« Le communisme, ça ne marche pas, ça n'a jamais marché. Pire, les tentatives pour y parvenir se sont soldées par des échecs, voire des désastres. Alors, autant se résigner, il n'y a pas d'alternative réelle à l'ordre existantant ».
Tel est le discours que nous rabâchent depuis des décennies les thuriféraires de cet ordre , et parmi eux nombre d'anciens militants
Etre anticapitaliste aujourd'hui. Les défis du NPAqui ont ainsi monnayé leur place sous les feux du pouvoir politique, des media, de la philosophie couchée, tous ceux qu'André Halimi regroupe dans l'enclos des nouveaux chiens de garde.
Alain Badiou n'entre pas dans cette catégorie. Sans renier son parcours marxiste léniniste, il s'attarde sur trois tentatives historiques pour construire un nouvel ordre social : la Commune de Paris, la Révolution culturelle chinoise et Mai 68.
Je résume son propos : il n'y a pas de déterminisme historique absolu ni voie pré-établie à la construction du communisme, ou quel que soit le terme employé. Mais il n'y a pas non plus de fatalité de l'échec comme on voudrait nous le faire croire.
Amélie Nothomb considère qu'il n'y a pas d'échec amoureux, mais des expériences, des étapes, voire des crises sur le chemin de la vie.
Badiou, lui, réfute la notion d'échec, dans les tentatives pour imaginer collectivement un autre ordre social, et qui aille jusqu'à en invalider l'hypothèse. Il y a des « points » à identifier et à intégrer dans notre mémoire collective si l'on veut les contourner à l'avenir, il y a une Idée communiste à construire si l'on veut anticiper sur les surprises de l'Histoire.
Après le désespoir de Billancourt et le repli individualiste, cette proposition est bienvenue pour éclairer ce chemin, même si personnellement j'ai buté sur des développements philosophiques parfois un peu abscons. Je ne saurai le reprocher à l'auteur qui se définit lui-même comme un philosophe, mais cela rend bien ardue l'accès à certains passages...