Point de raffinement aristocratique des grandes façades grises bordelaises dans ce texte qui fleure bon la gouaillerie, la camaraderie franche et massive, le saucisson et la nappe à carreau. Point de circonvolutions polies, mais une franchise de gascon échauffé.
Un style libre, parfois lourd de citations sans valeurs ( Faut-il vraiment faire appel à Kierkegaard pour l'emploi de deux adjectifs simples ?), mais un style qui claque sous la langue, sans chichi. Une écriture brute de fonderie, ronde, qui égratigne, déchire, gifle même (pauvre Robert Parker....) et crie sa liberté. Liberté de produire un vin à l'image de son créateur, un vin d'esthète, de croyant passionné, foin de mode, de « yaqu'àfaucon ». Un missionnaire que ce Lapierre, et l'admiration de ce jeune auteur transparaît dans cette plume qui ébauche une révérence fort plaisante.
Un livre d'épicuriens, pour ceux qui croquent dans la vie à pleines dents, qui déclament comme Cyrano et considèrent Depardieu comme un modèle.
Lisez ce livre dans un parc un été, avec un bon sandwich, et laissez vous porter au-delà de ces belles collines du Beaujolais, pour découvrir une pépite qui brille dans un océan de médiocrité et vous imprégner de la sagesse du « Warren Buffet du Beaujolais », Jules Chauvet.