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5.0 étoiles sur 5
UN PETIT CHEF D'OEUVRE TOUT SIMPLE..., 1 février 2008
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Cirque - Édition Digipack 2 DVD [Inclus un livret de 8 pages] (DVD)
A peine six mois après la sortie du LA RUEE VERS L'OR (1925) Charlie Chaplin tourne le premier plan de THE CIRCUS. Ce long métrage est une comédie romantique, un film sans doute moins profond, moins incisif que THE KID ou CITY LIGHTS... A travers une bluette amoureuse, Chaplin rend surtout hommage au cirque, aux acrobates, aux clowns, le monde de son enfance, de son père, de sa première troupe professionnelle. Et bien entendu, au bout du compte, ce film est une merveille d'humour, de tendresse et de poésie...
L'histoire est simple : un vagabond poursuivi par la police se réfugie dans un cirque, interrompant le spectacle, et provoquant l'hilarité du public. Le directeur, certain d'avoir trouvé là un clown enfin drôle, embauche le vagabond, qui tombera amoureux de l'écuyère, la fille de l'irascible patron...
Charlie Chaplin est empêtré dans les problèmes lorsqu'il tourne LE CIRQUE, dont le tournage devra s'interrompre presque un an. A la suite d'une demande en divorce, le FBI pense avoir enfin l'occasion de se débarrasser de lui. Chaplin est contraint de stopper son activité, de soustraire la pellicule tournée aux autorités (comme il l'avait déjà fait pour LA RUEE VERS L'OR). Ajoutons à cela l'incendie du plateau, un mois de pellicule rayée en laboratoire, le renvoie de toute l'équipe... Comme d'habitude, le tournage est une souffrance, Chaplin refait mille fois les prises, change les acteurs et recommence. Il tourne, développe, monte, essaie, réécrit, tourne à nouveau... Chaplin ne travaille pas avec un scénario à la main, il tâtonne, cherche, crée, explore. Et le résultat est encore une fois époustouflant.
Ce film, pourtant moins connu, moins célèbre, est un pur chef d'oeuvre. Plus que jamais, la pantomime y a sa place, comme dans cette scène hilarante du début, où pour échapper aux policiers, Charlot imite un automate dans une fête foraine. Les scènes de cirque sont splendides, et le numéro de la corde et des singes n'est en rien truqué. La corde est dressée à 1m50 du sol, c'est tout... Autre grand moment, lorsque Charlot est enfermé dans la cage au lion. 200 prises furent nécessaires, et la panique qui se lit sur le visage de Chaplin n'est pas feinte ! Et puis toutes ces scènes « ratées », car le vagabond n'arrive jamais à faire rire, à réussir ses tours lorsqu'il le souhaite, mais seulement involontairement. Une thématique classique chez Chaplin. Ceci rappelle, dans LES LUMIERES DE LA VILLE, la relation clochard/milliardaire, qui ne fonctionne que lorsque ce dernier est saoul. Parlons aussi, sans dévoiler l'issue (assez prévisible...) du film, du dernier plan, où un panoramique ascendant nous le montre Charlot, assis sur une caisse en bois, regardant partir les caravanes du cirque. L'emplacement de la toile du chapiteau a laissé au sol un cercle dans la poussière. Sublime.
LE CIRQUE n'est pas un brûlot social ou politique. Il n'a pas la portée d'un DICTATEUR, ni la flamboyance de CITY LIGHTS. Le perfectionnisme et la sensibilité de son metteur en scène parviennent à hisser ce film, qui n'aurait pu être qu'un petit mélo, en hommage brillant, hilarant, au monde du cirque, à ses début, au slapstick, doublé d'un numéro d'acteur époustouflant. Et de rappeler combien la souffrance était le quotidien de Chaplin pour arriver à ses fins : faire rire. Souffrance très vite oubliée à la sortie du film, qui fit un triomphe autant critique que public.
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