et Couleur ne séduit ni petits ni grands et sombre sans bruit, semblant enterrer la carrière de Chantal Goya. Les années ne sont pas toujours faciles pour Chantal Goya et Jean-Jacques Debout, à qui leur baisse de revenus a valu d'être ratiboisés par le fisc. La chanteuse se produit néanmoins à l'étranger - elle est le premier artiste étranger à se produire au Liban après la fin de la guerre - et dans les DOM-TOM. On la revoit sur scène en France métropolitaine, grâce à un partenariat avec le groupe AB ; elle reprend ensuite Le Soulier qui vole, mais les budgets pharaoniques d'antan sont bien loin.

Revival

C'est finalement en 1997 que Chantal Goya ressurgit, avec Le Grenier aux Trésors, qui reste cinq semaines à l'affiche du Casino de Paris. A la même époque, la génération de ses premiers fans, désormais adulte, est saisie du vertige de la nostalgie : l'ex-Marie-Rose se voit conviée à des prestations dans des boîtes branchées, interprète des remixes et des medleys de ses anciens succès - dont une version techno de « Bécassine », faisant des apparitions à des évènements tels que La Nuit des Publivores et devenant même grâce à son côté kitsch une sorte d'icône de la communauté homosexuelle. En 2001, le film Absolument Fabuleux a pour seul mérite d'inclure une apparition de Chantal Goya, qui joue (avec un look mis au point par Jean-Paul Gaultier) son propre rôle de chanteuse décalée. Publiant ses mémoires en 2004, la chanteuse redevient une habituée des plateaux de télévision ; en 2006, elle repart en tournée. Si les petits soucis du couple Debout avec l'administration fiscale ne les abandonnent pas (Chantal Goya est condamnée fin 2007 pour dissimulation de revenus), la machine est définitivement relancée, grâce à l'adhésion mi-affectueuse mi-ironique d'une partie du public. Grâce à la mode nostalgique et au syndrome de Peter Pan, grâce aussi à une nature sympathique intouchée par les ans, et tout en restant bien loin de ses années de gloire, Chantal Goya a su retrouver une place dans le cœur du public. En 2008, grand moment avec une nouvelle reprise du Mystérieux voyage de Marie-Rose, à croire que la magie du spectacle peut vraiment effacer le passage des décennies. Après tout, peut-être que les fées n'ont vraiment pas d'âge ?

Copyright 2014 Music Story Nikita Malliarakis

La future Marie-Rose, bonne fée rose bonbon et amie des petits, est née paradoxalement sous un patronyme belliqueux : c'est le 10 juin 1942 que Chantal de Guerre voit le jour à Shole, près de Saïgon, en Indochine française, au sein d'une famille installée en Asie depuis les années 1920. La future chanteuse connaît une petite enfance heureuse, au sein d'une nature magnifique. Mais la vie de sa famille est perturbée, tout d'abord par l'invasion japonaise durant la Seconde Guerre mondiale, puis par le début de la guerre d'Indochine. En 1946, la famille de Chantal est évacuée comme d'autres colons français, et traverse les mers d'Asie en bateau avant de débarquer à Marseille : c'est ce qui amènera plus tard la chanteuse à considérer 1946 comme sa « seconde naissance » et causera quelque confusion sur son âge véritable. La famille s'installe à Paris, où Chantal grandit. A douze ans, sa mère étant tombée malade, elle doit s'occuper de son frère et de ses trois sœurs : la future Chantal Goya prend déjà goût à amuser les enfants. En 1962, elle est jeune fille au pair en Angleterre, chez le duc et la duchesse de Bedford, et assiste à des réceptions fastueuses, où sont notamment reçues des vedettes comme les Beatles. Projetant de devenir journaliste, Chantal est finalement détournée de sa vocation initiale par la rencontre de son futur mari-manager-Pygmalion : Jean-Jacques Debout.

Debout, Chantal !

Jean-Jacques Debout, compositeur pour Johnny Hallyday et Sylvie Vartan, mais également chanteur lui-même (il a remporté un joli succès avec le titre « Les Boutons dorés »), fait partie des étoiles montantes de la scène française. Rencontrant Chantal Goya à une fête chez Eddie Barclay, il la demande aussitôt en mariage et lui prédit un avenir dans la chanson. Ne prenant pas très au sérieux ce garçon un peu fantasque et n'imaginant pas devenir chanteuse, Chantal lui laisse quand même son numéro de téléphone. Elle passe à nouveau quelques mois en Angleterre, avant de tomber à nouveau sur Jean-Jacques Debout, qui a composé en pensant à elle la chanson « Nos doigts se sont croisés » : le titre vaut à Debout de remporter le premier prix au festival de la Rose d'or à Antibes.

