Quatrième de couverture
Savoir, faire et devoir, telle était la trilogie des compagnons. Ils surent la porter au summum de l'expression ésotérique alors que l'Église et son clergé séculier en perdait peu à peu la notion. Compagnons et bâtisseurs ne poursuivirent pas seuls leur queste. Bien au contraire. Ils avaient reçu des moines le ferment d'une nouvelle cosmogonie. Si ceux-ci lâchèrent la ligne opérative pour se rapprocher davantage de la ligne contemplative, l'ordre du Temple, par ses relations permanentes avec les bâtisseurs, et par ses propres loges, sut maintenir et entretenir, même corriger, le besoin ardent de sacralisation du travail et de l'oeuvre. Compagnons et maîtres faisaient de leur vie un « devoir », ce qui était autant qu'une vocation religieuse, une participation constante vers un but sacré et une obéissance sans limite aux règles universelles. Se sachant détenteurs d'une vérité que l'Eglise perdait complètement, ils purent s'exprimer plus librement, dissimulant leur message véritable sans qu'évêques, chanoines ou clercs puissent supposer un seul instant que les monuments dans lesquels ils commentaient les textes sacrés étaient aussi une Bible à lire avec d'autres yeux que ceux de l'anecdote. Ces bâtisseurs devenaient les véritables Templiers de la pierre, les vrais templiers opératifs, édifiant le temple sous toutes ses formes, afin que par l'expression indestructible qu'ils nous ont laissée, chacun puisse en lui-même bâtir le sien.