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Que ce soit avec la Mano Negra, dont il fut le leader charismatique, ou seul dans la "clandestinité", Manu Chao n'a jamais raté son coup. Donc, après avoir dirigé le groupe emblématique du rock alternatif des années 80 en France, Manu Chao disparut. Il préparait en secret cette bombe mélodique qu'est Clandestino. Ce premier album solo, qui se concentre sur le penchant naturel (latin) de Chao devient vite obsessionnel. Chaque chanson, bâtie sur un modèle presque enfantin, rudimentaire, tourne instantanément à l'idée fixe. On enregistre à la première écoute. Les suivantes deviennent inévitables, obligatoires. Manu Chao semble avoir voulu garder la fleur de chaque composition, comme on cueille la fleur du sel. La surface. Le meilleur. Le garçon, nomade incurable, y joue de tout, et surtout de sa guitare en bois, et chante les parties vocales dans des harmonies qui bouleversent. Comptines obsédantes ("Clandestino", "Desaparecido") et vagabondages barbouillés de samples et de trucages ("Mentira"), les titres s'enchaînent comme un périple vers un pays familier mais toujours surprenant. Quelques unités, croisés en route, renforcent cette image, de la voix du sous- commandant Marcos à d'anciens de la Mano. En espagnol surtout, et un peu en anglais et en français, le Clandestino est partout chez lui. --José Ruiz
Critique
L’intention de Manu Chao pour ce disque était de faire un album intime, un carnet de voyage et un polaroïd de ce qu’il vivait alors. L’album rencontre un succès extraordinaire et devient un phénomène. Il en vendra plus d’un million d’exemplaires en France. Son succès a également été énorme en Espagne, mais aussi et surtout en Amérique latine. L’album a été enregistré sur son petit studio portable qui ne le quitte plus depuis qu’il travaille en solo. Armé d’une curiosité musicale sans limite il a accumulé les samples radiophoniques au cours de ses diverses excursions en Amérique centrale et utilise ce matériau pour composer l’album. Des discours du sous-commandant Marcos rythment les chansons. Tout est annoncé dans la première chanson qui donnera son titre à l’album Clandestino. Le clandestin perdu dans la ville, la figure centrale de l’album, marque durablement l’image de Manu Chao, sans doute plus qu’il ne l’aurait souhaité. De la musique gaie et festive de la Mano Negra, il ne reste que l’âme et l’attitude. La musique est douce, lancinante et épurée. La révolte n’est plus criée, scandée, mais juste évoquée, avec une douceur qui surprend. « King of Bongo », morceau phare du troisième album de la Mano Negra devient « Bong Bong », une mélopée enfantine et mélancolique. Les morceaux racontent des tranches de vie. Chantant ou rappant en français, anglais, espagnol ou portugais il raconte la vie sur la route dans ses ballades acoustiques. Clandestino mêle de façon homogène la sensibilité latino de Manu Chao et ses incursions dans le reggae ou le rap.
Christophe Deniau - Copyright 2012 Music Story
Christophe Deniau - Copyright 2012 Music Story
Description du produit
Depuis les temps héroïques du rock alternatif français (où il était déjà un héros), Manu Chao a eu largement le temps, sur les rythmes effrénés de la Mano Negra, de devenir un véritable " parrain " de la scène française actuelle. En solo, en voyageur clandestin, en incorrigible rebelle, cet artiste toujours sur la brèche d'un rock métissé affirme, aujourd'hui plus que jamais, sa vision d'une musique largement latino qui dépasse toutes les frontières et tous les préjugés. Une référence.
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esperando la ultima ola..