Une idylle naît entre les deux jeunes gens ; grâce aux relations de Jean-Jacques dans le show-biz, Chantal entre en contact avec l'éditeur de presse Daniel Filipacchi, qui fait d'elle une sorte d' « égérie » de son nouveau magazine, Mademoiselle Âge Tendre. Chantal, qui désire toujours devenir journaliste, intègre bien la rédaction, mais essentiellement en qualité de mannequin, apparaissant régulièrement en photo, voire en couverture. Lui trouvant un air de famille avec un petite fille représentée sur un tableau de Goya, Jean-Jacques baptise sa fiancée du nom de scène de Chantal Goya. Lancée comme un visage sur papier glacé, Chantal Goya ne tarde pas à s'animer, sous la férule de Jean-Jacques Debout et du guitariste américain Mickey Baker : en décembre 1964, sort son premier disque, « C'est bien Bernard ». Chantal Goya devient l'une de ces multiples chanteurs et chanteuses yé-yé qui font alors trois petits tours sous les feux de la rampe : sans bouleverser les chiffres de vente, ses disques marchent bien et s'exportent même au Japon, où la jolie brunette fait figure d'archétype de la petite française.

Un passage télévisé lui vaut même l'attention du cinéaste Jean-Luc Godard, alors l'une des gloires de la Nouvelle Vague : Chantal Goya se voit engagée pour tenir l'un des rôles principaux du film Masculin Féminin, où elle donne la réplique à Jean-Pierre Léaud et Marlène Jobert. Si le film, navet sinistre, n'est guère destiné à surmonter l'outrage des ans, Chantal Goya se tire bien de son emploi. Elle interprète en outre les chansons du film et connaît un surcroît de publicité grâce aux soucis du film avec la censure. S'intéressant désormais davantage au métier de comédienne qu'à sa carrière de chanteuse, elle tente les castings, mais ne décroche pas de rôles majeurs. Chantal Goya met alors ses ambitions artistiques sous le boisseau pour se consacrer à ses deux enfants, nés respectivement en 1966 et 1968.

Come-back féérique

La vie de famille des époux Debout est perturbée en 1970 par les déboires de Jean-Jacques : piètre homme d'affaires, le chanteur-compositeur a perdu des sommes faramineuses en montant une comédie musicale, Double V. Chantal Goya tient quelques rôles au cinéma, notamment dans L'amour c'est gai, l'amour c'est triste de Jean-Daniel Pollet, mais le temps de la gloire et de la fortune semble déjà loin pour le couple de jeunes trentenaires, désormais retirés à la campagne. Jean-Jacques Debout rebondit néanmoins en composant des musiques et des numéros musicaux pour les émissions de télévision de Maritie et Gilbert Carpentier. De son côté, Chantal se remet à la chanson, en enregistrant le disque « Les Boules de neige ».

En 1974, Chantal Goya fait un retour impromptu sur le devant de la scène à l'occasion d'une émission de variétés dont Sylvie Vartan est la vedette : Brigitte Bardot, qui devait chanter « Les Petites filles modèles » en duo avec Vartan, s'étant décommandée, Chantal la remplace au pied levé. L'année suivante, elle participe à une émission consacrée à Carlos et interprète le titre « Adieu les jolis foulards », accompagnée par les enfants de son village. La prestation de Chantal Goya charme les spectateurs, dont beaucoup écrivent à la télévision pour demander son retour : Jean-Jacques Debout et son épouse décident alors d'enregistrer la chanson sur disque. Après plusieurs refus, c'est RCA qui se lance dans l'aventure, pour écouler à l'arrivée un million de disques. La carrière de Chantal Goya est relancée, et son registre d' « amie des enfants » définitivement trouvé.

