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6 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Une merveille., 21 avril 2007
Comme d'habitude, Lestrade ose dire tout haut ce que beaucoup pensent tout bas, dans un style qui ne ressemble à aucun autre.
Dérangeant, Lestrade nous fait aspirer au changement, à l'évolution, et nous place, nous, les homos, face à la société que nous sommes en train de créer, ou plutôt, que nous laissons se construire, trop occupés que nous sommes à faire du shopping.
Comme toujours avec Didier Lestrade, la vérité est choquante, terrifiante et convaincante, surtout quand il nous parle avec passion des risques de contamination par le HIV que les jeunes homos prennent de nouveau, avec enthousiasme suicidaire.
Mais Lestrade montre si bien ce qui ne va pas, (et si bien aussi comme il est simple de faire autrement), que toute personne dotée d'un grain d'honnêteté ne peut que l'aimer, comme le grand frère sage qu'il est devenu.
Dans Cheikh, Lestrade se retire, donc, à la campagne, laissant les sites de rencontres, les magasins de jean à cent quarante euros, et la pollution écologique et morale de la capitale loin derrière lui.
Il regarde pousser les arbres, il surveille la formation des nuages, et, tout en rêvant de retrouver l'amour et un homme pour partager ce silence, cette nature devant laquelle il s'émerveille tous les jours, il réfléchit à une autre façon d'être.
Il nous dessine sa nouvelle vie, établit des parallèles entre le downsizing d'aujourdhui et la retraite philosophique de son héros Thoreau, et nous raconte les histoires des Parisiens qui lui rendent visite tous les weekends.
Je ne sais pas exactement pourquoi, mais j'ai pensé à plusieurs reprises au Traité du zen et de l'entretien des motocyclettes de Pirsig : ce livre n'as pas grand-chose en commun avec Cheikh, si ce n'est que ces deux oeuvres nous font réfléchir longuement et lentement, de façon Zen pourrait-on dire, sur l'essentiel de l'existence. Et sur le reste aussi, le superflu, le malsain.... Elles le font avec tant de passion et de clarté, qu'il y a un avant et un après dans la vie du lecteur.
Avec Lestrade, nous passons quelques heures avec le même plaisir qu'une soirée avec son meilleur ami, celui qui nous dit toujours ce qu'il pense et tant pis, si ça dérange; Il y a sûrement, parmi les innombrables opinions exprimées, des choses que chaque lecteur se doit de questionner, mais la véritable amitié est ainsi : les discussions sans la gêne qui trouble, les questions qui font réfléchir, et les nouvelles résolutions qui s'affirment .
Et à la fin, nous ne pouvons pas faire autrement que vouloir, à notre tour, tourner le dos aux excès du milieu gay et de l'hypercapitalisme, pour le rejoindre dans son bonheur de campagne.
En tant qu'anglais, mon seul regret est que ses oeuvres, si prophétiques et si passionnantes, ne soient pas traduites en anglais. Les Français peuvent être fiers de leur Cheikh : nous aurions, nous aussi, bien besoin de lui.
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2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
J'ai adoré, 17 novembre 2007
On mets certes du temps à comprendre où il veut en venir, mais c'est un livre lumineux qui m'a beaucoup inspiré. J'ai adoré, et je n'ai pas hésité à l'acheter pour des amis. Bravo Didier.
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1 internaute sur 2 a trouvé ce commentaire utile :
2.0 étoiles sur 5
Bof..., 22 août 2007
Pas vraiment de quoi s'exciter, en pour ou en contre...
Bon, notre cher Didier vit donc désormais à la campagne, plante, défriche,
voit des gens...
Dans le même genre, et tout aussi gay, Gilles Leroy a fait un petit chef d'oeuvre, Champsecret.
Là, après un premier paragraphe hilarant et éblouissant sur un tout autre sujet (la frénésie des gens à descendre du train à l'arrivée en gare!), c'est fort décousu, brouillon, et visiblement pas relu par l'éditeur (coquilees, fautes de grammaire et j'en passe).
Interminables digressions et parallèles sur Thoreau. Ca meuble, mais sans passionner vraiment.
Il y a là-dedans de quoi faire 4 ou 5 excellentes chroniques brèves, mais on a plutôt l'impression d'un bouquin alimentaire de commande, mal foutu et bâclé.
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