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5.0 étoiles sur 5
Un chef d'oeuvre incontournable!, 25 novembre 2005
C'est avec un certain plaisir que j'écris la critique de ce chef d'oeuvre de Kubrick, qui est selon moi le plus abouti de tous ces films.A commencer par la géniale interprétation de Malcolm Mac Dowell, pleine de charme et de charisme. Comment ne pas tomber sous le charme de ce personnage esthète au regard ironique, qui jubile au son de la Neuvième symphonie de Beethoven et qui se "tolchoke" avec des "maltchiks" sur l'air de la pie voleuse de Rossini. Parlons a présent de la mise en scène du maître. Kubrick nous livre ici une réalisation étourdissante, aux effets aussi délirants que déroutants ( je pense notamment au long plan séquence d'ouvertute du Korova Milkbar, mon dieu quel style! ).Le tout accompagné d'une bande originale à la fois classique et baroque, et tout simplement merveilleuse. Penchons nous enfin sur le scénario, dense et complexe,adapté du fameux livre d'Anthony Burgess, au sujet toujours d'actualité: la violence sociale et le droit au libre arbitre. Et c'est ce pourquoi le film de Kubrick n'a pas pris une ride(malgré esthétique). Il est encore et sera toujours d'actualité.Les dialogues aux résonnances poétiques apportent quant à eux une certaine légèreté à l'emsemble du film, pourtant d'une rare profondeur.
Si la violence physique ne choque plus tellement car aujourd'hui on voit pire, la violence psychologique (= violence la plus dure) n'a jamais atteint un tel niveau, grâce notamment à une réalisation d'une sobriété déconcertante qui fait ressortir d'autant plus la sauvagerie du propos et l'interprétation au-delà de tout qualificatif de Malcolm McDowell, dans un rôle complexe de tortionnaire/torturé. J'ai visionné ce film une bonne quinzaine de fois et je ne lui trouve toujours pas le moindre défaut(sauf la version francaise où l'on perd tout le ton ironique insuflé par Malcolm McDowell). Je crois même qu'il s'agit de mon film préféré, toutes catégories confondues.
Un chef d'oeuvre incontournable!
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7 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile :
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Chef d'oeuvre ultime, 27 octobre 2005
Si on ne devait garder qu'un film du génie qu'était Kubrick, sans conteste ce serait celui là. Cette critique de la société moderne où domine l'ultra violence est intemporelle et résonne comme un avertissement pour les générations futures. Reste l'histoire, une histoire sombre et passionnante où la personnalité folle et immorale d'Alex est associée à la puissance musicale et destructrice de Beethoven. Cet adepte de l'ultra violence comme il se définit lui-même devient bien malgré lui, une sorte d'arroseur arrosé, la réinsertion dans la société lors de sa sortie de prison, le livre nu et incapable de se défendre ni d'effectuer un choix. Cela montre bien l'incapacité des pouvoirs publics à gérer ce cas et finalement on est pris par pitié pour ce monstre qui devient l'otage de sa vie antérieure. La réalisation est parfaite, les décors, les habits, nous donne vraiment l'impression d'une immersion dans un autre monde. Surtout que ce cocktail de violence associé à un langage étrange renforce cette idée mais il s'agit bien du notre et le choc est brutal. On pourrait parler durant des heures de la prestation de Malcolm McDowell, tout simplement enormissime, on pourrait s'extasier sans fin sur la bande son du film et enfin sur les plans de cameras, sur le choix esthétique de maître Kubrick mais ce qui est le plus important, c'est que le choix provoquée par cette violence crue et irraisonnée sert justement d'impact psychologique pour vous rendre incapable de la pratiquer et pour vous en dégoûter. Magnifique....
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Génial et toujours d'actualité si en V.O., 29 mai 2011
Orange mécanique - Edition collector limitée- Exclusivité Amazon.fr [Blu-ray]Je croyais le film vieilli, parce que j'avais un jour entre aperçu un extrait en français dans une émission TV, et voilà que je le redécouvre en VO cette fois (sous titré français).
Ce qui change tout. Vraiment tout. Et moi qui ne comprends pas l'anglais, j'ai pourtant entendu tout ce qui se dégageait de la version originale. La traduction en français des mots inventés par Burgess n'a aucun sens et c'est la raison pour laquelle certains trouvent le film " démodé ".
L'histoire du film est tirée du livre d'Anthony Burgess qui, et en tant que linguiste, avait imaginé une jeunesse à la dérive, s'inventant un langage pour communiquer entre eux. C'était un visionnaire. Voir aujourd'hui le rap et le texto. Il avait aussi imaginé, dit-on, dans un futur proche la montée en puissance de la violence urbaine. Sauf qu'il a écrit cette histoire en 1962 à la suite d'une agression vécue par lui et par sa femme à son domicile, et que cette explosion de la violence s'est bel et bien produite.
En tant que linguiste donc, et dans son écriture Burgess se sert beaucoup de l'oxymore, juxtaposition de mots de sens contraires, et d'actes dont le rapprochement est inattendu. L'histoire, elle, traite du libre arbitre avec une fin différente de celle du film.
Ce postulat accepté dès le départ (invention du langage) le film me paraît bien supérieur au bouquin. C'est rare. Dans le film, Kubrick donne encore plus de relief à ces sens contradictoires. Dans la bouche d'Alex, génial Malcom McDowell, certains mots doucereux à la suavité appuyée, accompagnent les pires actions des protagonistes. Le langage précieux du héros (acteur époustouflant) contraste absolument avec ses actes et ses intentions. Kubrick voulait-il montrer qu'une civilisation avancée, voire raffinée, peut produire les pires monstres (nazisme) contrairement à l'idée qui voudrait que les actes barbares ne seraient que le produit de l'ignorance et de la pauvreté ? Sûrement. Sans compter que chaque plan apporte une réflexion sur l'oeuvre de Kubrick.
Ce film est à voir aussi comme une rareté, parce qu'actuellement, les producteurs soucieux du politiquement correct, n'accepteraient jamais de prendre de tels risques. D'ailleurs, à la suite de pressions diverses, et de l'incompréhension de pas mal de critiques, Kubrick avait lui-même demandé son retrait des salles britanniques. Moi, à l'époque, en salle et sur écran géant, j'en avais pris plein les yeux, les oreilles et j'étais ressortie de la projection complètement sonnée, plus pacifiste que jamais, et fan absolue de Beethoven.
D'ailleurs je vais me racheter la 9em symphonie en CD, par l'Orchestre de la résidence de la Haye, dirigé par Willem van Othello, la meilleure version selon moi. J'ai le coffret vinyle mais chaîne en panne.
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