Dream était un peu remonté dans mon estime avec "Systematic Chaos", même si cet album comporte de nombreux travers, tout en étant bien supérieur à "Octavarium", "Train Of Thought" et "Six Degrees Of Inner Turbulence". "Black Clouds & Silver Linings" remonte encore le niveau, à l'exception de "Wither", ballade mièvre dans la lignée de "The Answer Lies Within", et de "The Shattered Fortress", conclusion de la série des AA qui introduit des bouts de chacun des anciens morceaux ("The Glass Prison", "This Dying Soul", "The Root Of All Evil" et "Repentance") avec parfois une belle réussite, mais qui reste souvent très téléphoné. Ce morceau se laisse aisément écouter, mais le copier-coller ne m'a pas trop plu.
Véritable point d'orgue, "The Best Of Times", hommage du batteur Mike Portnoy à son père mourrant d'un cancer. Une intro délicate au piano avec violoncelle et guitare acoustique, une partie rythmée rappellant fortement "Surrounded" puis un final tout en finesse où Petrucci livre un splendide solo.
Autres joyaux, les longs "A Nightmare To Remember" et "The Count Of Tuscany" (respectivement 16 et 19 minutes) où DT renoue avec un brio inventif. Jordan Rudess y démontre tout son talent avec des touches de thérémine pour le premier morceau, renvoyant aux films de science-fiction des années 50. Le second est une montée en puissance après une superbe intro acoustique. Le break aéré de Petrucci lance une dernière partie très réussie.
Dernier titre, le single "A Rite Of Passage" est un titre classique des années 2000 pour Dream Theater, rentre-dedans mais pas très original pour autant.
La production est très réussie et hormis John Myung, dont la basse est noyée dans le mix, tous les instruments sont bien mis en valeur, ainsi que le chant dont Mike Portnoy grignote un peu plus de place encore à James LaBrie.
Au final, un disque comportant de nombreux moments qui contiennent tout ce que les fans de DT attendant, avec un nombre de titres épiques important, même si DT a presque banalisé la notion en sortant quasiment plus de titres de dix minutes que de morceaux courts depuis 2002. Dream est en forme sur ce dixième opus qui me semble être le meilleur depuis "Metropolis 2".