Si elle enregistre encore quelques titres non destinés au jeune public (« Prends une rose », en duo avec Guy Mardel, « Notre chagrin d'amour »...), Chantal est désormais essentiellement une chanteuse pour jeune public. C'est le temps de « Le Lapin » (et son célèbre refrain « Ce matin un lapin a tué un chasseur »), de « Allons Chanter avec Mickey », qui la voit poser en photo avec le personnage de Disney et de « Voulez-vous danser, Grand-mère ? » : Chantal Goya est partout sur les ondes et ses disques se vendent comme des petits pains, en France et dans plusieurs pays européens.

A partir de 1976, Jean-Jacques Debout et son complice Roger Dumas conçoivent des saynètes télévisées, puis des spectacles, où Chantal Goya incarne le personnage de Marie-Rose, mélange de gentille grande sœur et de Mary Poppins, qui emporte les enfants dans des voyages et des aventures tendres et féeriques. Les titres de Chantal Goya mettent régulièrement en scène des personnages populaires de récits pour enfants : ont droit à ces honneurs Guignol, Tintin, Babar, le Chat Botté, Snoopy et surtout Bécassine, que la chanteuse remet à la mode avec son fameux refrain « Bécassine, c'est ma cousine ».

Le monde des merveilles

Omniprésente à la radio et à la télévision, Chantal Goya s'exporte désormais sur scène avec des shows à grand spectacle destinés aux enfants. En décembre 1979, la comédie musicale La Forêt magique est jouée à l'Olympia à guichets fermés avant de partir en tournée. Deux ans plus tard, Le Soulier qui vole casse la baraque au Palais des Congrès. S'inspirant des recettes des shows américains, Jean-Jacques Debout s'emploie à créer un monde féerique dont son épouse est la vedette et l'ornement.

Nouveau triomphe en 1982 avec La Planète merveilleuse, qui attire plus d'un million de spectateurs. Dans la première moitié des années 1980, Chantal Goya enchaîne les tubes (en 1984, « Snoopy » est Disque de diamant et de platine), anime des émissions de télévision (le spectacle La Poupée en Sucre, sur TF1) et se voit très régulièrement invitée sur le plateau des émissions pour enfants (Récré A2, Vitamine, etc.). Fin 1984, le couple Debout/Goya lance son nouveau spectacle, Le Mystérieux voyage de Marie-Rose, énorme show avec six décors gigantesques, des dizaines de danseurs, et un budget pharaonique. Du fait de son budget enflé, l'œuvre est tout juste rentable, mais n'en attire pas moins un public extrêmement nombreux. Le spectacle débute au Palais des Congrès tourne partout en France - ainsi qu'en Belgique où il est vu par 50 000 spectateurs en une semaine - durant toute l'année 1985. Ce gigantesque show est l'apogée de la carrière de Chantal Goya, mais il va indirectement lui porter une estocade quasi-fatale.

Le 13 décembre 1985, la chanteuse est l'invitée de l'émission de télévision Le Jeu de la vérité, présentée par Patrick Sabatier, où une vedette est censée répondre en direct aux questions des spectateurs. Recevant les caméras dans son costume de Marie-Rose, au milieu des décors du spectacle, Chantal Goya est surprise, puis déboussolée par l'agressivité des questions, le standard passant essentiellement à l'antenne des appels d'adultes excédés par des chansons qu'ils jugent abêtissantes. La chanteuse tente de donner le change en amusant les enfants présents dans le studio - et invisibles à l'image, ce qui donne l'impression que Chantal Goya fait des singeries dans le vide - avant de perdre définitivement son sang-froid face aux questions d'une institutrice. Le lendemain, les médias se font largement l'écho du « pétage de plombs » de Chantal Goya, dont la « stupidité » lui vaut de se faire brocarder par des humoristes comme un symbole de stupidité et de niaiserie. La tournée continue, mais les ventes de billets baissent (bien qu'il n'y ait pas eu de vague d'annulations), entraînant une fin prématurée pour le spectacle.

Chantal Goya dira plus tard avoir été victime d'un traquenard de la part de l'émission, qui ne lui aurait délibérément passé que des appels hostiles : quoi qu'il en soit, la chanteuse se fait pour un temps rare à la télévision, préférant s'occuper d'un Jean-Jacques Debout sérieusement déprimé par l'affaire. En 1986, elle reprend Le Mystérieux Voyage de Marie-Rose. Le public est toujours là bien que le nombre de représentations ait diminué, mais les ventes de disques baissent sérieusement. L'album Bravo Popeye (1986) ne marche guère. A la même époque, les goûts du jeune public évoluent peu à peu, Chantal Goya subissant la concurrence de Dorothée, chanteuse pour enfants plus « moderne » et plus pop : les féeries du couple Debout/Goya, dont l'image est plombée, apparaissent quelque peu désuètes.

