D'accord avec Otis! Ici l'épouvante n'est, comme souvent chez King, qu'un prétexte à parler d'autre chose de plus profond. Qu'est-ce que Chritine, sinon l'objet d'émancipation de ce carcan familial pour le héros? Enchaîné par ses parents bien pensants, Arnie, petit boutonneux rejeté par les filles, apprend à dire non, à prendre position et à s'affirmer, aidé par cette voiture qui malheureusement va le faire pencher un peu trop loin au dessus du vide. Arnie va s'embellir, sortir avec la fille la plus convoitée du lycée, défier les joueurs de foot...Bref, un peu comme Spiderman devient héros juste pour emballer Mary Jane! Un peu comme on aurait tous aimé faire, sauf qu'on ne s'est pas fait piquer par l'araignée et qu'on n'est pas tombé sur cette bagnole (heureusement quand même). La vie est assez longue pour prendre tranquillement sa revanche sur ces années, mais notre Arnie est trop pressé car sa frustration est extrême, alors Christine, avec tout ce qu'elle représente de la culture américaine des années 50, va le soutenir, l'aimer, et comme souvent à trop aimer on finit par faire du mal. L'amitié aussi est difficile, surtout quand l'amour vient y mettre son nez, combien de potes les filles nous ont fait perdre...Et combien sommes nous heureux au final d'avoir fait ce choix! L'amitié qui tient cette relation exclusive doit laisser place à l'amour, et l'amitié se met un peu en retrait. C'est pareil avec la prise d'indépendance vis à vis de ses parents. Ces mouvements naturels se font en vrai avec pertes et fracas, et c'est ça que raconte Christine. La fracture de l'adolescence.