18 internautes sur 19 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
The Eternal, 6 juillet 2006
Ce commentaire fait référence à cette édition : Closer (CD)
CLOSER est et restera à jamais un monument. L'hymne désespérément lucide d'une génération perdue. Une poésie noire qui nous renvoie en pleine face la vie que peuvent espérer les jeunes hommes des grandes villes ouvrières britanniques à la fin du siècle dernier : une carrière dans la musique ou dans le football pour les plus chanceux,le chômage ou l'usine pour l'immense majorité. Et dans tous les cas, une vie dépouillée de tout sens profond où le mal-être ressurgit comme une nausée irrépressible à chaque instant.
Mais CLOSER est avant tout l'épitaphe de Ian Curtis, chanteur de Joy Division, qui a su y mettre en forme son désespoir existentiel, comme il saura mettre en scène son suicide quelques semaines après la sortie de l'album. Obscur vendeur de disque à la fin des seventies, marié et père de famille à seulement 23 ans, Ian Curtis a déjà tout connu à l'âge où d'autres commencent à peine à exister, et ce vécu tragique et sans espoir est tout entier résumé dans ce disque, sans la moindre complaisance ou concession.
Formidablement soutenu par les instrumentations de Steve Morris, Peter Hook et Barney Albrecht - qui formeront New Order quelques mois après - ainsi que par la production géniale de Martin Hannett et le graphisme solennel et épuré de Peter Saville, CLOSER est à la fois le fruit de son époque - un post-punk morbide et esthétique qui mènera droit à ce que l'on appellera par la suite le mouvement gothique - et un album intemporel, maintes fois copié mais jamais égalé, qui semble à chaque écoute refaire surgir le fantôme de Ian Curtis dans toute sa noirceur.
Sans aucun doute possible, une oeuvre essentielle de la musique contemporaine.
Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
Avez-vous trouvé ce commentaire utile ? Oui
Non
29 internautes sur 32 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Du rock considéré comme un véritable Art..., 29 novembre 2006
Ce commentaire fait référence à cette édition : Closer (CD)
D'accord, Closer est un monument, une référence, en classique, et tout, et tout... Mais c'est également un message adressé aux générations de musiciens à venir pour les inciter à explorer leur propre voie et à créer par eux-même. Ce n'est pas Cure ou P.I.L. qui diront le contraire...
Qu'avons-nous, finalement?
Quatre musiciens relativement incompétents qui parviennent à créer "ex nihilo" une musique inattendue, inentendue et profondément influente.
Ian Curtis était - sur le plan technique - un chanteur médiocre doté d'un timbre fade et incertain, à la justesse approximative. Eh bien il a eu le génie d'employer ces apparentes faiblesses pour exprimer avec une conviction absolue son propre "être" au travers de textes torturés. Beaucoup de ses chansons font d'ailleurs directement référence à ses problèmes d'épilepsie, sa culpabilité grandissante de ne pas être un bon père de famille, son éloignement de son épouse Déborah. Et dans Closer, il se fait un point d'honneur d'étendre des impressions purement personnelles à un univers terriblement humain de mal-être glacé et fascinant.
Prenez maintenant Bernard Allbrecht (Sumner, etc.). Sa technique guitaristique est digne d'un élève peu doué en seconde année de conservatoire classique. Seule solution pour s'en sortir: mettre le son et les ambiances en avant en évitant toute complexité inaccessible et en jouant sur les dissonances. Ces choix se retrouvent d'ailleurs dans son style aux synthés, très primaire, mais très évocateur aussi.
Peter Hook, lui, joue - comme on l'a souvent dit - de sa basse "comme une guitare". Pas très bien d'ailleurs, mais il vise l'efficacité avant tout et se fiche des règles élémentaires de l'harmonie, même s'il se veut l'un des principaux éléments mélodiques du groupe. Les trois quart du temps il scande un "bombombom" de bon aloi, strictement positionné sur les rythmes de Steven Morris. Morris qui possède un tempo très raide et impersonnel, imprégné de rythmes de danse "balloche". Il réussit néanmoins à mélanger avec tellement d'inventivité ses petits roulement et ses coups de tom basse grandiloquents, qu'il en devient hallucinant et, vraiment, hypnotique.
Bref, tout cela pour dire que Closer, chef d'oeuvre absolu de JOyD, mérite d'être dans la discothèque de tout amateur de bonne musique à l'esprit ouvert... et encore plus s'il est un brin musicien.
Ce disque compte sans doute parmi les 10 enregistrements les plus marquants de l'histoire d'une musique qui n'est plus aujourd'hui qu'une industrie indigne.
Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
Avez-vous trouvé ce commentaire utile ? Oui
Non
1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
La cathédrale de la tristesse, 14 juin 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Closer (CD)
Quand on parle de cold wave, on parle obligatoirement de Joy Division... Quand on veut connaître la signification de "cold", on pense inévitablement à Closer. Ian Curtiss et ses acolytes (Morris, Sumner & Hook), nous ont inventé une couleur plus noire que le noir : le cold !
Joy Division représente vraiment une atmosphère, presque une vision. Leurs deux albums sonnent le glas d'une époque, ils sont la quintessence du désespoir et l'avènement d'un ordre nouveau (je n'ai pas pu m'empêcher désolé !!!). Au simpliste constat : groupe post-punk et pré-new-wave, je préfère dire qu'ils ont poursuivi l'idée et l'œuvre "punk" (la révolte en moins) et que The Cure parachèvera de manière monumentale le travail avec Disintegration, la boucle sera alors bouclée et la "Cold wave" sera le véritable drapeau du réalisme humain.
Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
Avez-vous trouvé ce commentaire utile ? Oui
Non