Traversée du désert

Chantal Goya remonte la pente, revient sur les ondes avec de nouvelles chansons et, en 1988, anime les mercredis après-midi d'Antenne 2, avec l'émission Le Monde magique, où elle reprend les personnages de ses spectacles. Chantal ne fait hélas ! plus le poids face au bulldozer Dorothée, qui règne désormais sans partage sur TF1, et Le Monde magique ne dure pas. L'année suivante, Chantal Goya revient sur scène avec un nouveau spectacle au Palais des Congrès, L'étrange histoire du château hanté, qui rencontre son public malgré un budget sans rapport avec celui des années fastes. Mais la chanteuse commet en 1990 l'erreur de sortir un album plus moderne, débarrassé de ses fanfreluches habituelles : Rythme et Couleur ne séduit ni petits ni grands et sombre sans bruit, semblant enterrer la carrière de Chantal Goya. Les années ne sont pas toujours faciles pour Chantal Goya et Jean-Jacques Debout, à qui leur baisse de revenus a valu d'être ratiboisés par le fisc. La chanteuse se produit néanmoins à l'étranger - elle est le premier artiste étranger à se produire au Liban après la fin de la guerre - et dans les DOM-TOM. On la revoit sur scène en France métropolitaine, grâce à un partenariat avec le groupe AB ; elle reprend ensuite Le Soulier qui vole, mais les budgets pharaoniques d'antan sont bien loin.

Revival

C'est finalement en 1997 que Chantal Goya ressurgit, avec Le Grenier aux Trésors, qui reste cinq semaines à l'affiche du Casino de Paris. A la même époque, la génération de ses premiers fans, désormais adulte, est saisie du vertige de la nostalgie : l'ex-Marie-Rose se voit conviée à des prestations dans des boîtes branchées, interprète des remixes et des medleys de ses anciens succès - dont une version techno de « Bécassine », faisant des apparitions à des évènements tels que La Nuit des Publivores et devenant même grâce à son côté kitsch une sorte d'icône de la communauté homosexuelle. En 2001, le film Absolument Fabuleux a pour seul mérite d'inclure une apparition de Chantal Goya, qui joue (avec un look mis au point par Jean-Paul Gaultier) son propre rôle de chanteuse décalée. Publiant ses mémoires en 2004, la chanteuse redevient une habituée des plateaux de télévision ; en 2006, elle repart en tournée. Si les petits soucis du couple Debout avec l'administration fiscale ne les abandonnent pas (Chantal Goya est condamnée fin 2007 pour dissimulation de revenus), la machine est définitivement relancée, grâce à l'adhésion mi-affectueuse mi-ironique d'une partie du public. Grâce à la mode nostalgique et au syndrome de Peter Pan, grâce aussi à une nature sympathique intouchée par les ans, et tout en restant bien loin de ses années de gloire, Chantal Goya a su retrouver une place dans le cœur du public. En 2008, grand moment avec une nouvelle reprise du Mystérieux voyage de Marie-Rose, à croire que la magie du spectacle peut vraiment effacer le passage des décennies. Après tout, peut-être que les fées n'ont vraiment pas d'âge ?

Copyright 2014 Music Story Nikita Malliarakis

La future Marie-Rose, bonne fée rose bonbon et amie des petits, est née paradoxalement sous un patronyme belliqueux : c'est le 10 juin 1942 que Chantal de Guerre voit le jour à Shole, près de Saïgon, en Indochine française, au sein d'une famille installée en Asie depuis les années 1920. La future chanteuse connaît une petite enfance heureuse, au sein d'une nature magnifique. Mais la vie de sa famille est perturbée, tout d'abord par l'invasion japonaise durant la Seconde Guerre mondiale, puis par le début de la guerre d'Indochine. En 1946, la famille de Chantal est évacuée comme d'autres colons français, et traverse les mers d'Asie en bateau avant de débarquer à Marseille : c'est ce qui amènera plus tard la chanteuse à considérer 1946 comme sa « seconde naissance » et causera quelque confusion sur son âge véritable. La famille s'installe à Paris, où Chantal grandit. A douze ans, sa mère étant tombée malade, elle doit s'occuper de son frère et de ses trois sœurs : la future Chantal Goya prend déjà goût à amuser les enfants. En 1962, elle est jeune fille au pair en Angleterre, chez le duc et la duchesse de Bedford, et assiste à des réceptions fastueuses, où sont notamment reçues des vedettes comme les Beatles. Projetant de devenir journaliste, Chantal est finalement détournée de sa vocation initiale par la rencontre de son futur mari-manager-Pygmalion : Jean-Jacques Debout.

