Présentation de l'éditeur
Un jour de décembre, quelques années avant la révolution de 1830, dans une petite ville du Cotentin, plusieurs amis se réunissent pour leur causerie du soir et, très vite, l'un d'entre eux évoque la rencontre qu'il vient de faire : celle du chevalier Des Touches, un héros de la chouannerie. Mais le chevalier n'est-il pas mort ? Ce soir-là, on remonte le passé et, devant ses amis, mademoiselle de Percy, qui y participait, raconte l'expédition des Douze : l'enlèvement de Des Touches, prisonnier à Coutances, par ses compagnons d'armes. De cette soirée de décembre, un enfant silencieux avait été témoin, et c'est l'auteur lui-même, qui en fait la matière de ce roman de 1864. Peu importe que Des Touches y devienne un héros plus glorieux qu'il ne le fut en réalité. L'essentiel est ailleurs : c'est que si les chouans, vers 1799, au moment de ce récit, mènent encore la guerre, ils l'ont déjà perdue. Un royalisme désenchanté teinte ainsi tout le roman sans en atténuer la vigueur et, bien plus tard, Anatole France évoquera l'"impression très forte" que lui auront laissée ces "figures à la fois héroïques et brutales" : "Ce livre, dira-t-il, me donna le frisson."
Quatrième de couverture
Un des épisodes les plus romanesques de la Chouannerie et le premier volet de cette «épopée normande» que Barbey d'Aurevilly songea toute sa vie à écrire. Après des débuts littéraires incertains, l'auteur des Diaboliques trouve sa voie au moment où il retrouve son enfance, Valognes, Saint-Sauveur-le-Vicomte, le milieu familial où il a été élevé dans la nostalgie d'une culture qui est morte en 1789. C'est cette quête proustienne d'un temps, d'un monde perdu qui, par-delà les exploits des héros, donne au Chevalier des Touches son étrange miroitement poétique. «Les Poètes, comme les Tortues, disait Barbey, portent leur maison sur leur dos, et cette maison, c'est le palais des premiers songes.»
--Ce texte fait référence à l'édition
Poche
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