Sans revenir sur les nombreuses (et élogieuses) revues, dont certaines révèlent d'ailleurs peut être trop l'essence du livre, quelques remarques additionnelles et critiques. Cloud Atlas est un tour de force, qui enchantera tant les adeptes de la nouvelle (short story) que ceux du long roman épique. Véritable caméléon, il mêle le roman d'action, le polar, la science-fiction, le conte philosophique, le roman historique et le roman "psychologique", sans jamais craindre la comparaison avec le meilleur de chacun des genres. Plus fort encore, chaque histoire est servie par un style TRES particulier qui lui est propre, adapté tant au genre de l'histoire qu'a ses personnages. Et c'est peut être là où le bât blesse: D. Mitchell semble être tellement doué qu'il cède parfois à l'exercice de style. On sent que ce roman a été en partie conçu pour épater la gallerie, comme un pianiste virtuose qui non content de mêler en un seul concert les répertoires les plus divers, choisirait les morceaux les plus difficiles de chacun d'eux. Certes, s'il y réussit, où est le mal ?!
L'autre critique que je ferais, c'est la construction elle-même du roman. On l'a assez dit, l'enchainement des histoires est très habile, imbriquées les unes dans les autres à travers le temps dans un crescendo qui redescend brusquement pour mieux asséner la "morale de l'histoire" (eat or be eaten !) et au passage, livrer les clefs qui lient ces histoires entre elles. Cependant, j'avoue que je m'attendais à une "chute" beaucoup plus spectaculaire, à une imbrication plus originale. A moins que j'aie loupé quelque chose (?), certains éléments (comme la récurrence des marques de naissance) m'apparaissent gratuits.
Reste que Cloud Atlas est un excellent livre, captivant, intelligent, et prodigieusement bien écrit dans sa diversité. A lire absolument !
PS Pour les lecteurs français, attention: il faut parfois s'accrocher vu le niveau d'anglais et surtout, les libertés prises par l'auteur avec la langue dans les histoires "futuristes".