Description
« Sans tomber dans les exagérations de l'école symbolique qu'Émile Mâle dénonça en son temps, c'est selon une perspective sacrale et traditionnelle, inspirée de la vision traditionnelle de Guénon, que Burckhardt retrace l'histoire et le contexte spirituel de l'édification de la cathédrale de Chartres : [...] comprendre l'homme du Moyen Äge passe par la découverte de ses buts les plus élevés, sans craindre de pénétrer au coeur de son univers symbolique dans ce qu'il recèle de vérité éternelle et universelle. Le symbolisme majeur à partir duquel T. Burckhardt déploie son analyse est l'analogie du bâtiment et du corps du Christ par la médiation communautaire : Ainsi le bâtiment sacré est l'image de la communauté chrétienne qui, elle, représente le corps du Christ devenu figurable par l'Incarnation. Toutefois, l'art gothique n'est pas simplement l'expression d'une Idée, mais a d'abord une fonction anagogique : L'expérience gothique de l'espace est de nature spéculative : lignes et points ne sont plus des composants matériels mais autant d'éléments spirituels, dont le jeu absorbe l'espace dans celui de la pensée. De cette façon l'idole est tenue en échec par l'icône : la distance entre le visible des signes et l'invisible signifié est toujours préservée ; le sacré tient son rôle de médiation sans occulter ou absorber le divin. C'est pourquoi le hiératisme est préférable au rendu naturaliste du sentiment. C'est pourquoi aussi, dans son dernier chapitre (qui n'est pas sans évoquer les travaux de Charbonneau-Lassay et surtout de Guénon sur les symbolismes du Sacré-Coeur et du centre), T. Burckhardt, reprenant les descriptions du Temple du Graal du Titurel d'Albrecht von Scharffenberg, conclut : [...] le temple édifié par Titurel, en dépit de toute la perfection de sa forme, ne fut pas en mesure de retenir le Saint-Graal. Celui-ci s'en retourna au royaume du Prêtre Jean, que le Moyen Âge situait aux Indes, à l'horizon d'un lointain Orient. Chartres et la naissance de la cathédrale constitue donc un exposé magistral de l'art sacré tel que le comprend le traditionalisme guénonien : le fruit d'une contemplation des principes sous le voile des formes symboliques. Ajoutons que par la qualité de sa typographie et de sa reliure, ainsi que par l'abondance de son illustration en noir et en couleurs (quatre-vingt-huit dessins et dix-huit photographies), cet ouvrage fera la joie du bibliophile. » --Compte rendu de Jérôme Rousse-Lacordaire paru dans La Vie spirituelle, année 1996, N° 719.
Présentation de l'éditeur
18 photos dont 7 en couleur et 89 dessins, jaquette couleur. Plus qu'une étude en histoire de l'art ou une contribution originale à la recherche scientifique, cet ouvrage est une évocation vivante et fidèle du climat spirituel qui permit l'éclosion de ces cités de l'esprit que sont les cathédrales, ultime fleuron d'une longue tradition dont Titus Burckhardt analyse avec clarté les chaînons essentiels. Première cathédrale de style gothique classique, Chartres en est l'exemple canonique, le prototype. En elle s'incarnent les conceptions les plus élevées de l'homme du Moyen Âge, conceptions toujours portées par l'Idée et dont la compréhension exige de pénétrer au coeur de son univers symbolique, dans ce qu'il recèle de vérité éternelle et universelle. L'ouvrage s'achève sur une description poétique médiévale du temple du Graal, cathédrale idéale vers laquelle tendent, jusqu'à presque l'atteindre parfois, toutes les cathédrales gothiques.