Présentation de l'éditeur
Charles Pietri avait consacré sa thèse de doctorat, publiée en 1976, à l'étude de la Roma Christiana, de 311 à 440. Tout en demeurant fidèle à ce thème de recherche, il n'a cessé par la suite d'étendre son enquête, explorant l'univers de l'Antiquité Tardive pour restituer les différentes composantes de ce que Grégoire le Grand, son dernier représentant, dénomme la christiana respublica: un monde dans lequel la Romanisas finissante se métamorphose en une première Chrétienté. Les articles, communications ou contributions, rassemblés dans les trois présents volumes, en recomposent, par touches successives, une image qui reflète à la fois l'unité et la diversité, les permanences et les mutations du christianisme antique. Ils dessinent les courants majeurs d'une histoire au cours de laquelle s'établit, dans une ébauche de hiérarchisation, une géographie ecclésiastique, se modifient les relations entre l'Église et le pouvoir politique et s'élaborent, dans la réflexion patristique, les conceptions d'une nouvelle ecclésiologie. Sur cette trame se détachent, de l'Occident à l'Orient, les évolutions propres à des ensembles régionaux ou à des communautés locales: la conquête du temps rythmé par le calendrier liturgique, celle de l'espace remodelé par le schéma directeur d'un réseau de sanctuaires élevés grâce à l'effort d'un évergétisme chrétien qui transforme aussi, avec les oeuvres de l'assistance, les relations sociales. Font également objet de l'analyse les manifestations collectives ou individuelles de la foi dans le Christ Sauveur et de la dévotion à ses saints, qui traduisent, en des expressions élaborées ou plus spontanées, les façons dont les fidèles vivaient au quotidien l'enseignement de l'Évangile et l'espérance de la vie éternelle.
Titulaire, à l'Université de Paris-Sorbonne, de la chaire d'Histoire du Christianisme dans laquelle il succédait à son maître Henri-Irénée Marrou, Charles Pietri fut, de 1983 à 1991, directeur de l'École française de Rome.
(contient 3 volumes)