Debout, Chantal !

Jean-Jacques Debout, compositeur pour Johnny Hallyday et Sylvie Vartan, mais également chanteur lui-même (il a remporté un joli succès avec le titre « Les Boutons dorés »), fait partie des étoiles montantes de la scène française. Rencontrant Chantal Goya à une fête chez Eddie Barclay, il la demande aussitôt en mariage et lui prédit un avenir dans la chanson. Ne prenant pas très au sérieux ce garçon un peu fantasque et n'imaginant pas devenir chanteuse, Chantal lui laisse quand même son numéro de téléphone. Elle passe à nouveau quelques mois en Angleterre, avant de tomber à nouveau sur Jean-Jacques Debout, qui a composé en pensant à elle la chanson « Nos doigts se sont croisés » : le titre vaut à Debout de remporter le premier prix au festival de la Rose d'or à Antibes.

Une idylle naît entre les deux jeunes gens ; grâce aux relations de Jean-Jacques dans le show-biz, Chantal entre en contact avec l'éditeur de presse Daniel Filipacchi, qui fait d'elle une sorte d' « égérie » de son nouveau magazine, Mademoiselle Âge Tendre. Chantal, qui désire toujours devenir journaliste, intègre bien la rédaction, mais essentiellement en qualité de mannequin, apparaissant régulièrement en photo, voire en couverture. Lui trouvant un air de famille avec un petite fille représentée sur un tableau de Goya, Jean-Jacques baptise sa fiancée du nom de scène de Chantal Goya. Lancée comme un visage sur papier glacé, Chantal Goya ne tarde pas à s'animer, sous la férule de Jean-Jacques Debout et du guitariste américain Mickey Baker : en décembre 1964, sort son premier disque, « C'est bien Bernard ». Chantal Goya devient l'une de ces multiples chanteurs et chanteuses yé-yé qui font alors trois petits tours sous les feux de la rampe : sans bouleverser les chiffres de vente, ses disques marchent bien et s'exportent même au Japon, où la jolie brunette fait figure d'archétype de la petite française.

Un passage télévisé lui vaut même l'attention du cinéaste Jean-Luc Godard, alors l'une des gloires de la Nouvelle Vague : Chantal Goya se voit engagée pour tenir l'un des rôles principaux du film Masculin Féminin, où elle donne la réplique à Jean-Pierre Léaud et Marlène Jobert. Si le film, navet sinistre, n'est guère destiné à surmonter l'outrage des ans, Chantal Goya se tire bien de son emploi. Elle interprète en outre les chansons du film et connaît un surcroît de publicité grâce aux soucis du film avec la censure. S'intéressant désormais davantage au métier de comédienne qu'à sa carrière de chanteuse, elle tente les castings, mais ne décroche pas de rôles majeurs. Chantal Goya met alors ses ambitions artistiques sous le boisseau pour se consacrer à ses deux enfants, nés respectivement en 1966 et 1968.

Come-back féérique

La vie de famille des époux Debout est perturbée en 1970 par les déboires de Jean-Jacques : piètre homme d'affaires, le chanteur-compositeur a perdu des sommes faramineuses en montant une comédie musicale, Double V. Chantal Goya tient quelques rôles au cinéma, notamment dans L'amour c'est gai, l'amour c'est triste de Jean-Daniel Pollet, mais le temps de la gloire et de la fortune semble déjà loin pour le couple de jeunes trentenaires, désormais retirés à la campagne. Jean-Jacques Debout rebondit néanmoins en composant des musiques et des numéros musicaux pour les émissions de télévision de Maritie et Gilbert Carpentier. De son côté, Chantal se remet à la chanson, en enregistrant le disque « Les Boules de neige ».

