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5 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Pour la Symphonie n°6, l'interprétation du Largo introductif figure parmi les plus lentes que je connaisse...,
Par Mélomaniac (France) - Voir tous mes commentaires (#1 CRITIQUE au Tableau d'HONNEUR) (COMMENTATEUR N° 1)
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Chostakovitch : Symphonies n° 6 et n° 12 (CD)
..., égalant presque les vingt minutes de la version gravée par Adrian Boult pour le label Everest.Hormis la deuxième section (entre les mesures 19-69, 2'36-7'20), jouée à noire = 44, les tempos sont toujours négociés en-deçà de ce que réclame la partition (pour les indications métronomiques, je me réfère à celle éditée par Manashir Iakoubov dans la collection DSCH). Petrenko cerne chaque ambiance avec une remarquable acuité, scrutant les nuances les plus ténues. Par exemple à la mesure 134 (12'03) quand les violons expirent un si bémol aigu, renversé par le mi grave au contrebasson et à la harpe : cette raréfaction de l'atmosphère s'asphyxie ici dans une lividité qui convient parfaitement à ce moment insolite. On appréciera les timbres des souffleurs de Liverpool : hautbois, basson. Aussi de superbes flûtes : dans le passage Moderato (8'23-10'17) puis dans leurs arabesques de doubles-croches (après la mesure 139). Le chef russe diligente un Allegro vif, volubile, fluide et aérien ; mercurien même. Observons l'énergique mobilité qui se libère sans peser à 218 (2'21), quand clarinette basse et bassons s'échappent sur la trame serrée à bloc par les nerveuses scansions des contrebasses. Chaque pupitre se trouve alors progressivement enrôlé dans une ronde sardonique que le maestro règle au millimètre, jusqu'au tutti martelé par la percussion. Mais pourquoi quatre déflagrations de grosse caisse (3'45-3'50) s'y invitent à la mesure 345 ? Jamais entendu ça ! Quelle partition est donc utilisée ?! Cette tonitruante et inexplicable licence n'est que passagère car on nous présente ensuite le Presto comme une parade de virtuosité, non d'effets clinquants mais tout en finesse et subtilité. Notons ainsi ce tuilage de grinçants glissandos qui couinent aux violons, altos puis violoncelles à 1'49. Bravo aux archets ! Voilà un détail qui révèle qu'on a délibérément fouillé le texte pour en extraire le potentiel de causticité. Voilà qui atteste aussi du minutieux travail de préparation avant l'enregistrement. Le maestro tend à ralentir pour le grotesque volet central, qui explose en accès de fureur. Sa baguette remobilise ses troupes en douceur puis suraccélère distinctivement pour le goguenard finale, simili rossinien, (458-, 5'59) où elle arbore autant de brio que d'esprit. Moyennant ces fluctuations bien senties, le Liverpool Philharmonic signe là une discipline collective digne des meilleures phalanges internationales. Idem dans la patriotique Symphonie n°12 : les cordes britanniques y manquent peut-être un peu d'étoffe mais leur pugnacité, leur tranchant affûté au rasoir compense ce bénin défaut de matière, certainement imputable à la prise de son. Dédiée à la mémoire de Lénine et commémorant le Révolution de 1917, cette oeuvre plutôt creuse reste une mal-aimée du corpus chostakovien. A l'aube des lendemains qui chantent, je crois qu'il n'y faut pas chercher midi à quatorze heures. Les assauts doivent se jouer « à fond les manettes », comme jadis Mravinski. C'est le cas ici. Dans "Petrograd révolutionnaire" et "Aurore", cuivres et percussion anglais rivalisent d'éclat et de hargne. Sans pourtant négliger une nécessaire précision que Petrenko domine impérieusement. Comme pour sa captivante lecture de la Symphonie n°3, il réussit à faire triompher aussi intelligemment qu'efficacement un opus qui ne compte pas parmi les plus profonds du compositeur. Seul regret : les paysages blafards de "Razliv" auraient peut-être mérité une caractérisation mieux suggestive, des couleurs plus denses. En tout cas, ce sixième volume valide le rang majeur que l'intégrale de Petrenko est en train de conquérir dans la discographie. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Encore une approche très personnelle de Petrenko,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Chostakovitch : Symphonies n° 6 et n° 12 (CD)
Décidément, chaque nouvel enregistrement des symphonies de Shostakovich par Petrenko se remarque. Une fois encore ici, Petrenko prend le parti de ralentir à l'extrême les mouvements lents, d'appuyer au maximum les pianissimo d'orchestre, à la limite de l'audible, d'accélérer sans tomber dans la précipitation les mouvements rapides.Par rapport à l'excellente version sous la baguette de Neeme Jarvi, extrêmement remarquée à sa sortie en 1985, le premier mouvement lent de la sixième est étiré de plus de deux minutes trente ce qui signe sans doute le record de lenteur de toute la discographie. Du coup, en y combinant les extrêmes dynamiques entre des mouvements d'orchestre qui explosent et des piano qui se murmurent, Petrenko instaure un caractère majestueux et sombre auquel il est difficile de ne pas adhérer. Il remet d'ailleurs le couvert dans le presto du troisième et dernier mouvement pris à nouveau très lent, plus comme un andante, ce qui a le mérite de donner une unité très personnelle à son interprétation. La douzième symphonie qui date de 1961 ne figure pas parmi les plus intéressantes du compositeur et est d'ailleurs la plupart du temps enregistrée exclusivement dans les intégrales. Elle fut écrite en commémoration de Lénine, au moment où Shostakovich venait d'adhérer au Parti Communiste. Il s'agit d'une oeuvre de circonstance à caractère révolutionnaire, assez formelle et bien dans la tonalité de la glorification du régime en place. La reproduction des bruits d'armes, des mouvements de foule y est assez saisissante même si on peine globalement à adhérer à une partition un peu datée. L'interprétation de Petrenko y reste du même calibre d'autant que la composition recèle de contrastes que le jeune chef aime visiblement à souligner. Petrenko, album après album, est en train de signer une intégrale magistrale, extraordinairement bien interprétée par l'orchestre royal de LIverpool et globalement bien captée par Naxos même si, ici, la prise de son y est un poil moins soignée que dans les éditions précédentes. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
3 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Shostakovitch sans complexe!,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Chostakovitch : Symphonies n° 6 et n° 12 (CD)
Valily Petrenko, jeune chef (35 ans) et Liverpool faisant un carton dans Shosta?Impossible! Mais vrai! Certes, ce jeune Vasily est russe, surdoué et il dirige le Royal Philarmonique de Liverpool depuis 2004, ce qui lui a permis de mettre au point son projet. Mais l'écoute de ce disque, comme d'ailleurs celle de tous les disques de son intégrale de Shostakovitch en cours, est un enchantement! Cette intégrale soutient la comparaison avec les versions historiques de Mravinsky et Kondrashin Chostakovich : Intégrale des symphonies(que les puristes en recherche d'authenticité continueront probablement de préférer), mais j'ai été saisi par "l'évidence" de l'interprétation de Petrenko. Même l'excellent Barshai (Brillant Classics)Intégrale Des Symphonies, égalé en petit prix par Naxos/Petrenko, est battu! Est-ce la présence des instruments (qualité de l'enregistrement superlatif) ou l''enthousiasme de l'orchestre et du chef qui font de ces disques une expérience aussi fulgurante? Voilà un disque que l'on a envie de réécouter immédiatement.. et de réécouter encore, juste après, toute la nuit (au casque...)! A consommer sans modération (symphonies 1-3, 5-9, 6-12, 8, 10, 11 - vivement la suite!)! Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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