Chuck Berry

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Biographie

« S'il fallait trouver un autre nom au rock 'n' roll, il faudrait l'appeler Chuck Berry » John Lennon.

Charles Edward Anderson Berry est né le 18 octobre 1926 à St. Louis (Missouri), troisième enfant sur six d'une famille de la classe moyenne américaine dont le père cumule les fonctions de saisonnier et prêtre baptiste, et la mère occupe le poste de principal de collège. Adolescent attiré par la pratique musicale, « Chuck » Berry est élève à la Sumner High School de la ville, où viendront également étudier Tina Turner et Bobby McFerrin.

Berry blues

Sous ses apparences studieuses, ... Lire la suite

« S'il fallait trouver un autre nom au rock 'n' roll, il faudrait l'appeler Chuck Berry » John Lennon.

Charles Edward Anderson Berry est né le 18 octobre 1926 à St. Louis (Missouri), troisième enfant sur six d'une famille de la classe moyenne américaine dont le père cumule les fonctions de saisonnier et prêtre baptiste, et la mère occupe le poste de principal de collège. Adolescent attiré par la pratique musicale, « Chuck » Berry est élève à la Sumner High School de la ville, où viendront également étudier Tina Turner et Bobby McFerrin.

Berry blues

Sous ses apparences studieuses, l'apprenti-musicien n'en est pas moins adepte de quelques larcins qui, en 1944 à Kansas City, lui valent une première arrestation pour braquage de voiture à main armée, et l'envoient séjourner en maison de correction à Algoa (Missouri). Libéré trois ans plus tard, Chuck Berry retourne à son solfège et ses méthodes de guitare, apprenant note pour note les soli de T. Bone Walker, et se produisant en 1953 dans le trio du pianiste doué Johnnie Johnson au Cosmopolitan Club d'East Saint Louis, dans l'Illinois (connue pour avoir vu grandir le prodige Miles Davis). Les relations entre Johnson et son guitariste sont loin d'être chaleureuses, s'affirmant dans l'intérêt que porte le leader sur l'avantage d'avoir un musicien virtuose, dût-il souffrir du caractère autocrate de ce dernier. Le répertoire du Johnnie Johnson Trio est alors constitué de morceaux blues, reprises ou originaux, et d'autres traditionnels hillbilly, forme rustique de la musique Country, ce qui ne manque pas d'interpeller le public sur les capacités du jeune guitariste noir à jouer n'importe quel style musical avec aisance, que ce soit du Nat « King » Cole, du Bill Monroe, ou du Muddy Waters.

C'est d'ailleurs ce dernier que Chuck Berry rencontre au printemps 1955, lors de son départ pour Chicago, la ville du blues moderne et électrique. Le créateur de « Rollin' Stone » présente le guitariste à Leonard Chess, fondateur et responsable des disques Chess, tout étonné de l'entendre jouer « Ida Red », un classique du chanteur country Bob Wills, parmi d'autres titres blues. Voyant là une bonne opportunité de percer dans un autre marché que celui du rhythm 'n' blues, Chess réunit quelques musiciens autour de Chuck Berry (qui emmène Johnson) dont le contrebassiste maison Willie Dixon, Jerome Green (joueur de maracas pour Bo Diddley) et le batteur Jasper Thomas, et rebaptise le morceau en « Maybellene » - du nom d'un rouge à lèvres, souvenir d'un stage de coiffeur - pour y placer son nom sur les crédits. Le titre enregistré le 21/5/1955 s'écoule à plus d'un million d'exemplaires et s'attribue la tête du classement rhythm 'n' blues, obtenant une excellente cinquième place dans le hit-parade pop. La carrière de Chuck Berry est lancée sur les chapeaux de roue, et ne va pas s'éteindre de sitôt.

