Après quelques coffrets de musique de chambre dans le cadre de "son" Festival de Lugano, Martha Argerich ( et EMI ) propose un parcours musical centré autour de la figure de Dmitri Chostakovitch, "dernier des romantiques", et figure centrale de la musique du XXème siècle. Grâce à la divine Martha, une chance nous est donnée d'effectuer un parcours dans les différents types de compositions du Russe, parcours centré évidemment autour du piano toujours fringuant d'Argerich.
Le disque s'ouvre avec un turbulent concerto pour piano, trompette ( ! ) et orchestre à cordes, dans lequel la soliste a la possibilité de montrer toute l'étendue de son talent, entre présence, sensibilité et virtuosité ( dans un ébouriffant quatrième et dernier mouvement ), d'un bout à l'autre de cette oeuvre pour le moins originale, le piano ayant pour interlocuteur une trompette seule ( en l'occurence celle de Sergei Nakariakov ) et un orchestre ( dirigé par Alexander Vedernikov ), qui accompagnent parfaitement Argerich pour faire prendre feu à toute la partition. Vient ensuite une oeuvre chambriste un peu plus exigeante, le Quintette avec piano dans lequel s'illsutrent Argerich et ses complices ( parmi lesquels Renaud Capuçon et Mischa Maisky ). Le programme s'achève avec l'oeuvre d'un père pour son fils, le Concertino pour deux pianos, oscillant entre exercice d'entraînement et véritable bijou de sensualité ( à partir de 2'37", les choses sérieuses commencent ! ). Martha y est magnifique, accompagnée par Lilya Zilberstein.
Au final, je recommanderai vivement ce disque en cela qu'il est une véritable démonstration du talent de Martha Argerich, à la fois capable de porter sur ses épaules tout un morceau ( le concerto qui trouve là une version plus solide ), d'être à l'écoute de ses partenaires ( le Quintette ) et enfin de donner l'ampleur qu'elle mérite à une oeuvre peu connue ( le magnifique Concertino ). À quand un enregistrement des Préludes ? Davaï, Martha !