Ce livre est une petite merveille, qui ne tente pas de théoriser à la sauce structurale, marxiste, psychanalytique (etc...)mais ouvre les derniers moments du peuple Guayaki de manière trés pragmatique et laisse entrevoir le fonctionnement réel, quotidien de chefferies sauvages, avec une extraordinnaire remise en question de nos propres tabous: l'anthropophagie est ici permanente, les meurtres rituels, les infanticides réguliers...
Cet ouvrage montre à quel point la naissance de l'Etat et des normes depuis le néotithique ont, à la fois pacifié notre quotidien tout en retirant ce sentiment d'abondance et de quiétude d'une société non encore atteinte par la division des tâches, les hiérarchies et les culpabilités.