Berry hits

Le guitariste est prompt à relever le défi d'écrire des titres à la croisée des chemins entre la country, le r'n'b et la pop, empruntant au passage les thèmes de prédilection de son pianiste, source de riches mélodies. Au printemps 1956, Chuck Berry classe un nouveau titre dans le Top Pop, le sacrilège « Roll Over Beethoven » (traduit en « Repose Beethoven » de ce côté-ci de l'Atlantique !), à la 29ème place. Cette même année, il fait la rencontre de Carl Perkins (« Blue Suede Shoes ») avec qui il partage une tournée, comme il en fera l'année suivante avec Buddy Holly et The Everly Brothers. Pendant cette période, il inscrit à son répertoire ses plus grands classiques, une dizaine de titres propres à figurer parmi les incontournables absolus du rock, et à être repris tel un passage obligé par des générations entières de guitaristes. « Too Much Monkey Business » (août 56), « School Days » (n°3 en juin 57), « Rock and Roll Music » (n°8 en décembre), le grandiose couplage « Sweet Little Sixteen » (n°2 en mars 58) / « Reelin' and Rockin' » et l'immortel « Johnny B. Goode » à destination de son acolyte (n°8 en mai 58 - couplé à « Around and Around »), suivi de « Carol » (n°18 en octobre). Berry est alors accompagné du bassiste Lafayette Leake et du batteur Fred Below, présents sur les premiers albums After School Session et One Dozen Berrys (1958) qui réunissent ses hits et autres perles de sa créativité débordante.

Hormis le fait qu'il soit un brillant faiseur de chansons et un guitariste inventif qui donne ses lettres de noblesse à la Gibson ES-335 (modèle standard ou « body »), Chuck Berry se révèle un fin observateur d'une société américaine en pleine mutation consumériste, parlant d'amourettes et de voitures comme nul autre, mais traitant également ouvertement de problèmes de justice et de racisme, ce qui lui vaut d'être surveillé de près par les autorités s'inquiétant de la popularité du rock 'n' roll comme d'un risque pouvant déclencher quelques troubles au bon ordre national. Dès lors, Berry fait l'objet de beaucoup d'attention, et l'année 1959 qui s'annonce lui apporte encore quelques succès, mais surtout des ennuis.

Berry sous les verrous

Après « Sweet Little Rock and Roller » et « Run Rudolph Run » - une comptine de Noël transformée en ode au rock -, le rocker noir inscrit de multiples et glorieux titres à son palmarès : « Almost Grown »/ « Little Queenie » (avril 59), « Back in the U.S.A. »/ « Memphis, Tennessee » (juillet), « Let it Rock » (mars 60) et « Bye Bye Johnny » (juin). Les albums Chuck Berry is On Top (1959) et Rockin' at the Hops (1960) reprennent la plupart des morceaux d'anthologie du maître, y ajoutant quelques nouveautés appréciables. Les autres activités de Berry, comprenant la scène et le cinéma, montrent l'étendue de la palette d'un showman hors-pair. Il crée le fameux duck walk (avançant sur un pied et dodelinant de la tête sans s'arrêter de jouer), et apparaît dans les films Rock, Rock, Rock (1956, il interprète « You Can't Catch Me ») et Johnny, Go ! (1959). En homme d'affaires averti, il monte une boîte de nuit (Chuck Berry's Nightstand) et un parc d'attractions portant son nom (le Berry Park), et se fait déjà connaître des organisateurs de concert pour son âpreté au gain, n'hésitant pas à marchander une rallonge quelques minutes avant d'entrer en scène. Une habitude qu'il saura garder pour le restant de sa carrière, en plus d'employer les musiciens du cru qu'il paie au tarif minimum - c'est un honneur inégalable que de jouer avec Chuck Berry -, et de restreindre sa performance au strict nécessaire de quarante-cinq minutes, comme à ses débuts !

En décembre 59, les ennuis sérieux arrivent. Chuck Berry est accusé sur dénonciation d'avoir engagé une danseuse dans son night club, celle-ci se révélant une Indienne apache mineure (Sweet little fourteen...) et prostituée (à son insu, reporte-t-il). Le guitariste tombe sous la double accusation de proxénétisme et détournement de mineure, et est envoyé en prison pour cinq ans à partir d'octobre 1961, après un procès où il doit souffrir les remarques racistes du juge. La conséquence immédiate est l'arrêt net d'une carrière en plein essor, et un soulagement pour le bureau fédéral de voir Berry sous les verrous, Presley à l'armée, Jerry Lee Lewis en perte de vitesse, le Révérend Little Richard  reconverti au Gospel, Buddy Holly et Eddie Cochran enterrés. Faisant preuve de bonne conduite, le prisonnier Berry est finalement libéré au terme de deux années et demie, mais se retrouve bien isolé et démuni de toute rivalité pour endosser le titre bien mérité de « roi du rock 'n' roll ».

