"Clinging to a scheme" = rester fidèle à un plan/schéma. Le changement dans la continuité? En effet, si vous connaissez les deux albums (et EPs) de ce trio suédois, vous ne serez pas surpris, mais vous serez ravis: la formule est en effet la même que sur "Pet Grief", en gros: The Smiths + New Order + la mélancolie des mélodies des Pet Shop Boys + le son du shoegazing = formule gagnante!
Ils n'arrivent pas à se débarrasser d'une tristesse qui n'est peut-être que feinte, mais très insidieuse: impossible de s'en détacher une fois que l'on y a goûté. Ils ont aussi l'air de sacrés perfectionnistes, soignant jusqu'à leur visuel (on pense beaucoup aux 45 tours des Smiths), gardant toujours la même police de caractère ("clinging to a scheme", n'est-ce-pas?) pour leur nom de groupe, perpétuant la tradition de sortir des EPs avec chansons inédites à l'intérieur, et non un empilage de remixes (ce qui ne les empêche pas de se faire remixer aussi, et avec succès: voir l'avant-dernier EP, "David").
Bref, nous avons affaire à des passionnés, des minutieux, et les détracteurs diront: "des moines copistes". Mais je ne suis pas d'accord; à partir de formules élaborées ailleurs et en d'autres temps (Les Smiths, ça remonte à un peu plus loin qu'hier!), ils ont façonné leur monde. Ca leur a pris un album ("Lesser Matters", opus un peu vert) et depuis, ils exploitent un filon orifère. Il faudra bien qu'ils sortent un peu de leur pré carré un jour ou l'autre, mais pour l'instant, vu les pépites qu'ils y trouvent, ils auraient bien tort de nous en priver!