Mike Ness, leader du groupe punk californien Social Distortion réalisait en 1999 son premier album solo sur lequel il donnait libre court à son amour pour la musique populaire américaine : blues, country, Bluegrass, Rockabilly...
Le résultat : un album de country rock plutôt musclé, comportant 15 titres dont 4 reprises (Bob Dylan, Hank Williams...), au contenu assez inégal, mais avec cependant quelques bons moments où l'on prend plaisir à retrouver la voix rocailleuse de l'un des derniers grands chanteurs songwriters américains dans la lignée des Jerry lee Lewis et Johnny Cash; une vie brulée par les deux bouts, mais une vraie personnalité et un réel talent !
Parmi les bons moments de l'album, "The devil in Miss Jones", fait penser à un titre de Calvin Russell, la pédal steel en plus. La reprise de Dylan qui suit, "Don't Think twice", constitue également l'une des belles réussites de l'album; la voix éraillée, à force de Lucky Strike et de Four Roses, de Ness convenant à merveille à l'exercice. "Misery loves compagny" s'offre, excusez du peu, Bruce Springsteen en guest star et, effectivement, avec son coté massif et son solo de sax, on dirait bien un morceau tiré du répertoire du Boss de la grande époque...
Sur "crime don't pay", les plus avertis reconnaitront d'entrée la guitare du matou en chef, Brian Setzer, leader des inoubliables Stay Cats, invité pour un morceau de jump rock tout droit sorti des années 50. "Rest of our lives" et "you win again" constituent quant à eux des morceaux country classiques, gorgés de pedal steel, l'un signé Ness et l'autre une reprise d'Hank William. Pas parmi mes préférés ces deux là...
"Cheating at solitaire", le morceau titre, est un mid tempo tel que les affectionne Mike Ness et sur lesquels il aime à broder des tranches de vie, souvent autobiographiques, notamment son calvaire de junkie aujourd'hui repenti ("My dirty rainbow" comme il dit...). L'accent de la sincérité, une très belle chanson...Le titre suivant, "No Man's friend", poursuit dans la même veine (très drôle !), mais c'est nettement moins bon. Avec le sax omniprésent, on dirait un morceau de Morphine (pas fait exprès !)
Cure For Pain . "Charmed Life", quant à elle, aurait pu être signée Social Distortion, le morceau le plus punk de l'album avec sa pédal steel endiablée. Plutôt un bon titre.
"Dope fine Blues" est un mid tempo assez moyen. "Ballad of a Lonely man" une scie country un peu barbante, mais le pire arrive....."I'm in love with my car" s'avère en effet vite insupportable avec sa rythmique au bottleneck et sa voix passée au vocoder. Un titre franchement désagréable et sans conteste le plus mauvais de l'album ! "If you leave before me", le titre suivant, n'arrange rien à l'affaire, sans charme et puis la pedal steel ça commence à bien faire !
les deux derniers morceaux, "Long Black Veil" et "Send her back", sont des reprises de classiques country qui ne convaincront que les amateurs du genre. Un peu de country c'est sympa, mais là ça commence à faire beaucoup....
Voilà....un disque où l'on prend plaisir à retrouver Mike Ness et sa voix râpeuse sur les titres les plus rock, mais qui peut déplaire fortement aux fans de Social Distortion, allergiques à la country classique, à moins qu'ils ne soient aussi fans de Jason and the Scorchers
Fervor / Lost & Found......