Cette deuxième partie du clavier bien tempéré a été enregistré a peu près 5 ans avant la première à une époque charnière où le clavecin historique venait de prendre le pas sur le clavecin "moderne" à caisse métallique. Gustav Leonhardt n'avait pas encore 40 ans, il avait enregistré ses secondes
Variations Goldberg 2 ans auparavant il enregistera deux ans plus tard
l'art de la fugue pour DHM.
On remarque l'antériorité de cette seconde partie par la prise de son moins bien définie que pour la première partie, le clavecin Skowroneck d'après Dulcken (clavecin fétiche de Leonhardt à ses débuts sur "vrais clavecins") et au style de jeu déjà impressionant et caractéristique du grand maître mais pas encore aussi sèchement précis et pétri de ces multiples micro-inflexions distillées dans des lignes très resserrées.
Dans ce second livre, Leonhardt est paradoxalement plus spontané, fluide et au style moins acéré que dans le premier livre. Il en ressort une certaine sérénité et un certain entrain naturel qui peut trancher avec la caricature du personnage. La seule chose qui rend ce second livre un peu sec est la prise de son moins riche et colorée et le jeu de Leonhardt plus linéaire, dans la pulsation, et moins chargé en petits ornements. En fait, ce style de jeu est plus proche de celui de son élève Asperen voire Belder que dans le premier livre enregistré plus tard.
C'est donc un second clavier bien tempéré du jeune leonhardt plein de vie et en phase de maturation sur instrument historique que le grand maître nous aura légué. Finalement très complémentaire du premier livre enregistré dans les années 1970 sur une copie de taskin par david rubio.
Une version encore aujourd'hui de référence comme les concertos pour clavier et l'art de la fugue enregistrés à peu près à la même époque.