Héritage

Après une série de compilations (New Juke Box Hits), un premier album live (Chuck Berry On Stage, 1963) qui obtient davantage les faveurs du public anglais en pleine découverte de l'idiome transatlantique, et quelques inédits (« I'm Talkin' 'Bout You » août 63 - un bide) destinés à faire patienter les fans, Chuck Berry retrouve les studios d'enregistrements début 1964, prouvant qu'il a conservé son sens de la formule et du riff. « Nadine » (février, n°23) est suivi par les hits « No Particular Place to Go » (mai, n°3) et « You Never Can Tell » (juillet, n°23), faisant de cette année - celle du débarquement du contingent anglais sur les terres du rock 'n' roll - la dernière à porter le faste d'antan. S'il peine à retrouver la magie de la décennie précédente, Chuck Berry est récompensé par le culte que lui vouent les dizaines de groupes et musiciens anglais, français ou autre qui reprennent à tour de bras la quasi-intégralité de son répertoire, à tel point qu'il serait vain de dresser une liste de ces covers, tant elles sont nombreuses et finalement proches des versions originales, si ce n'est la puissance des amplis qui a considérablement augmenté.

Fin 64, Chuck Berry et Bo Diddley s'associent pour l'album Two Great Guitars, qui sans être original, propose des jams et versions longues ; Berry publie une nouveauté live (From St. Louis to Liverpool), qui contrairement au titre trompeur ne rend nullement compte d'une visite en territoire britannique, mais évoque simplement son influence. Il obtient son dernier hit (anglais !) avec « The Promised Land » (n°26) au début de l'année suivante. Surtout, Berry capitalise désormais sur son nom lors de concerts forcément complets, proposant un show souvent identique au précédent selon l'état de santé du moment. Statufié en légende vivante du rock et n'ayant plus grand-chose à prouver, sa présence suffit à créer l'événement. A peine note-t-on un album In Memphis et un 45-tours « Back in Memphis » en 67, bien traditionnels en regard du mouvement permanent de l'époque ; un Live at the Fillmore Auditorium et un autre From St. Louis to Frisco (1968) encore plus anachroniques ; et un Concerto in B. Goode (69) enlisé dans les travers du temps. Cette période pour le compte du label Mercury s'arrête à temps, et le rocker revient tout naturellement vers Chess en 1970 alors que le rock originel reprend du service. Les albums Back Home le bien nommé, San Francisco Dues, et le mineur « My Ding-A-Ling » (72) relèvent son prestige. En 73, Berry se fait nostalgique dans l'honnête Bio, et intronise sa fille Ingrid Gibson deux ans plus tard dans une relecture amicale de « Shake, Rattle and Roll » de Bill Haley (Chuck Berry '75).

Le dernier album original du maître est finalement Rockit (août 1979), après quoi il laisse place à l'interminable série de compilations plus ou moins bien agencées et documentées, mais qu'importe !, car remplies à craquer des standards gravés pour l'éternité. Il est bon de citer le coffret triple CD Chuck Berry Box Set (1989, Chess) pour sa collection de titres et son livret pointu, ou le moins ancien et remasterisé de frais The 50's Masters Recordings (2008).

Copyright 2014 Music Story Loïc Picaud

« S'il fallait trouver un autre nom au rock 'n' roll, il faudrait l'appeler Chuck Berry » John Lennon.

Charles Edward Anderson Berry est né le 18 octobre 1926 à St. Louis (Missouri), troisième enfant sur six d'une famille de la classe moyenne américaine dont le père cumule les fonctions de saisonnier et prêtre baptiste, et la mère occupe le poste de principal de collège. Adolescent attiré par la pratique musicale, « Chuck » Berry est élève à la Sumner High School de la ville, où viendront également étudier Tina Turner et Bobby McFerrin.

