Carlos Ghosn, tout petit, déjà, était génial. Partout où il passait, des vieux professionnels ôtaient leurs couvre-chefs pour saluer en lui la lumière des nations.
Multilingue, esprit brillant du siècle (le 21° pas le club éponyme), l'ego aussi vaste que l'univers, l'homme campe le fier-à-bras de manière éclatante, par l'application de recettes libérales aussi vieilles que le monde :
1/ pour abaisser le point mort, je licencie, je ferme les sites (Vilvoorde en Belgique),
2/ je délocalise l'outil de production (les Roumains sont moins chers, même s'il faut leur accorder, quand ils rouspètent, 30% d'augmentation de salaire),
3/ je cède des actifs, je regroupe (Nissan),
4/ je distribue un maximum de dividendes (garantie de l'emploi de Carlos),
5/ je ne crée rien, je mets une telle pression sociale que la création ne prenant plus de risque, devient nulle,
6/ les voitures ne se vendent plus,
7/ les résultats de Renault chutent : c'est la faute à pas de chance et aux mauvais collaborateurs (les suicidés lui répondent),
8/ je distribue des dividendes,
9/ je n'investis plus (car il faut rémunérer les fonds de pension),
10/ où va l'entreprise ?
11/ je bénis l'Etat quand il perfusionne l'entreprise
Le livre est d'une épouvantable lecture tant il est à la gloire du libéral surhomme Carlos. Il est de la même veine que celui de Greenspan que j'ai critiqué.
Je ne pense pas qu'il y ait d'avenir avec ce type de personnage mégalomane à la tête d'une grande et prestigieuse entreprise industrielle.