En 1974, Chantal Goya fait un retour impromptu sur le devant de la scène à l'occasion d'une émission de variétés dont Sylvie Vartan est la vedette : Brigitte Bardot, qui devait chanter « Les Petites filles modèles » en duo avec Vartan, s'étant décommandée, Chantal la remplace au pied levé. L'année suivante, elle participe à une émission consacrée à Carlos et interprète le titre « Adieu les jolis foulards », accompagnée par les enfants de son village. La prestation de Chantal Goya charme les spectateurs, dont beaucoup écrivent à la télévision pour demander son retour : Jean-Jacques Debout et son épouse décident alors d'enregistrer la chanson sur disque. Après plusieurs refus, c'est RCA qui se lance dans l'aventure, pour écouler à l'arrivée un million de disques. La carrière de Chantal Goya est relancée, et son registre d' « amie des enfants » définitivement trouvé.

Si elle enregistre encore quelques titres non destinés au jeune public (« Prends une rose », en duo avec Guy Mardel, « Notre chagrin d'amour »...), Chantal est désormais essentiellement une chanteuse pour jeune public. C'est le temps de « Le Lapin » (et son célèbre refrain « Ce matin un lapin a tué un chasseur »), de « Allons Chanter avec Mickey », qui la voit poser en photo avec le personnage de Disney et de « Voulez-vous danser, Grand-mère ? » : Chantal Goya est partout sur les ondes et ses disques se vendent comme des petits pains, en France et dans plusieurs pays européens.

A partir de 1976, Jean-Jacques Debout et son complice Roger Dumas conçoivent des saynètes télévisées, puis des spectacles, où Chantal Goya incarne le personnage de Marie-Rose, mélange de gentille grande sœur et de Mary Poppins, qui emporte les enfants dans des voyages et des aventures tendres et féeriques. Les titres de Chantal Goya mettent régulièrement en scène des personnages populaires de récits pour enfants : ont droit à ces honneurs Guignol, Tintin, Babar, le Chat Botté, Snoopy et surtout Bécassine, que la chanteuse remet à la mode avec son fameux refrain « Bécassine, c'est ma cousine ».

Le monde des merveilles

Omniprésente à la radio et à la télévision, Chantal Goya s'exporte désormais sur scène avec des shows à grand spectacle destinés aux enfants. En décembre 1979, la comédie musicale La Forêt magique est jouée à l'Olympia à guichets fermés avant de partir en tournée. Deux ans plus tard, Le Soulier qui vole casse la baraque au Palais des Congrès. S'inspirant des recettes des shows américains, Jean-Jacques Debout s'emploie à créer un monde féerique dont son épouse est la vedette et l'ornement.

Nouveau triomphe en 1982 avec La Planète merveilleuse, qui attire plus d'un million de spectateurs. Dans la première moitié des années 1980, Chantal Goya enchaîne les tubes (en 1984, « Snoopy » est Disque de diamant et de platine), anime des émissions de télévision (le spectacle La Poupée en Sucre, sur TF1) et se voit très régulièrement invitée sur le plateau des émissions pour enfants (Récré A2, Vitamine, etc.). Fin 1984, le couple Debout/Goya lance son nouveau spectacle, Le Mystérieux voyage de Marie-Rose, énorme show avec six décors gigantesques, des dizaines de danseurs, et un budget pharaonique. Du fait de son budget enflé, l'œuvre est tout juste rentable, mais n'en attire pas moins un public extrêmement nombreux. Le spectacle débute au Palais des Congrès tourne partout en France - ainsi qu'en Belgique où il est vu par 50 000 spectateurs en une semaine - durant toute l'année 1985. Ce gigantesque show est l'apogée de la carrière de Chantal Goya, mais il va indirectement lui porter une estocade quasi-fatale.

Le 13 décembre 1985, la chanteuse est l'invitée de l'émission de télévision Le Jeu de la vérité, présentée par Patrick Sabatier, où une vedette est censée répondre en direct aux questions des spectateurs. Recevant les caméras dans son costume de Marie-Rose, au milieu des décors du spectacle, Chantal Goya est surprise, puis déboussolée par l'agressivité des questions, le standard passant essentiellement à l'antenne des appels d'adultes excédés par des chansons qu'ils jugent abêtissantes. La chanteuse tente de donner le change en amusant les enfants présents dans le studio - et invisibles à l'image, ce qui donne l'impression que Chantal Goya fait des singeries dans le vide - avant de perdre définitivement son sang-froid face aux questions d'une institutrice. Le lendemain, les médias se font largement l'écho du « pétage de plombs » de Chantal Goya, dont la « stupidité » lui vaut de se faire brocarder par des humoristes comme un symbole de stupidité et de niaiserie. La tournée continue, mais les ventes de billets baissent (bien qu'il n'y ait pas eu de vague d'annulations), entraînant une fin prématurée pour le spectacle.