Berry blues

Sous ses apparences studieuses, l'apprenti-musicien n'en est pas moins adepte de quelques larcins qui, en 1944 à Kansas City, lui valent une première arrestation pour braquage de voiture à main armée, et l'envoient séjourner en maison de correction à Algoa (Missouri). Libéré trois ans plus tard, Chuck Berry retourne à son solfège et ses méthodes de guitare, apprenant note pour note les soli de T. Bone Walker, et se produisant en 1953 dans le trio du pianiste doué Johnnie Johnson au Cosmopolitan Club d'East Saint Louis, dans l'Illinois (connue pour avoir vu grandir le prodige Miles Davis). Les relations entre Johnson et son guitariste sont loin d'être chaleureuses, s'affirmant dans l'intérêt que porte le leader sur l'avantage d'avoir un musicien virtuose, dût-il souffrir du caractère autocrate de ce dernier. Le répertoire du Johnnie Johnson Trio est alors constitué de morceaux blues, reprises ou originaux, et d'autres traditionnels hillbilly, forme rustique de la musique Country, ce qui ne manque pas d'interpeller le public sur les capacités du jeune guitariste noir à jouer n'importe quel style musical avec aisance, que ce soit du Nat « King » Cole, du Bill Monroe, ou du Muddy Waters.

C'est d'ailleurs ce dernier que Chuck Berry rencontre au printemps 1955, lors de son départ pour Chicago, la ville du blues moderne et électrique. Le créateur de « Rollin' Stone » présente le guitariste à Leonard Chess, fondateur et responsable des disques Chess, tout étonné de l'entendre jouer « Ida Red », un classique du chanteur country Bob Wills, parmi d'autres titres blues. Voyant là une bonne opportunité de percer dans un autre marché que celui du rhythm 'n' blues, Chess réunit quelques musiciens autour de Chuck Berry (qui emmène Johnson) dont le contrebassiste maison Willie Dixon, Jerome Green (joueur de maracas pour Bo Diddley) et le batteur Jasper Thomas, et rebaptise le morceau en « Maybellene » - du nom d'un rouge à lèvres, souvenir d'un stage de coiffeur - pour y placer son nom sur les crédits. Le titre enregistré le 21/5/1955 s'écoule à plus d'un million d'exemplaires et s'attribue la tête du classement rhythm 'n' blues, obtenant une excellente cinquième place dans le hit-parade pop. La carrière de Chuck Berry est lancée sur les chapeaux de roue, et ne va pas s'éteindre de sitôt.

Berry hits

Le guitariste est prompt à relever le défi d'écrire des titres à la croisée des chemins entre la country, le r'n'b et la pop, empruntant au passage les thèmes de prédilection de son pianiste, source de riches mélodies. Au printemps 1956, Chuck Berry classe un nouveau titre dans le Top Pop, le sacrilège « Roll Over Beethoven » (traduit en « Repose Beethoven » de ce côté-ci de l'Atlantique !), à la 29ème place. Cette même année, il fait la rencontre de Carl Perkins (« Blue Suede Shoes ») avec qui il partage une tournée, comme il en fera l'année suivante avec Buddy Holly et The Everly Brothers. Pendant cette période, il inscrit à son répertoire ses plus grands classiques, une dizaine de titres propres à figurer parmi les incontournables absolus du rock, et à être repris tel un passage obligé par des générations entières de guitaristes. « Too Much Monkey Business » (août 56), « School Days » (n°3 en juin 57), « Rock and Roll Music » (n°8 en décembre), le grandiose couplage « Sweet Little Sixteen » (n°2 en mars 58) / « Reelin' and Rockin' » et l'immortel « Johnny B. Goode » à destination de son acolyte (n°8 en mai 58 - couplé à « Around and Around »), suivi de « Carol » (n°18 en octobre). Berry est alors accompagné du bassiste Lafayette Leake et du batteur Fred Below, présents sur les premiers albums After School Session et One Dozen Berrys (1958) qui réunissent ses hits et autres perles de sa créativité débordante.

Hormis le fait qu'il soit un brillant faiseur de chansons et un guitariste inventif qui donne ses lettres de noblesse à la Gibson ES-335 (modèle standard ou « body »), Chuck Berry se révèle un fin observateur d'une société américaine en pleine mutation consumériste, parlant d'amourettes et de voitures comme nul autre, mais traitant également ouvertement de problèmes de justice et de racisme, ce qui lui vaut d'être surveillé de près par les autorités s'inquiétant de la popularité du rock 'n' roll comme d'un risque pouvant déclencher quelques troubles au bon ordre national. Dès lors, Berry fait l'objet de beaucoup d'attention, et l'année 1959 qui s'annonce lui apporte encore quelques succès, mais surtout des ennuis.

