Pour échapper à la justice (It's a joke, ah, ah, ah !!!), l'excellent trio Pivot s'est débarrassé de ses voyelles et a ajouté des vocaux, transformant ainsi une musique instrumentale en electro-pop-rock.
"Community" fleure bon l'electro post-Vangelis des seventies avec sa boucle répétitive sur laquelle vient se poser en prémices au voyage proposé par ce "Church With No Magic" la voix languissante et presque cérémoniale de Rick Pike.
Quelques note analogiques et légères ouvrent ensuite un "Light Up Bright Fires" qui révèle en réalité un produit electro-rock assez brut dans sa forme. La rythmique est percutante, les synthés vrombissent, les ch½urs électroniques enrobent et la voix de Pike hypnotise.
"Church With No Magic", le titre éponyme démarre sur un beat répétitif et tribal et sur la voix d'un Pike traitée sous perfusion d'échos et de reverb avant que ne vienne nous submerger une pluie métallique qui ajoute à l'ensemble sa part d'émotion. PVT a toujours ce don pour la mélodie. Ce qui n'est pas évident vu l'emploi de sonorités souvent dures et implacables, ce qui est le cas sur ce "Church..." qui évolue jusqu'à la trance.
"Crimson Swan" commence assez mollement. Le titre apparaît d'abord comme le morceau le plus faible de l'album. Ce qui se trouve être en réalité un leurre puisque son évolution, lente il est vrai, révèle une seconde moitié tout à fait réjouissante qui s'approprie un instant le son analogique des Boards Of Canada dans une version peut-être encore plus dépressive. Et que dire alors quand surviennent les ch½urs synthétiques ? Peut-être qu'ils n'interviennent que trop tard et de manière trop succincte.
"Window" est le titre qui semble en avoir fait baver plus d'un avant la sortie de l'album si l'on parcourt une bonne partie des articles consacrés à la sortie de "Church With No Magic". Gros travail sur la voix de Pike, rythmique intéressante et mélodie prenante. J'oserai presque aller à contre-courant en affirmant que "Window" est le titre qui m'a le moins convaincu malgré ses évidentes qualités.
"The Quick Mile" a lui aussi tourné un bon moment sur le net (grâce au site officiel du label WARP qui héberge le trio). Si le titre se révèle plaisant à écouter, il dénote une petite baisse de tension pile au milieu de l'album. La passion s'effiloche quelque peu avant l'héroïque et théâtrale seconde moitié du titre.
"Waves And Radiation" plane au dessus de nos têtes. S'agit-il d'une reconversion pour le groupe? Eno (signé désormais sur Warp, oui, oui, oui !!!) semble auréoler de sa présence ce titre ambient qui apaise nos oreilles après l'assemblage de morceaux presque bruitistes dont nous venons d'être les victimes volontaires. Parait que l'ami Brian aurait bien participé à la conception de l'album.
"Circle Of Friends" démontre une vraie richesse dans son agencement. La voix de Pike porte sur ses épaules la cohérence d'un jeu de construction tout à fait remarquable. les boucles et les "vrais" instruments créent ainsi une véritable logique dans leur évolution.
Sur "Timeless", c'est tout d'abord la voix de Pike qui marque les esprits. Toujours aussi merveilleusement travaillée (comme sur le reste de l'album d'ailleurs), elle accompagne un titre relativement classique qui n'apporte finalement rien d'essentiel à l'ensemble si ce n'est une capacité à créer une ambiance toute particulière.
"Only the Wind Can Hear You" clot un album aussi bien hétéroclite qu'homogène. Il fait soudainement froid. L'été se termine sous un déluge planant de vagues analogiques angoissantes. Une merveille !!!
"Church With No Magic" est bien le petit chef-d'oeuvre auquel nous étions en droit d'espérer après le très bon "O Soundtrack My Heart". PVT, ne s'est pas simplement débarrassé de ses voyelles. Il s'est également totalement libéré pour donner le meilleur de lui. Soit un album capable de donner dans la grandiloquence tout en étant capables de se débarrasser du fardeau péjoratif d'une telle étiquette. INDISPENSABLE donc !!!