Comme les réquisitoires du tribunal des flagrants délires, les chroniques de la haine ordinaire furent à l'origine une chronique radiophonique que Pierre Desproges anima sur France Inter entre 1985 et 1987, le soir, dix minutes avant le journal de Patrice Bertin. L'émission commençait invariablement sur un air de Paolo Conte et se terminait tout aussi invariablement sur un détournement des paroles de la Marseillaise.
Je ne me souviens pas avoir autant ri de ma vie. J'ai eu la bonne idée d'enregistrer quelques cassettes et la malchance d'en perdre beaucoup. Il faut reconnaitre que cette émission n'a pas connu d'édition complète sur CD ou en livre. Il faut se contenter du peu dont on dispose aujourd'hui, ce qui n'est pas si mal après tout.
L'humour de Pierre Desproges était tout à la fois incisif, sarcastique, cérébral et également potache, bref un mélange d'humour noir et de franche déconnade. Même si ses prestations furent souvent radiophoniques, Desproges était avant tout un littéraire. En matière d'humour littéraire, je ne connais personne qui l'ait surpassé (Woody Allen l'a probablement égalé mais avec moins de talent d'écriture). En témoigne ce recueil de chroniques à savourer sans limites.