Berry sous les verrous

Après « Sweet Little Rock and Roller » et « Run Rudolph Run » - une comptine de Noël transformée en ode au rock -, le rocker noir inscrit de multiples et glorieux titres à son palmarès : « Almost Grown »/ « Little Queenie » (avril 59), « Back in the U.S.A. »/ « Memphis, Tennessee » (juillet), « Let it Rock » (mars 60) et « Bye Bye Johnny » (juin). Les albums Chuck Berry is On Top (1959) et Rockin' at the Hops (1960) reprennent la plupart des morceaux d'anthologie du maître, y ajoutant quelques nouveautés appréciables. Les autres activités de Berry, comprenant la scène et le cinéma, montrent l'étendue de la palette d'un showman hors-pair. Il crée le fameux duck walk (avançant sur un pied et dodelinant de la tête sans s'arrêter de jouer), et apparaît dans les films Rock, Rock, Rock (1956, il interprète « You Can't Catch Me ») et Johnny, Go ! (1959). En homme d'affaires averti, il monte une boîte de nuit (Chuck Berry's Nightstand) et un parc d'attractions portant son nom (le Berry Park), et se fait déjà connaître des organisateurs de concert pour son âpreté au gain, n'hésitant pas à marchander une rallonge quelques minutes avant d'entrer en scène. Une habitude qu'il saura garder pour le restant de sa carrière, en plus d'employer les musiciens du cru qu'il paie au tarif minimum - c'est un honneur inégalable que de jouer avec Chuck Berry -, et de restreindre sa performance au strict nécessaire de quarante-cinq minutes, comme à ses débuts !

En décembre 59, les ennuis sérieux arrivent. Chuck Berry est accusé sur dénonciation d'avoir engagé une danseuse dans son night club, celle-ci se révélant une Indienne apache mineure (Sweet little fourteen...) et prostituée (à son insu, reporte-t-il). Le guitariste tombe sous la double accusation de proxénétisme et détournement de mineure, et est envoyé en prison pour cinq ans à partir d'octobre 1961, après un procès où il doit souffrir les remarques racistes du juge. La conséquence immédiate est l'arrêt net d'une carrière en plein essor, et un soulagement pour le bureau fédéral de voir Berry sous les verrous, Presley à l'armée, Jerry Lee Lewis en perte de vitesse, le Révérend Little Richard  reconverti au Gospel, Buddy Holly et Eddie Cochran enterrés. Faisant preuve de bonne conduite, le prisonnier Berry est finalement libéré au terme de deux années et demie, mais se retrouve bien isolé et démuni de toute rivalité pour endosser le titre bien mérité de « roi du rock 'n' roll ».

Héritage

Après une série de compilations (New Juke Box Hits), un premier album live (Chuck Berry On Stage, 1963) qui obtient davantage les faveurs du public anglais en pleine découverte de l'idiome transatlantique, et quelques inédits (« I'm Talkin' 'Bout You » août 63 - un bide) destinés à faire patienter les fans, Chuck Berry retrouve les studios d'enregistrements début 1964, prouvant qu'il a conservé son sens de la formule et du riff. « Nadine » (février, n°23) est suivi par les hits « No Particular Place to Go » (mai, n°3) et « You Never Can Tell » (juillet, n°23), faisant de cette année - celle du débarquement du contingent anglais sur les terres du rock 'n' roll - la dernière à porter le faste d'antan. S'il peine à retrouver la magie de la décennie précédente, Chuck Berry est récompensé par le culte que lui vouent les dizaines de groupes et musiciens anglais, français ou autre qui reprennent à tour de bras la quasi-intégralité de son répertoire, à tel point qu'il serait vain de dresser une liste de ces covers, tant elles sont nombreuses et finalement proches des versions originales, si ce n'est la puissance des amplis qui a considérablement augmenté.

