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Un trésor, 3 août 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Chostakovitch : Concerto pour violon, Op.99 - Concerto pour violoncelle, Op.107 (CD)
Rien à ajouter ni enlever au commentaire de mon valeureux prédécesseur, qui me coupe un peu l'herbe sous le pied. Insistons simplement, sans entrer dans les détails, sur le fait que ces deux monuments comptent parmi les plus grandes réussites de l'histoire de l'enregistrement discographique. Deux immenses solistes, deux chefs d'envergure historique, deux orchestres au sommet de leur art. Tout y est plus que parfait, virtuosité, flamme, vision intérieure, rien n'y manque. Le son est d'une beauté sidérante. Avec cette impression unique d'être aux premières loges, d'assister à la première jamais égalée d'œuvres totalement géniales et tout juste sorties des limbes. Un trésor.
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Oistrakh et Rostropovich jouent Chostakovitch sur le sol américain, 28 mai 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Chostakovitch : Concerto pour violon, Op.99 - Concerto pour violoncelle, Op.107 (CD)
A l'époque de ces enregistrements, nous sommes en pleine guerre froide et les échanges musicaux entre l'URSS et les USA entrent dans un système complexe de signes diplomatiques. 55-56 avait été la première saison où Oistrakh avait eu la permission de se produire en Amérique. La première du Concerto pour violon n°1 de Chostakovitch venait d'être donnée en Union Soviétique le 29 octobre 55, lorsque l'oeuvre fut programmée par Dimitri Mitropoulos à New York dans les derniers jours de cette même année (on sait que Mitropoulos apprenait les partitions nouvelles, même les plus complexes, avec une facilité déconcertante). Dans la foulée, il l'enregistra avec David Oistrakh, son créateur et dédicataire, le 2 janvier 1956.
Le fruit de la rencontre de ces deux personnalités d'exception ne déçoit pas. Malgré Leonid Kogan et Julian Sitkovetzky, malgré Kremer et Mullova, Oistrakh reste l'interprète à connaître en premier dans l'oeuvre. Le Nocturne initial étreint immédiatement l'auditeur, Oistrakh mettant toute la beauté chaleureuse de sa sonorité au service de cette musique de la désolation. Après la vigueur de son introduction orchestrale (Mitropoulos, interprète incomparable de la Dixième symphonie du même, un disque CBS à rééditer), l'éloquence de la passacaille se passe de commentaires. L'oeuvre est nouvelle, et les interprètes dominent leur sujet, mouvement après mouvement, d'une manière qui ne laisse de la marge à aucun progrès ultérieur, même si l'oeuvre a eu de la chance, depuis.
Le 1er concerto pour violoncelle est gravé par Rostropovich à Philadelphie avec Eugène Ormandy en novembre 1959. Chostakovitch était à leurs côtés, dans un contexte très officiel sur lequel revient la notice (richement illustrée). C'est l'interprétation classique par excellence de cet op. 107 : Rostropovich a pris plus de risques en concert
Tchaikovski : Symphonie N°4 - Chostakovitch : Concerto Pour Violoncelle N°1, mais il est ici magnifique d'autorité. Excellent orchestre, avec un cor particulièrement glorieux (Mason Jones, qui mérite d'être cité).
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