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5.0 étoiles sur 5
Le tonneau, la glissade et le pommier!, 17 mai 2011
3° long-métrage de Claude Sautet après 'Classe tous risques' en 60 (boudé par le public, apprécié par la critique) et 'L'arme à gauche' en 65 (boudé par le public et la critique), réalisé en 69 (prix Louis Delluc 70), d'après le plus célèbre roman de Paul Guimard paru en 67 (en 74, Edouard Molinaro adapta 'L'ironie du sort' du même écrivain datant de 61), avec la collaboration de l'immense Jean-Loup Dabadie, musique de Philippe Sarde (le frère aîné du producteur Alain Sarde dont ce fut la toute première partition cinématographique, avant bien d'autres) et images de Jean Boffety, 'Les choses de la vie' reste l'½uvre la plus ambitieuse de son auteur.
Basé sur un 'flashforward' (eh oui, déjà !), le film raconte au présent comme au passé, le puzzle de la vie de Michel Piccoli (le double de Claude Sautet, dont les colères homériques étaient directement inspirées de celle de son mentor), un architecte sur le départ (dans tous les sens du terme), séparé de la magnifique Léa Massari ('Le souffle au c½ur' et 'La femme en bleu' avec le même Michel Piccoli) et vivant en couple avec l'étourdissante, la renversante, la foudroyante Romy Schneider.
Dans ce film il y a un vieux père un peu paumé, un jeune fils inventeur pas paumé du tout, un copain (l'excellent Jean Bouise), une ancienne compagne qui tient encore à son ex, une nouvelle compagne qui ne peut imaginer vivre sans son homme, et pourtant' ; et puis il y a un bistrot (il y a toujours un bistrot dans les films de Claude Sautet, parce qu'il a grandi dans un tel endroit et que dans les bistrots comme dans ses films se croisent des personnes de tous les milieux sociaux et qui refont le monde ad aeternam perdus dans les volutes de fumée comme dans leurs pensées), et puis il y a l'accident...
Jamais un accident n'avait été filmé avec une telle intensité, rarement un film nous aura à ce point bouleversés !
Contrairement à 'Vincent, François, Paul et les autres' qui reste le film d'une époque et d'une génération, 'Les choses de la vie' est une oeuvre intemporelle qui, au rythme de l'émouvante 'Chanson d'Hélène' (le thème principal de la musique du film, aussi superbe que 'La chanson de Lara' de Maurice Jarre), nous entraîne dans un tourbillon d'images, celles de la vie d'un homme qui se meurt, car 'parfois, il faut s'arrêter'...
Claude Sautet fut GRAND ! Et ses films demeurent exceptionnels ! Ne vous en privez pas, 'Les choses de la vie' est l'équivalent cinématographique des plus grands classiques de la littérature, une ¼UVRE rare et bouleversante, unique, à ne pas manquer !!!
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5.0 étoiles sur 5
Un classique indémodable, 17 octobre 2011
L'histoire est simple : Michel Piccoli vient de se séparer de son épouse, Léa Massari, et vit avec sa maîtresse Romy Schneider. Mais quelques orages menacent le couple : elle, souhaite qu'il rompe les ponts avec son passé et s'engage avec elle (mariage, départ vers la Tunisie); lui, hésite et se raccroche à son fils, à son travail pour reculer le moment de la décision. Parti pour un voyage à Rennes, il écrit une lettre de rupture avant de demander à Romy de venir le rejoindre. Quand intervient le plus célèbre accident de voiture de l'histoire du cinéma...
Après avoir fait ses armes comme scénariste puis réalisé deux films de genre réussis, c'est avec ces "Choses de la vie" que Claude Sautet changea d'inspiration et entama sa nouvelle carrière de peintre des difficultés du couple et du blues de la quarantaine. A la revoyure, le film apparaît comme une réussite totale et, probablement, le chef d'oeuvre de sa série des années 1970 (j'ai tendance à placer
Un Coeur en hiver encore plus haut). Tout Sautet est déjà là, avec ce monde de cadres sans soucis financiers mais non sans inquiétudes, cette tabagie omniprésente, cette convivialité de bistrots et - surtout - ces déchirantes histoires d'amour. Rien n'est jamais simple et tout l'art de Sautet aura été de montrer que non seulement chacun a ses raisons - mais que chacun a aussi plusieurs raisons. La forme est, elle, mémorable : flash-back d'une intelligence remarquable, brio incroyable de la reconstitution de l'accident de voiture, caractère indélébile du trépas (voix off étouffée, scènes de rêve...). Ajoutez à cela une interprétation brillante du couple éternel Piccoli/Schneider, le soin apporté aux seconds rôles et une musique merveilleuse de Philippe Sarde et vous obtenez un de ces films que chaque vision enrichit un peu plus dans votre mémoire.
Je l'ai montré à des Américains, des Libanais, des Japonais : le film fonctionne pour tous, en dépit de son ancrage circonstancié dans le cadre de son époque et de son milieu.
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