Fin 64, Chuck Berry et Bo Diddley s'associent pour l'album Two Great Guitars, qui sans être original, propose des jams et versions longues ; Berry publie une nouveauté live (From St. Louis to Liverpool), qui contrairement au titre trompeur ne rend nullement compte d'une visite en territoire britannique, mais évoque simplement son influence. Il obtient son dernier hit (anglais !) avec « The Promised Land » (n°26) au début de l'année suivante. Surtout, Berry capitalise désormais sur son nom lors de concerts forcément complets, proposant un show souvent identique au précédent selon l'état de santé du moment. Statufié en légende vivante du rock et n'ayant plus grand-chose à prouver, sa présence suffit à créer l'événement. A peine note-t-on un album In Memphis et un 45-tours « Back in Memphis » en 67, bien traditionnels en regard du mouvement permanent de l'époque ; un Live at the Fillmore Auditorium et un autre From St. Louis to Frisco (1968) encore plus anachroniques ; et un Concerto in B. Goode (69) enlisé dans les travers du temps. Cette période pour le compte du label Mercury s'arrête à temps, et le rocker revient tout naturellement vers Chess en 1970 alors que le rock originel reprend du service. Les albums Back Home le bien nommé, San Francisco Dues, et le mineur « My Ding-A-Ling » (72) relèvent son prestige. En 73, Berry se fait nostalgique dans l'honnête Bio, et intronise sa fille Ingrid Gibson deux ans plus tard dans une relecture amicale de « Shake, Rattle and Roll » de Bill Haley (Chuck Berry '75).

Le dernier album original du maître est finalement Rockit (août 1979), après quoi il laisse place à l'interminable série de compilations plus ou moins bien agencées et documentées, mais qu'importe !, car remplies à craquer des standards gravés pour l'éternité. Il est bon de citer le coffret triple CD Chuck Berry Box Set (1989, Chess) pour sa collection de titres et son livret pointu, ou le moins ancien et remasterisé de frais The 50's Masters Recordings (2008).

Copyright 2014 Music Story Loïc Picaud

« S'il fallait trouver un autre nom au rock 'n' roll, il faudrait l'appeler Chuck Berry » John Lennon.

Charles Edward Anderson Berry est né le 18 octobre 1926 à St. Louis (Missouri), troisième enfant sur six d'une famille de la classe moyenne américaine dont le père cumule les fonctions de saisonnier et prêtre baptiste, et la mère occupe le poste de principal de collège. Adolescent attiré par la pratique musicale, « Chuck » Berry est élève à la Sumner High School de la ville, où viendront également étudier Tina Turner et Bobby McFerrin.

Berry blues

Sous ses apparences studieuses, l'apprenti-musicien n'en est pas moins adepte de quelques larcins qui, en 1944 à Kansas City, lui valent une première arrestation pour braquage de voiture à main armée, et l'envoient séjourner en maison de correction à Algoa (Missouri). Libéré trois ans plus tard, Chuck Berry retourne à son solfège et ses méthodes de guitare, apprenant note pour note les soli de T. Bone Walker, et se produisant en 1953 dans le trio du pianiste doué Johnnie Johnson au Cosmopolitan Club d'East Saint Louis, dans l'Illinois (connue pour avoir vu grandir le prodige Miles Davis). Les relations entre Johnson et son guitariste sont loin d'être chaleureuses, s'affirmant dans l'intérêt que porte le leader sur l'avantage d'avoir un musicien virtuose, dût-il souffrir du caractère autocrate de ce dernier. Le répertoire du Johnnie Johnson Trio est alors constitué de morceaux blues, reprises ou originaux, et d'autres traditionnels hillbilly, forme rustique de la musique Country, ce qui ne manque pas d'interpeller le public sur les capacités du jeune guitariste noir à jouer n'importe quel style musical avec aisance, que ce soit du Nat « King » Cole, du Bill Monroe, ou du Muddy Waters.

C'est d'ailleurs ce dernier que Chuck Berry rencontre au printemps 1955, lors de son départ pour Chicago, la ville du blues moderne et électrique. Le créateur de « Rollin' Stone » présente le guitariste à Leonard Chess, fondateur et responsable des disques Chess, tout étonné de l'entendre jouer « Ida Red », un classique du chanteur country Bob Wills, parmi d'autres titres blues. Voyant là une bonne opportunité de percer dans un autre marché que celui du rhythm 'n' blues, Chess réunit quelques musiciens autour de Chuck Berry (qui emmène Johnson) dont le contrebassiste maison Willie Dixon, Jerome Green (joueur de maracas pour Bo Diddley) et le batteur Jasper Thomas, et rebaptise le morceau en « Maybellene » - du nom d'un rouge à lèvres, souvenir d'un stage de coiffeur - pour y placer son nom sur les crédits. Le titre enregistré le 21/5/1955 s'écoule à plus d'un million d'exemplaires et s'attribue la tête du classement rhythm 'n' blues, obtenant une excellente cinquième place dans le hit-parade pop. La carrière de Chuck Berry est lancée sur les chapeaux de roue, et ne va pas s'éteindre de sitôt.

