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5.0 étoiles sur 5
Le Paris éternel, 30 juillet 2004
Ce commentaire fait référence à cette édition : Cleo From 5 to 7 - Criterion Collection [Import USA Zone 1] (DVD)
L'un des films d'Agnès Varda le moins connu mais quel chef-d'oeuvre!!
Deux heures pendant lesquels on pourrait songer à la mort de l'actrice (et à la sienne) se transforment en une tournée express zazou yéyé de Paris au début des années 1960.
A la fois triste et joyeux ce film est une pause de bon repos pour l'esprit. Pour les nostalgiques du Paris des DS et autres bus à plateforme rythmé par les musiques de Legrand et des Sixties, Cléo de 5 à 7 est un de ces bijoux de la "nouvelle vague" qu'il ne faudrait pour rien au monde oublier.
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6 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
UN FILM MAGIQUE ET INOUBLIABLE, 26 mars 2009
Ce commentaire fait référence à cette édition : Cleo From 5 to 7 - Criterion Collection [Import USA Zone 1] (DVD)
CLEO DE 5 A 7 est la seconde fiction d'Agnès Varda. La femme de Jacques Demy, réalise un des plus beaux films de la Nouvelle Vague. C'est une réussite total, un émerveillement de chaque instant, d'une grande sensibilité, et en même temps d'une grande noirceur.
Cléo est chanteuse. Elle est malade. Le cancer sans doute. A 17 heures, elle sort du laboratoire d'analyses médicales qui doit lui donner ses résultats pour 19 heures. Deux heures à attendre, à flâner, errer, dans Paris, la peur au ventre...
Ce film est placé sous le signe de la mort, représentée à chaque coin de rue par des affiches, des enseignes, des bibelots dans des vitrines. Un film sur le doute, la peur des lendemains, de l'engagement. Et un film sur la vie aussi, le temps qui passe, la chanson, la danse, les amis, des amants. Comme de nombreux réalisateurs de la Nouvelle Vague (Jean Eustache, Louis Malle
Le Feu follet, Godard
A bout de souffle) Agnès Varda a su comme nul autre capter l'air du temps. Son périple dans Paris fleure bon les années 60, ces cafés, ces ruelles, ces boulevards, ces ateliers, les photos de Doisneau... Cléo est interprétée par la sculpturale Corinne Marchand, beauté froide et fragile. Ancienne danseuse, Corinne Marchand tourna peu ensuite (Chabrol, Réné Clément) et plus récemment avec Patrice Lecomte.
Sur la forme aussi ce film s'inscrit dans le style Nouvelle Vague, avec cette liberté de montage, les plans séquences tournés dans la rue, les décors réels, la caméra à l'épaule pour de longs travellings, utilisation du temps réel, et cette poésie sans cesse présence mais jamais ostentatoire. Des scènes magnifiques, ce film en regorgent, drôles, cocasses, légères. Comme l'arrivée de deux amis musiciens chez Cléo (l'un est joué par Michel Legrand), qui se mettent au piano, et présentent leur nouvelle chanson. En deux longs plans séquences, Varda se rapproche de Cléo, repart, revient, épouse la musique et la chorégraphie, et filme un moment inoubliable de sensibilité. Il y a cette rencontre parc Montsouris avec un permissionnaire (1961, guerre d'Algérie, allusion typique encore de la Nouvelle Vague), et ce ballet surréaliste dans la rue, film dans le film, interprété par Anna Karina et JL Godard. Ce moment est en réalité le film du vrai mariage de Godard et d'Anna Karina, que Varda avait photographié et filmé, et dont elle a repris les images dans CLEO. Varda filme ses personnages, sa ville, son quartier, et ses amis (Brialy, George de Beauregard, Samy Frey, Yves Robert) trait commun aux films de la Nouvelle Vague, dans lesquels on aimait faire des clins d'oeil aux copains, aux collègues. En fait, Agnès Varda se raconte elle-même, elle est presque le personnage centrale de ses films, comme le dernier en date LES PLAGES D'AGNES, autobiographie filmée et poétique.
Agnès Varda tient une place à part dans le cinéma français. Mondialement reconnue, auteur de courts et longs métrages, de documentaires, on sait qu'elle fréquentât Jim Morrison avant sa mort à Paris. Je gage qu'Al Pacino accepterait un petit rôle si elle lui demandait gentiment ! CLEO est une de ses plus belles réussites, un film merveilleux, des instants magiques, des instants de grâce, qui virevoltent, s'enfuient, insaisissables, mais qu'on n'oublie pas.
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