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Des personnages - des rues - il y en a beaucoup : il y a un coiffeur qui le jeudi coupe les cheveux gratis, il y en a un qui est un géant, un autre qui est muet. Il y a un petit garçon qui s'appelle Gould, et une fille qui s'appelle Shatzy Shell (rien à voir avec celui de l'essence). Il y a aussi dans City deux quartiers, assez vastes, un peu décalés en arrière dans le temps. Il y a une histoire de boxe, et il y a un western. Le western, c'est quelque chose à quoi je pensais depuis des années. J'étais toujours là à essayer de m'imaginer comment diable on pouvait bien faire pour écrire la fusillade finale. Quant à la boxe, là c'est un monde dingue, superbe. Si en plus tu es quelqu'un qui écrit, tôt ou tard tu y viens. Mieux vaut tôt, me suis-je dit.
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10 internautes sur 10 ont trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5
Sur la planète de Baricco, il y a des villespelotesdelaine.,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : City (Poche)
Et oui,dans le monde de Baricco, un peu étrange et fantastique, joyeux et quelquefois mélancolique , on connaissait les chateaux, les royaumes fantasmagoriques, les océans pourvoyeurs de destins, les enfants qui ne sont pas que des enfants et les adultes qui en sont un peu, décalés, à force de vivre leures vies... univers étrange! Un univers. Quelquefois plusieurs qui se mélangent...parce que les personnages se mélangent...Et, sur cette planète,on ne connaissait pas les villes. Villes remplies de gens, de leures vies, leurs chemins et tout ce qui est à eux... et c'est celà "City": une ville construite de ces êtres, ce sont eux qui la font,la cité; qui en créent l'atmosphère parceque leurs réalités si différentes et si singuliéres ne cessent de se croiser, de se telescoper, de fusionner ou de se séparer..."City", c'est comme un grand mur sur lequel chacun peut y faire un dessin, une tache de peinture, exprimer ce qu'il souhaite...Tout le monde y mélange un peu de soi... Voilà. Baricco nous fait entrer dans cette ville pelote de laine et avec son extraordinare art de la narration, nous ballade de personnage en personnage, d'atmosphère en atmosphère, de petit rien en petit rien,d'imaginaire en imaginaire, de combat de boxe en western....C'est beau et c'est terriblement vrai. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
6 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Mériterait six étoiles !,
Ce commentaire fait référence à cette édition : City (Poche)
Schatzy, Poomerang, Gould et Diesel, voilà les personnages principaux de ce vertigineux roman qu’est City, la Ville de la vie. L’ordinaire rendu extraordinaire, les pensées les plus folles livrées au fil des pages, course effrénée et haletante où le temps et l’espace se dilatent et se contractent tour à tour, ainsi pourrait-on décrire l’indescriptible ouvrage que nous offre Alessandro Baricco. Une imagination débridée et une parfaite maîtrise de la narration font de cet auteur un incontournable de la littérature italienne. Il nous entraîne dans un torrent, un tourbillon brûlant d’idées novatrices duquel aucun lecteur ne sort indemne. Ses personnages sont terriblement attachants et l’on circule dans leur esprit tortueux et teinté d’absurdité avec un plaisir paroxystique. A mi-chemin entre Steinbeck et Beckett, l’auteur nous invite à un prodigieux voyage au cœur même de ce qui fait l’existence : Son manque de sens. Près de cinq cent pages de pure jouissance où la philosophie est vêtue d’un humour irrésistible font de ce livre une œuvre à dévorer de toute urgence !
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9 internautes sur 11 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Baricco lâche du lest : une merveille,
Ce commentaire fait référence à cette édition : City (Poche)
City est un ouvrage époustouflant. Baricco réussit ce tour de force qui consiste à faire entendre un grondement derrière la succession des lieux jetables, des petites péripéties, des consolations futiles et impuissantes. City : jamais la ville n'est explicitement mentionnée, décrite, nommée, Barricco ne la personnalise pas, et pourtant elle est là, omniprésente, gravée dans le coeur de chacun des personnages, les écrasant tout en leur donnant cette soif d'identité et d'affirmation qui nait de l'anonymat et des perspectives illimitées. En un sens, pas de titre plus éloigné de ce qui se passe dans le roman - il ne parle pas de la ville comme espace bâti- et pourtant ce titre est là, il se superpose merveilleusement au reste de l'ouvrage, il y participe même et le colore depuis la page de garde, comme une figure du commandeur apparemment lointaine et pourtant toute puissante. La ville comme allégorie de la modernité. Car c'est peut-être de cela qu'il s'agit, et en lisant le texte, on est frappé par la similitude avec les travaux de Marshall Berman sur la ville : c'est que dans la ville de Baricco aussi, le problème est de laisser sa trace, de se sentir chez soi dans un monde changeant. On retrouve cette angoisse dans les interrogations de ses universitaires débonnaires et inquiets, dans les petits mondes décrochés de la réalité où ses personnages aiment se nicher et se réfugier (l'un se rêve en boxeur, l'autre brûle de s'autoriser à dire que les hommes ont des maisons, mais qu'au fond ils sont des vérandas). Tous sont des héros à leur manière, des héros sans cape ni grandeur, comme les hommes en costume du Paris post-haussmanien, " héros de la vie moderne " de Baudelaire,. C'est la grande aventure de la modernité, la vie à ciel ouvert, perçue depuis des personnages qui cherchent leur place dans ce vaste monde, touchés par cette affreuse maladie qui consiste à ne pas savoir vivre pourvu d'ornières. Un grand livre, pour moi le meilleur de Barricco. Il sait être incroyablement drôle, son écriture est tour à tour docte et ludique, savamment orchestrée et délicieusement désordonnée, elle a l'art de s'égarer sans jamais perdre de vue l'essentiel. Par rapport à ces autres textes, on peut dire qu'ici, Baricco se laisse tenter par quelques dérapages contrôlés, par l'exploration des détours, et cela lui réussit à merveille: le résultat est une des meilleures choses qui soit arrivée à la littérature ces dernières années.
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