Berry hits

Le guitariste est prompt à relever le défi d'écrire des titres à la croisée des chemins entre la country, le r'n'b et la pop, empruntant au passage les thèmes de prédilection de son pianiste, source de riches mélodies. Au printemps 1956, Chuck Berry classe un nouveau titre dans le Top Pop, le sacrilège « Roll Over Beethoven » (traduit en « Repose Beethoven » de ce côté-ci de l'Atlantique !), à la 29ème place. Cette même année, il fait la rencontre de Carl Perkins (« Blue Suede Shoes ») avec qui il partage une tournée, comme il en fera l'année suivante avec Buddy Holly et The Everly Brothers. Pendant cette période, il inscrit à son répertoire ses plus grands classiques, une dizaine de titres propres à figurer parmi les incontournables absolus du rock, et à être repris tel un passage obligé par des générations entières de guitaristes. « Too Much Monkey Business » (août 56), « School Days » (n°3 en juin 57), « Rock and Roll Music » (n°8 en décembre), le grandiose couplage « Sweet Little Sixteen » (n°2 en mars 58) / « Reelin' and Rockin' » et l'immortel « Johnny B. Goode » à destination de son acolyte (n°8 en mai 58 - couplé à « Around and Around »), suivi de « Carol » (n°18 en octobre). Berry est alors accompagné du bassiste Lafayette Leake et du batteur Fred Below, présents sur les premiers albums After School Session et One Dozen Berrys (1958) qui réunissent ses hits et autres perles de sa créativité débordante.

Hormis le fait qu'il soit un brillant faiseur de chansons et un guitariste inventif qui donne ses lettres de noblesse à la Gibson ES-335 (modèle standard ou « body »), Chuck Berry se révèle un fin observateur d'une société américaine en pleine mutation consumériste, parlant d'amourettes et de voitures comme nul autre, mais traitant également ouvertement de problèmes de justice et de racisme, ce qui lui vaut d'être surveillé de près par les autorités s'inquiétant de la popularité du rock 'n' roll comme d'un risque pouvant déclencher quelques troubles au bon ordre national. Dès lors, Berry fait l'objet de beaucoup d'attention, et l'année 1959 qui s'annonce lui apporte encore quelques succès, mais surtout des ennuis.

Berry sous les verrous

Après « Sweet Little Rock and Roller » et « Run Rudolph Run » - une comptine de Noël transformée en ode au rock -, le rocker noir inscrit de multiples et glorieux titres à son palmarès : « Almost Grown »/ « Little Queenie » (avril 59), « Back in the U.S.A. »/ « Memphis, Tennessee » (juillet), « Let it Rock » (mars 60) et « Bye Bye Johnny » (juin). Les albums Chuck Berry is On Top (1959) et Rockin' at the Hops (1960) reprennent la plupart des morceaux d'anthologie du maître, y ajoutant quelques nouveautés appréciables. Les autres activités de Berry, comprenant la scène et le cinéma, montrent l'étendue de la palette d'un showman hors-pair. Il crée le fameux duck walk (avançant sur un pied et dodelinant de la tête sans s'arrêter de jouer), et apparaît dans les films Rock, Rock, Rock (1956, il interprète « You Can't Catch Me ») et Johnny, Go ! (1959). En homme d'affaires averti, il monte une boîte de nuit (Chuck Berry's Nightstand) et un parc d'attractions portant son nom (le Berry Park), et se fait déjà connaître des organisateurs de concert pour son âpreté au gain, n'hésitant pas à marchander une rallonge quelques minutes avant d'entrer en scène. Une habitude qu'il saura garder pour le restant de sa carrière, en plus d'employer les musiciens du cru qu'il paie au tarif minimum - c'est un honneur inégalable que de jouer avec Chuck Berry -, et de restreindre sa performance au strict nécessaire de quarante-cinq minutes, comme à ses débuts !