Chantal Goya dira plus tard avoir été victime d'un traquenard de la part de l'émission, qui ne lui aurait délibérément passé que des appels hostiles : quoi qu'il en soit, la chanteuse se fait pour un temps rare à la télévision, préférant s'occuper d'un Jean-Jacques Debout sérieusement déprimé par l'affaire. En 1986, elle reprend Le Mystérieux Voyage de Marie-Rose. Le public est toujours là bien que le nombre de représentations ait diminué, mais les ventes de disques baissent sérieusement. L'album Bravo Popeye (1986) ne marche guère. A la même époque, les goûts du jeune public évoluent peu à peu, Chantal Goya subissant la concurrence de Dorothée, chanteuse pour enfants plus « moderne » et plus pop : les féeries du couple Debout/Goya, dont l'image est plombée, apparaissent quelque peu désuètes.

Traversée du désert

Chantal Goya remonte la pente, revient sur les ondes avec de nouvelles chansons et, en 1988, anime les mercredis après-midi d'Antenne 2, avec l'émission Le Monde magique, où elle reprend les personnages de ses spectacles. Chantal ne fait hélas ! plus le poids face au bulldozer Dorothée, qui règne désormais sans partage sur TF1, et Le Monde magique ne dure pas. L'année suivante, Chantal Goya revient sur scène avec un nouveau spectacle au Palais des Congrès, L'étrange histoire du château hanté, qui rencontre son public malgré un budget sans rapport avec celui des années fastes. Mais la chanteuse commet en 1990 l'erreur de sortir un album plus moderne, débarrassé de ses fanfreluches habituelles : Rythme et Couleur ne séduit ni petits ni grands et sombre sans bruit, semblant enterrer la carrière de Chantal Goya. Les années ne sont pas toujours faciles pour Chantal Goya et Jean-Jacques Debout, à qui leur baisse de revenus a valu d'être ratiboisés par le fisc. La chanteuse se produit néanmoins à l'étranger - elle est le premier artiste étranger à se produire au Liban après la fin de la guerre - et dans les DOM-TOM. On la revoit sur scène en France métropolitaine, grâce à un partenariat avec le groupe AB ; elle reprend ensuite Le Soulier qui vole, mais les budgets pharaoniques d'antan sont bien loin.

Revival

C'est finalement en 1997 que Chantal Goya ressurgit, avec Le Grenier aux Trésors, qui reste cinq semaines à l'affiche du Casino de Paris. A la même époque, la génération de ses premiers fans, désormais adulte, est saisie du vertige de la nostalgie : l'ex-Marie-Rose se voit conviée à des prestations dans des boîtes branchées, interprète des remixes et des medleys de ses anciens succès - dont une version techno de « Bécassine », faisant des apparitions à des évènements tels que La Nuit des Publivores et devenant même grâce à son côté kitsch une sorte d'icône de la communauté homosexuelle. En 2001, le film Absolument Fabuleux a pour seul mérite d'inclure une apparition de Chantal Goya, qui joue (avec un look mis au point par Jean-Paul Gaultier) son propre rôle de chanteuse décalée. Publiant ses mémoires en 2004, la chanteuse redevient une habituée des plateaux de télévision ; en 2006, elle repart en tournée. Si les petits soucis du couple Debout avec l'administration fiscale ne les abandonnent pas (Chantal Goya est condamnée fin 2007 pour dissimulation de revenus), la machine est définitivement relancée, grâce à l'adhésion mi-affectueuse mi-ironique d'une partie du public. Grâce à la mode nostalgique et au syndrome de Peter Pan, grâce aussi à une nature sympathique intouchée par les ans, et tout en restant bien loin de ses années de gloire, Chantal Goya a su retrouver une place dans le cœur du public. En 2008, grand moment avec une nouvelle reprise du Mystérieux voyage de Marie-Rose, à croire que la magie du spectacle peut vraiment effacer le passage des décennies. Après tout, peut-être que les fées n'ont vraiment pas d'âge ?

Copyright 2014 Music Story Nikita Malliarakis


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