Stacey Kent : cette chanteuse de jazz au répertoire très classique se distingue par un timbre sublime. Elle chante comme elle respire, en magnifiant chaque standard pioché dans l'American Songbook mieux que ses consoeurs pourtant nombreuses à postuler au rayon jazz vocal. Les mélomanes feront le rapprochement avec Mildred Bailey et Blossom Dearie, mais aussi Ella car Stacey excelle dans le scat comme dans les ballades langoureuses. Autre bon point : notre amie maîtrise la langue française au point de pouvoir reprendre Trenet ou Gainsbourg en vous faisant oublier qu'elle est américaine et non tourangelle. Et pour couronner le tout, la dame est accompagnée d'un excellent saxophoniste aux accents getziens (son mari Jim Tomlinson) et d'autres musiciens « top notch » dont un pianiste, David Newton, qui ferait passer Gordon Beck pour un pianiste de bar fatigué. Il en ressort une musique racée, subtile, élégante, à écouter les yeux plissés de bonheur dans son canapé, un verre de Meursault à la main (effet garanti). In the wee small hours of the morning, ou in the still of the night, à vous de voir. Ah oui, un autre détail : vous pouvez acheter n'importe quel album de Stacey, ils sont tous désespérément excellents. On aimerait en dire autant de ses concurrentes, Lisa Ekdahl, Diana Krall and co.
* La phrase est de Humphrey Lyttleton, critique et musicien de jazz de grande renommée.