En décembre 59, les ennuis sérieux arrivent. Chuck Berry est accusé sur dénonciation d'avoir engagé une danseuse dans son night club, celle-ci se révélant une Indienne apache mineure (Sweet little fourteen...) et prostituée (à son insu, reporte-t-il). Le guitariste tombe sous la double accusation de proxénétisme et détournement de mineure, et est envoyé en prison pour cinq ans à partir d'octobre 1961, après un procès où il doit souffrir les remarques racistes du juge. La conséquence immédiate est l'arrêt net d'une carrière en plein essor, et un soulagement pour le bureau fédéral de voir Berry sous les verrous, Presley à l'armée, Jerry Lee Lewis en perte de vitesse, le Révérend Little Richard  reconverti au Gospel, Buddy Holly et Eddie Cochran enterrés. Faisant preuve de bonne conduite, le prisonnier Berry est finalement libéré au terme de deux années et demie, mais se retrouve bien isolé et démuni de toute rivalité pour endosser le titre bien mérité de « roi du rock 'n' roll ».

Héritage

Après une série de compilations (New Juke Box Hits), un premier album live (Chuck Berry On Stage, 1963) qui obtient davantage les faveurs du public anglais en pleine découverte de l'idiome transatlantique, et quelques inédits (« I'm Talkin' 'Bout You » août 63 - un bide) destinés à faire patienter les fans, Chuck Berry retrouve les studios d'enregistrements début 1964, prouvant qu'il a conservé son sens de la formule et du riff. « Nadine » (février, n°23) est suivi par les hits « No Particular Place to Go » (mai, n°3) et « You Never Can Tell » (juillet, n°23), faisant de cette année - celle du débarquement du contingent anglais sur les terres du rock 'n' roll - la dernière à porter le faste d'antan. S'il peine à retrouver la magie de la décennie précédente, Chuck Berry est récompensé par le culte que lui vouent les dizaines de groupes et musiciens anglais, français ou autre qui reprennent à tour de bras la quasi-intégralité de son répertoire, à tel point qu'il serait vain de dresser une liste de ces covers, tant elles sont nombreuses et finalement proches des versions originales, si ce n'est la puissance des amplis qui a considérablement augmenté.

Fin 64, Chuck Berry et Bo Diddley s'associent pour l'album Two Great Guitars, qui sans être original, propose des jams et versions longues ; Berry publie une nouveauté live (From St. Louis to Liverpool), qui contrairement au titre trompeur ne rend nullement compte d'une visite en territoire britannique, mais évoque simplement son influence. Il obtient son dernier hit (anglais !) avec « The Promised Land » (n°26) au début de l'année suivante. Surtout, Berry capitalise désormais sur son nom lors de concerts forcément complets, proposant un show souvent identique au précédent selon l'état de santé du moment. Statufié en légende vivante du rock et n'ayant plus grand-chose à prouver, sa présence suffit à créer l'événement. A peine note-t-on un album In Memphis et un 45-tours « Back in Memphis » en 67, bien traditionnels en regard du mouvement permanent de l'époque ; un Live at the Fillmore Auditorium et un autre From St. Louis to Frisco (1968) encore plus anachroniques ; et un Concerto in B. Goode (69) enlisé dans les travers du temps. Cette période pour le compte du label Mercury s'arrête à temps, et le rocker revient tout naturellement vers Chess en 1970 alors que le rock originel reprend du service. Les albums Back Home le bien nommé, San Francisco Dues, et le mineur « My Ding-A-Ling » (72) relèvent son prestige. En 73, Berry se fait nostalgique dans l'honnête Bio, et intronise sa fille Ingrid Gibson deux ans plus tard dans une relecture amicale de « Shake, Rattle and Roll » de Bill Haley (Chuck Berry '75).

Le dernier album original du maître est finalement Rockit (août 1979), après quoi il laisse place à l'interminable série de compilations plus ou moins bien agencées et documentées, mais qu'importe !, car remplies à craquer des standards gravés pour l'éternité. Il est bon de citer le coffret triple CD Chuck Berry Box Set (1989, Chess) pour sa collection de titres et son livret pointu, ou le moins ancien et remasterisé de frais The 50's Masters Recordings (2008).

Copyright 2014 Music Story Loïc Picaud


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