Composée en 1957, la onzième Symphonie de Chostakovitch brosse en quatre tableaux les événements tragiques de la révolution russe de 1905.
Cette fresque historico-cinématographique fut créée le 30 octobre 1957 par l'orchestre symphonique d'URSS dirigé par Nathan Rakhline.
C'est Leopold Stokowski qui en effectua le premier enregistrement avec l'orchestre de Houston en 1958 (Capitol-EMI). Quelques mois plus tard, il vint la diriger en Union Soviétique avec l'orchestre de la Radiotélévision. Nous entendons ici les échos d'un concert "live" (hélas...), capté le 09 septembre.
Les options esthétiques sont sensiblement les mêmes que dans l'interprétation de studio susnommée : une "Place du Palais" évoquée avec émotion et recueillement, une insurrection du "Neuf janvier" menée tambour battant, un "Tocsin" qui résonne d'une urgence trépidante.
Malheureusement, la qualité technique est terriblement précaire : les envahissants bruits de salle (grincements de chaises, toux persistante du public...) sont parfois plus audibles que la musique elle-même, d'autant que l'orchestre est capté d'assez loin.
L'image sonore paraît très confuse : cordes étiolées, percussions reléguées dans les limbes (un comble pour cette partition...)
Finalement le plaisir est gâché car même si un document d'archive ne peut offrir un confort audiophile, l'écoute s'avère excessivement laborieuse voire pénible.
Ce témoignage a priori palpitant de la confrontation entre un chef charismatique et un orchestre idiomatique sera donc réservé au chostakovien impénitent, au collectionneur compulsif, ou au pneumo-historiologue.
Qui veut entendre une grande version « authentique » dans des conditions décentes se tournera vers les versions de Mravinski, Kondrachine ou Konwitschny.