Ma grand-mère, 1er prix de conservatoire de Tours à l'unanimité reprochait à Rubinstein la force de son jeu. Entendez par là qu'il jouait à sa oreille trop fort, et qu'elle lui préférait des pianistes comme Yves Nat ou Sviatoslav Richter ; bon, je n'ai aucune prétention en la matière, même si j'apprends en ce moment la 1ère ballade de Chopin, et beaucoup de respect pour feu ma mamie chérie, mais le maître Polonais dont les œuvres ont bercé mon enfance rime avec Arthur Rubinstein. Ce dernier a littéralement étourdi mon cerveau ; plus aucun morceau de Chopin ne sonne juste (hormis peut-être Samson François dans le Scarbo du Gaspard de Ravel et encore, je plaisante!) s'il n'est joué par le roi Arthur. Ecoutez seulement les mazurkas, les sonates ou les nocturnes qui vous convaincront que sa patte est géniale, c'est le mot sans détours ni atermoiements romantiques. Un Chopin viril, tendre et sensible nous ait offert dans ses vibrantes ballades et ces scherzos fous (en demi teintes à mon goût mais néanmoins techniquement parfaits) qui nous convient à un voyage intemporel. A vos chaines ou vos claviers ! Parce qu'il nous faut à tous une interprétation exemplaire qui marque et inspire nos esprits. En bref, un enregistrement magistral qui frise l'excellence poétique.