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Commentaires client les plus utiles
15 internautes sur 15 ont trouvé ce commentaire utile
4.0 étoiles sur 5
Quand Joni Mitchell se rapproche des sommets,
Par Scrogneugneu (Nancy, France) - Voir tous mes commentaires
Ce commentaire fait référence à cette édition : Clouds (CD)
Si l'on devait d'abord décrire ce que le deuxième disque de Joni Mitchell contient de plus précieux, il faudrait évidemment parler du très bel auto-portrait qui orne la pochette, et surtout dire combien sont exceptionnelles les 4 minutes et 30 secondes de la toute dernière plage "Both Sides, Now" : dès le premier accord de guitare, on entre dans ce territoire des rarissimes chansons qui transcendent les notions habituelles de qualité musicale et vous touchent droit au c½ur par une sublime harmonie de la mélodie et du texte. Avant cet instant d'exception, les 9 morceaux précédents placent l'album dans la continuité du précédent opus de la chanteuse canadienne : avec sa seule guitare, et même a capella sur un titre, elle offre un style de musique folk qui lui est complètement spécifique, et qui interpelle en permanence l'auditeur à propos de la richesse des sensations produites avec une telle économie de moyens. Bien sûr, c'est la voix de Joni Mitchell qui véhicule pour l'essentiel cet envoûtement de tous les instants. Par sa tessiture, par le délié unique de sa déclamation, par la maîtrise saisissante de chaque intonation, cette voix presque surnaturelle donne une consistance à chaque fois inattendue et une différenciation bienvenue à des compositions qui, quelquefois, se ressemblent un peu au premier abord. Seulement 4 étoiles (mon système de notation est "sévère") pour une ½uvre de grande qualité dans son ensemble, avec la latitude d'en ajouter une cinquième méritée pour le seul et incandescent "Both Sides, Now".
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2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile
4.0 étoiles sur 5
La douceur et la force,
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Clouds (CD)
Joni Mitchell est une très grande artiste, cet album en est encorela preuve. Tout est superbe, léger, vrai. Ce disque est complètement solo: Joni chante et s'accompagne à la guitare et ajoute sur quelques morceaux des double voix et des parties guitare ré-enregistrées. Baigné de l'atmosphère de 1969 et du courant hippie, cet album n'ennuie pas une seconde. L'écoute nous transporte dans une bulle entre douceur et force, car Joni ne se contente pas de sa jolie voix pour charmer, c'est une véritable poète et une vraie musicienne. On peut apprécier la nature féminine, le point de vue féminin de cet album: pas ici d'instrumentiste soliste ou accompagnateur essayant de jouer au roi des animaux. Au contraire, les arrangements sont discrets et subtils, tout comme cette technique de guitare très élaborée (science des renversements, accordage non conventionnels...) qui reste en retrait, soutien indispensable pour l'essentiel: une voix sûre et poétique, la voix d'un ange généreux qui a beaucoup de choses à dire sur un monde qu'elle connaît bien. Cerise sur le gâteau, la peinture sur la pochette est un autoportrait...s'il vous plaît! Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
4.0 étoiles sur 5
CHRONIQUE DE JACQUES VASSAL MAGAZINE ROCK&FOLK,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Clouds (CD)
CHRONIQUE DE JACQUES VASSAL MAGAZINE ROCK&FOLK JUILLET 1980 N° 162 Page 962° Album 1969 33T Réf Reprise RS 6341 us A partir de ce deuxième recueil, et hormis quelques plages nécessitant un traitement particulier, Joni Mitchell va produit elle-même tous ses albums et les enregistrer aux studio A & M à Hollywood, avec la collaboration d'un des plus grands ingénieurs du son : Henry Lewy, qui saura toujours encourager et mettre en valeur ses tentatives les plus audacieuses, jusqu'à "Mingus" y compris. "Clouds" (retiré du catalogue français, où "Song to a seagull" est toujours resté inédit quant à lui double hommage et double scandale) est lui aussi, un disque acoustique, guitare d'un bout à l'autre, et un disque où la voix s'affirme et s'affine, en faisant porter chaque mot : la chanteuse avait dédié son premier disque "à Mr. Kratzman, qui m'a appris à aimer les mots" - cet hommage à son ancien prof d'anglais eût tout aussi bien pu s'appliquer ici. Hormis "Chelsea morning", sa dernière chanson new-yorkaise (légèrement réminiscente de "Night in the city"), Joni a écrit celles-ci en Californie où elle vient d'élire domicile. Comme presque tous les nouveaux venus à Los Angeles, elle va d'abord détester cette "cité des anges déchus" (ainsi qu'elle la qualifiera plus tard - en connaissance de cause - dans "Court And Spark") avant de s'y adapter et même d'y prendre goût, mais en gardant toujours un recul critique. Admirons la pochette, l'une des plus belles jamais conçues par et pour une chanteuse : Joni s'y est représentée, les yeux grands ouverts comme à l'instant d'une importante révélation, tenant à la main une rose rouge (sa fleur fétiche) sur un arrière plan d'eau, de végétation sauvage et de montagnes, et au bout....la cité qui commence, le tout sous un ciel flamboyant. Ce jeu de couleurs chatoyantes est à l'image de ses mots, de sa voix sensuelle et de ses musiques. "Tin Angel" plonge d'entrée de jeu dans une atmosphère à couper au couteau : c'est un nouvel amour qu'elle essaie d'allumer dans le regard de tristesse de cet homme-ci, sans trop d'illusions("Qu'arrivera-t-il si je tente/De placer un autre coeur en lui ? "). Mais elle prend le risque quand même "pour voir". Le tout chanté si lentement qu'on croirait presque un hymne funèbre ! Le contraste n'est qu'apparent avec la fausse familiarité de "I don't know where i stand" dédiée à Leonard Cohen, avec qui Joni connait une brève liaison. Au delà de l'anecdote, ce qui nous intéresse ici c'est l'expérience humaine qu'elle véhicule, puisqu'il s'agit d'une chanson sur le doute et l'indécision (situation très cohenienne au demeurant !) - Au télèphone, même le son de ta voix est encore neuf - Toute seule en Californie et je te parle - et je me sens trop idiote et bizarre pour dire les mots que j'avais prévus - Je crois qu'il est trop tôt, car je ne sais où j'en suis. D'autres thèmes, inhabituels ceux-là, sont abordés dans "Clouds". La politique, avec "The fiddle and the drum" , où elle supplie - en lui chantant a cappella - l'Amérique d'écouter ceux de ses enfants qui parlent contre la guerre , au lieu de leur répondre par la peur et la violence. La magie et les sciences occultes, auxquelles dans 'Roses Blue" se livre son amie Rose, au point que sa vie et ses relations s'en trouvent perturbées. On sent ici la chanteuse, comme tout esprit ouvert, partagée entre le doute méthodique et la fascination de l'irrationnel. Enfin les incertitudes, les nouvelles questions qu'entraine chaque réponse apportée par l'âge et "l'expérience de la vie" sont le sujet de "Song to aging children come" et surtout du célèbre "Both sides now", dont Judy Collins a fait un tube bien avant que Joni se soit décidée à l'enregistrer. "Both sides now" est une méditation quelque peu mélancolique sur le fait qu'après avoir regarder les nuages "Clouds" , l'amour et la vie sur toutes les coutures, on n'en retient que les illusions, quelque chose se perd, autre chose s'acquiert "Something's lost ant something's gained" mais l'on ne sait jamais voir la simple réalité. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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